Petite récompense
Vers la fin de l'après-midi, aux alentour de 17 h, le ciel se découvre, le soleil inonde la terrasse et la moitié du jardin. Je m'installe à la petite table rouge avec mon café, mon journal de bord et le téléphone: il faut absolument que je m'accorde ce premier moment tant désiré au soleil, sur la terrasse! Les fleurs embaument l'air, les oiseaux chantent à tue-tête. Moment presque solennel tellement chargé de nostalgie, des mois de langueur sous un ciel de plomb, sous des crachins portés par des vents pénétrants...
J'ai terminé mon exposé sur le "nu", écrit et posté des lettres de réclamation recommandées purgeant 1 heure de queue à la poste, évacué des quantités de déchets verts, rien que pour vivre ce moment de plénitude exposant mon visage - que le visage, le vent est encore frisquet - aux caresses chaudes du soleil... Comme une récompense pour les jours de travail en apnée, pendant lesquels le stress me tenait sous pression...
Les contraintes que je m'impose... Je pourrais couler des jours tranquilles, accomplir quelques menues corvées indispensables, sans me mettre la pression... Ai-je besoin de préparer ma participation à l'expo du groupe dès le début de juin? Faut-il que je prenne une part active dans d'autres associations encore, ce qui m'impose de jongler avec des délais qui approchent dangereusement?...
La pression, oui. Celle de me sentir encore vivante.