Le blog de Flora

Abîmes et quiétudes...

22 Novembre 2021, 11:40am

Publié par Flora bis

   Je me couche de plus en plus tard, par conséquent, ma journée débute de plus en plus tard aussi. Je sens bien que c'est contre nature, nocif même pour ma santé bancale. Mon horloge biologique m'envoie ici ou là des signaux faibles pour m'avertir mais je la fais taire comme on arrête une sonnerie de réveil gênante.

   Cela dure depuis plus de 15 ans. Les derniers mois de la vie de G. m'ont habituée à une vigilance de chaque instant, à un état de veille quasi permanent. Ne dormir que d'un oeil, par intermittence, prête à bondir au moindre soupir, au moindre frémissement... Jusqu'à la dernière nuit de veillée, avec ses cendres à côté de moi sur la petite table près de l'ordinateur sur lequel j'étais en train de formuler inlassablement les avis de décès. Dans cette ambiance devenue étonnamment calme, l'état d'alerte permanent a disparu, laissant la place au silence profond, à la pénombre paisible, je dirais même: à la quiétude s'il n'y avait pas eu partout, autour de moi ce vide béant...

   Depuis, je retarde le moment de monter dans ma chambre pour affronter l'abîme de sommeil qui nous engloutit sans crier gare, sans assurer qu'il nous relâcherait au lever du jour. Je veille, souvent par pure perte de temps, juste pour m'accrocher au sentiment d'être encore vivante... 

   

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M
Je reviens sur mon commentaire que je n'ai pu achever.<br /> Je disais que je ne cesse de le faire vivre en moi : je lui parle, le prends pour témoin, l'appelle à l'aide ... Le vide est immense et rien ne pourra le combler. J'avance, pas à pas, dans cette vie si fade à présent.<br /> Cordialement
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F
Merci, Madame, pour votre commentaire qui vient en écho à mon article. 2006, même la distance dans le temps correspond. Dans un article écrit le 2 novembre dernier, j'ai formulé à peu près de la même façon pourquoi je n'ai plus besoin de pèlerinage sur sa tombe: quelques mois après sa mort, tout d'un coup, j'ai eu un profond sentiment d'apaisement et la nette sensation de l'avoir intégré en moi. Ainsi, où que j'aille, il resterait avec moi partout, éternellement, inséparablement.<br /> Je l'ai également expliqué dans un texte publié ici le 7 juillet, date de sa mort.
M
Madame, je me retrouve tout à fait dans ce que vous écrivez : moi, aussi, c'était en 2006 et depuis je n'ai pas voulu le laisser derrière moi. Au contraire, mais différemment aux tout premiers temps, je le fais vivre en moi. Je lui parle,le prends pour témoin
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