Oxymore parfait
Je viens de noter quelques phrases dans mon journal de bord à spirale:
" 19 octobre vendredi: Quasiment le premier jour maussade depuis des mois! Epaisse couche nuageuse, pas un rayon de soleil, même pâle!... Au début, c'est presque apaisant, plus rien n'attire dehors, à nous l'écriture! Mais je crois que j'aurai très vite assez de ce genre d'apaisement.
Cet après-midi, je devrai faire des courses (à Carrefour?) pour le plein du week end, de quoi faire une soupe, p. ex. L'autre jour, je suis passée chez Leclerc - je crois qu'une fois m'a suffi. Leurs paupiettes sont archi-salées! (Mon dieu, quelle immense petitesse de ma vie!...)"
Je l'ai écrit ainsi, avec cet oxymore parfait, association de deux mots au sens antagonique: car soudainement, l'immense petitesse de ma vie m'est apparue dans toute sa désolation...
Si je m'en suis rendu compte avec ce choc au coeur, c'est parce que je n'y suis pas encore tout à fait résignée. Une petite flamme persiste à clignoter sous les strates multiples des années et des épreuves: celle qui, depuis les commencements, m'aidait à aborder la vie avec autant de curiosité, d'espoirs et d'envies des choses extraordinaires. Persuadée que ce serait une aventure unique et passionnante...