Gardons le cap!
L'anticyclone est de retour. Pourtant, le soleil éclatant reste incapable de dissoudre la pesanteur de la solitude. Volonté, raison déposent les armes. Difficile d'avouer sa défaite, alors que l'on prônait depuis des années le sacro-saint contrôle de ses émotions.
Les épreuves portent bien leur nom. A la fois l'événement tragique que nous subissons, mais aussi une sorte de test, d'examen que le destin nous fait passer pour savoir de quel matériau nous sommes sculptés. Sommes-nous en terre fragile, friable qui tombe en poussière à la première secousse venue (et que dire des secousses à répétitions...)? Ou alors, en granit, en apparence indestructible... Résiste-t-il aux coups de boutoir acharnés du destin? Nous sommes les seuls à savoir l'apparition des fissures microscopiques, ressenties avec une douleur sourde et anxieuse, verrouillée à l'intérieur.
Il est important de garder la face tant que l'édifice tient à peu près debout, par politesse envers les autres et aussi pour nous-mêmes. Pourtant, lors de nos face à face avec nous-mêmes, solitaires et sans fard, plus besoin de ménager les apparences. Nous sommes nus devant la vérité et nous soutenons son regard dans le miroir. Nos échecs, nos compromissions, nos petites gloires vraies ou factices, nos lâchetés et nos grandeurs d'âme - le constat, pour le moment, ne parvient pas à entamer notre amour inébranlable de la vie.
Voilà. J'ai réussi à finir sur une note optimiste... Les apparences sont sauves.







