Monde extérieur - monde intérieur
Un lundi de Pentecôte paresseux, somnolent... Pas le moindre bruit filtré de la rue, ni de fumet âcre des barbecues bruyants des jardins environnants.
Ce mois de mai et même le début du juin, des jours fériés multiples avec des ponts, bienvenus pour les "actifs" mais déroutants - pour ne pas dire déstabilisants, pour nous qui n'avons plus les repères du travail dans le monde extérieur. J'ajoute le "monde extérieur" car la distinction existe bel et bien désormais : un monde "intérieur", parfois solitaire et immobile, que l'on essaye d'expurger des dangers sournois... Et le monde extérieur qui en est plein.
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J'ai passé un weekend court, à peine 24 heures, chez les enfants. J'ai pris le train avec les autres grands-parents pour assister au spectacle de la plus jeune de nos petites-filles, dans une troupe de théâtre amateur. On peut admirer le travail de l'animatrice avec le groupe d'ados, de l'écriture sur mesure de la pièce à la mise en scène : une formidable activité recréatrice et libératrice en dehors du travail scolaire!
La canicule approche. Pour l'instant, elle touche à peine les 28-30° mais elle frappe de plus en plus tôt. La fraîcheur de la maison résiste encore...
De l'extérieur, des bruits des guerres arrivent à nous, de partout. A l'intérieur, les faits divers sanglants, les craquements d'une société malade infusent en nous une sourde angoisse. On se dit : pourvu que la maison résiste encore!...
Mon amie E. nous invite à un goûter. La maison bruit du passage de plusieurs de leurs petits-enfants en compagnie de leurs copains qui accourent des quatre coins de la planète. Ils sont jeunes, beaux, lumineux. A la fois audacieux et lucides. Nous leur laissons un travail énorme.