Le blog de Flora

etat des lieux

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Des choses et d'autres...

13 Mars 2022, 18:16pm

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Publié par Flora bis

   Nous vivons une période trouble (encore une!) où nous avons du mal à nous mobiliser pour nos buts personnels, parasités par les événements indépendants de notre volonté. Tout semble inutile, dérisoire par rapport aux enjeux qui nous dépassent. Le corps, en synchronisation étroite avec le mental, est en proie à des troubles qui nous clouent au lit, enfiévré, fébrile, douloureux... Je dis bien "nous" mais au fond, je parle de moi. Le stress est un puissant et mystérieux trouble-fête. 

   Pourtant, il fait beau depuis quinze jours. J'ai fait l'effort de tailler une rangée de rosiers, il en reste trois ou quatre mais je n'ai plus de place pour détailler et ramasser les branches coupées, il faut que je les évacue d'abord à la déchèterie. Je dois m'acheter un autre sécateur, plus performant qui ne ruine pas mon pouce droit. La terrasse a besoin d'une révision complète et la cabane est à changer: elle s'affaisse et son toit s'est en partie envolé sous le vent tempétueux du février dernier... Je l'ai raccommodée tant bien que mal mais elle reste vraiment bancale. J'ai tendance à tirer une parallèle entre elles est moi : quand on devient impuissant à résoudre le problème qui surgit, on se laisse submerger peu à peu et tout part à vau l'eau... 

   Voilà le tableau!... Il n'est pas très gai mais j'essaie seulement d'émerger des trois derniers jours où je tenais à peine debout. Je préfèrerais, certes, vous parler d'un autre genre de tableau, peint à la main ou avec un appareil photos, destiné à élever l'esprit  -  ou même l'âme, si vous voulez  -  qui vous fait oublier les souffrances au lieu de les décrire...

   Mais comment oserais-je me plaindre de mes ennuis, comparés à la détresse des pauvres gens sous les bombes, devant les yeux du monde entier et causée par la folie de quelques tyrans de pacotille?... N'empêche que la souffrance n'est pas un sport où l'on compare les résultats et l'on essaie de battre des records...

Musée du Verre, Sans-Poteries

 

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Deux semaines sur les chapeaux de roue

6 Mars 2022, 19:17pm

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Publié par Flora bis

   Miracle! (j'ai tort de le crier sur tous les toits!) Le SOLEIL brille depuis plusieurs jours!... Comme dopés par la lumière accrue, les jours ont incroyablement accéléré leur rythme, m'obligeant à devenir, de spectatrice impuissante, actrice tour à tour secouée, émerveillée, parfois exténuée par leur  vivacité.

   Le dîner amical chez moi, avec les scrupules habituels et épuisants du stress concernant mes compétences culinaires malgré la bienveillance sans limite de mes amis, s'est déroulé agréablement. Nous avons enchaîné aussitôt sur un week end chez les enfants. Ma belle et grande petite-fille aînée arrive sur ses 16 ans. Emouvante et inexorable course du temps... Hier encore, je l'ai tenue dans mes bras, poids plume d'à peine quelques jours.   

    Mes premiers pas dans leur nouvelle maison m'ont précipitée dans une chute, sur un seuil invisible. Il serait facile d'y déceler un sens hautement symbolique mais je me contente de quelques écorchures et de bleus, noyés dans une grosse douleur. C'est en claudiquant que j'ai suivi le programme que les enfants nous avaient concocté: repas au restaurant suivi de la visite de l'exposition de la collection Morozov à la Fondation Vuitton. Cette dernière, mon rêve secret depuis des mois, sans vraiment y croire, car le mois de mars, pour moi autant que pour les enfants, s'annonçait chargé. Et là (après 1 h de queue, malgré la réservation!), mes yeux pouvaient absorber les chefs-d'oeuvre sans retenue, pendant plusieurs heures, sur les 5 niveaux du bâtiment, beau navire de verre et d'acier. A la fin, je ne sentais plus mes jambes, elles se sont transformées en un magma brûlant de douleur. Mais peu importe! Mes yeux, ma tête, mon envie d'émotions provoquées par le face à face avec la beauté, ont été rassasiés pour un temps!

   Cette semaine s'est passée sans un jour de récupération: deux RDV médicaux assez prenants, plusieurs réunions associatives, deux longues marches pour la révision de ma voiture, sans compter les plus prosaïques courses alimentaires ont maintenu mon quotidien sous tension. Peu importe, je ne retiens que le plaisir du temps passé avec les enfants, l'immersion dans l'univers des impressionnistes et de leurs héritiers, les innombrables conversations intéressantes avec les amis... Malgré les gelées nocturnes, le printemps n'est pas loin! 

Renoir

 

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Résister

1 Février 2022, 17:40pm

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Publié par Flora bis

   Nous avons enfin laissé derrière nous le premier mois de l'année. Non, je ne veux pas accélérer le temps, il passe, de toute façon trop vite! De plus en plus vite!... J'essaie de goûter chaque heure, chaque minute comme on savoure les dernières gorgées d'un bon vin... En cherchant à retenir longtemps sa saveur. 

   Je parle, bien sûr, d'une vie en solitaire. J'hiberne. Il n'y a pas d'autre mot pour dire mon peu d'envie de quitter ma maison, ne serait-ce que pour faire des courses alimentaires. Tant qu'il me reste une pomme, me dis-je pour m'autoriser, avec soulagement, à rester chez moi. Je m'y pelotonne, je me roule en boule dans un monde infiniment moins hostile que l'extérieur, le ciel de plomb, le crachin froid charrié par le vent du nord... En attendant le soleil qui sonnera la résurrection.

   Je suis certaine que les deux dernières années passées de confinements en restrictions, puis en liberté surveillée y sont pour beaucoup. Au début, c'était un renoncement dans la douleur, comme se heurter à un mur invisible, puis de plus en plus opaque. Ensuite, l'habitude forcée s'installe, s'ancre en nous et devient enfermement volontaire sous le poids de la peur.

   La famille, les amis sont mon oxygène. Les enfants croulent sous leurs propres problèmes, j'essaye de ne pas les accabler davantage. Mes amies sont incroyables. Elles essayent d'égayer mes jours ténébreux lorsque la dérision ne suffit plus... Elles sont des exemples de disponibilité, d'encouragements, de discrétion, de chaleur amicale. Sans compter qu'elles font des soupes extraordinaires qui réchauffent le corps et le coeur en hiver... Comment être à la hauteur d'autant de gentillesse?... 

   

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Pas de châteaux en Espagne...

3 Janvier 2022, 11:32am

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Publié par Flora bis

   Commençons par les traditionnels adieux à l'année 2021. Elle avait suscité tant d'attente de voir la pandémie enfin disparaître! Après une deuxième année éprouvante, nous constatons, vaccinés de multiples fois, que nous devons encore et toujours nous escrimer avec un énième variant du virus qui se lance à l'assaut de notre santé physique et mentale et de notre économie! La majorité des gens, fatigués, blasés mais relativement disciplinés, tiennent bon, comprenant que parfois, se déclarer combattants de la sacro-sainte liberté correspond à une attitude irréfléchie et purement égoïste.

    Pourtant, une petite minorité continue à faire du bruit et de la résistance aux vaccins (parfois avec violences non seulement verbales), grâce aux réseaux sociaux souvent irresponsables et plus enclins à gober les facilités des gourous "savants" ou des complotistes obscures que d'écouter les explications scientifiques. Cela demanderait, il est vrai, un minimum d'efforts intellectuels. On a l'impression qu'être "contre", c'est leur façon de se donner l'illusion d'exister.

   En dépit des tracas, le nouvel an a bel et bien débuté. J'essaie de ne cultiver aucun espoir, de n'échafauder aucun château en Espagne. J'ai plutôt envie de consolider les quelques fondations bancales sur lesquelles repose ma vie. Drôle de vie, en tension éternelle entre le physique qui, progressivement, lâche la rampe, et le mental qui refuse d'abdiquer : avec obstination, la jeune femme de jadis dédaigne de céder la place à celle de maintenant. Le mental tente de s'accrocher à la vivacité de l'esprit, à la curiosité inextinguible, à l'émotion parfois débordante mais contrôlée la plupart du temps, à l'autodérision comme remède à la tentation de se prendre trop au sérieux... En un mot, à écouter avec Modération les injonctions de la Sagesse qui vous pousse à la Résignation...

lors d'une de nos soirées (chez Muriel)

 

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Voilà un dimanche comme je les aime!

13 Décembre 2021, 13:05pm

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Publié par Flora bis

   Nous pataugeons dans la morne saison des jours qui semblent ne s'être levés qu'à moitié, gardant leur pyjama et le lit ouvert, au cas où l'envie d'y replonger serait la plus forte... Nous traînons les pieds du fauteuil au canapé et inversement. D'un oeil blasé, nous balayons le jardin déplumé: il a l'air endormi, lui aussi, avec ses quelques fleurs fanées qui frissonnent dans le vent, en attente du printemps. Même les chats des voisins deviennent rares: ils ont cessé leur procession permanente sur la crête du mur mitoyen et ne guettent plus les oiseaux dans les branches du prunier. 

   D'habitude, je déteste les dimanches où la vie s'arrête et la solitude paraît encore plus profonde. On a l'impression  que tout le monde a une famille, un(e) amoureux(se), des amis dont la compagnie vous enveloppe de sa chaleur vivifiante  -  tous, sauf nous! Hier, le coup de fil de Martine m'a sauvée de la déprime du dimanche. Nous avons décidé d'aller au cinéma vers 17h pour découvrir le "West Side story" de Spielberg qui vient d'arriver sur nos écrans.

 Ma génération a encore en tête la version originale de R. Wise et de J. Robbins, sortie en 1961 et couronnée 10 Oscars. La nouvelle version est plus âpre, plus ancrée dans la réalité de son époque, faisant écho en même temps aux problèmes d'aujourd'hui: racisme, tensions entre groupes ethniques et la conscience naissante que les bandes rivales qui s'affrontent sont finalement à la merci, à titre égal, d'un même système vorace qui fait de leur scène de vie un champ de ruine... (le survol du quartier de West Side en démolition, par le hasard des événements de la semaine, m'a rappelé les images tragiques de la tornade du Kentucky). En revoyant quelques scènes de la première version, les anciens Jets et Sharks paraîssent bien peignés, tirés aux quatre épingles comparés à ceux de Spielberg, hirsutes, se roulant dans la poussières de leurs rues démolies... Les bagarres chorégraphiées avec beaucoup de forces et de réalisme (qui restent quand-même de la danse!) soufflent une énergie époustouflante, celle du désespoir... Tout cela, sur fond de la musique de Léonard Bernstein: que des "tubes" éternels qui hantent nos oreilles!

   Deux heures et demie intenses plus tard, nous avons terminé la soirée très agréablement, à la table d'un petit resto. En voilà un dimanche bien sympathique!

 

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Tourbillon bienfaisant

14 Octobre 2021, 11:13am

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Publié par Flora bis

   Ca y est, le tourbillon des (!) jours de mon anniversaire est passé, précédé de mes habituelles "jérémiades" destinées inconsciemment à franchir le cap. Comme si je devais grimper en haut d'une colline, regarder devant moi, en évitant le coup d'oeil sous mes pieds; juste devant, vers l'horizon, la perspective ensoleillée d'un lointain sans fin... Oui, le soleil semble indispensable pour entrevoir la sérénité.

Je me suis offert un Cordyline Southern Splendour, un genre de palmier décoratif aux feuilles rouges qui pourra déménager à l'extérieur le beau temps revenu. En attendant, il comble le vide à droite de la cheminée. En guise du cadeau d'anniversaire de la part de Gilbert que je m'offre année après année... Le lendemain, des amies sont arrivées avec une superbe plante en fleurs et nous avons fêté l'événement avec gâteau et champagne, préparatifs pour le jour J, afin de faciliter la "grimpette de la colline"! 

   Le jour fatidique, j'ai reçu une avalanche de messages, par Internet sur divers canaux, par téléphone aussi... J'ai essayé de répondre à chacun, car je n'aime pas trop les réponses "en vrac": les personnes prennent la peine et quelques minutes de leur temps pour formuler leurs voeux, c'est touchant...  Des coups de fil lointains, dont une "fille" qui émerge du passé grâce à Facebook (j'ai gardé son image de nos vingt ans: je l'ai vue pour la dernière fois en 1970 à Moscou où nous étions étudiantes)... Elle m'étonne, elle est restée la même, aussi pétillante et enthousiaste! J'adore ce genre de belles surprises ! Elle me ramènent aux temps où j'étais heureuse et optimiste. A midi, les parents de ma belle-fille arrivent avec un magnifique pot d'orchidée... et une invitation au restaurant! Ce tourbillon m'a complètement fait oublier les angoisses qui me travaillaient  depuis des semaines au sujet du RDV avec mon dentiste pour le lendemain matin.

   Anesthésie de cheval, préparatifs de champs stérile avec charlotte, blouse et même chaussons, ma tête couverte sauf la bouche  -  tout cela est très engageant pour la trouillarde de longue date que je suis dans un cabinet dentaire! Le dentiste, très volubile et soucieux de me mettre à l'aise, m'explique à fond ce qu'il fait, présente même les petits clous qu'il implantera dans ma mâchoire... Il me pose des questions auxquelles je ne peux répondre, étant donné ma position délicate, sans même pouvoir déglutir correctement, pendant plus d'une heure!  Deux implants sur lesquels il recoud ensuite la gencive à plusieurs points de suture, sans être avare de compliments sur la solidité de mes os et la texture de mes gencives qui ne lui facilitent pourtant pas la tâche...

   Je repars avec une ordonnance longue comme le bras mais à ma grande surprise, je n'ai pas de douleurs après la dissipation des effets des piqûres, j'évite donc les antalgiques supplémentaires. Je suis un petit régime soupe et yoghourt, ce qui m'a déjà fait perdre 1kg et demi en un jour! RDV dans 1 semaine pour deux autres implants! Je ne suis pas mécontente de ma bravitude!

    

   

   

Tourbillon bienfaisant

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Roseau pensant

30 Septembre 2021, 12:18pm

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Publié par Flora bis

   Le Soleil, timidement, essaie de tenir ses promesses qu'il a consenties à mes sollicitations intimes.  M'offrir un petit sursis, par-ci, par-là, jusqu'à mon anniversaire. Mais voilà, je viens de trahir, en le révélant, cet accord secret. Sera-t-il assez magnanime pour avoir, quand-même, de l'indulgence pour ma faiblesse? Pauvre pécheresse qui est prête à ce genre de traîtrise sur l'autel de l'écriture!...

    J'ai repris un projet plus ancien, faute de pouvoir continuer celui (des mères et des filles), bien entamé mais que je dois laisser mûrir encore. Trop complexe, trop douloureux et grave, pour "amuser" le public. Je le ferai, j'en ai besoin mais pas pour satisfaire une attente qui me met sous pression, pieds et poings liés. Je ne devrais pas évoquer mes projets à l'avance, avant de les avoir achevés. Difficile de résister à l'envie de partager mes enthousiasmes car leur évocation participe à leur élaboration. Je me fais l'impression d'un faible roseau dans le vent.

   Hier soir, j'ai regardé "La Grande librairie", avec beaucoup d'invités. Ces derniers temps, il y a de plus en plus de femmes qui se lancent sur ce terrain piégeux qu'est l'écriture. Plutôt, je crois qu'il y en a eu toujours beaucoup mais on leur offrait moins de visibilité. Et elles se défendent drôlement bien! La sérieuse affaire de l'écriture devient de moins en moins le terrain de jeu des hommes qui pouvaient s'y consacrer libres de la plupart des exigences de la vie quotidienne, usantes et chronophages. Lorsque je les regardais pérorer, imbus de leur importance, je ne pouvais m'empêcher de penser à une figure féminine derrière eux, payée ou non, qui s'affairait, invisible, pour que le grand homme ait son linge propre sous la main, son appartement impeccable et son frigo bien rempli!

 

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Poèmes en vert et bleu

6 Septembre 2021, 10:25am

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Publié par Flora bis

   

Je n'ose presque pas l'évoquer, par crainte de faire cesser la magie de cet été si rare : le soleil, dès le petit matin, le ciel bleu immaculé et le parfum du chèvrefeuille en folie sur ma terrasse, près de la porte de la cuisine! Je ne suis pas difficile ni revendicative, je le prends comme un cadeau inattendu, avec la gratitude de ceux qui ne sont pas gâtés par les cieux.

   Forcément, je ressens un regain d'énergie et j'essaye illico d'en profiter. Il faut que je m'expose au soleil, en vue d'augmenter le niveau de ma vitamine D, que j'améliore la couleur déplorable d'aspirine (pas du tout effervescent) de ma peau due au ciel gris plomb de notre été dans la fameuse "goutte froide"!

   Je réponds donc à l'invitation de l'association "Le cahier allant vers..." animée par les infatigables Muriel, Rémy, Yamina, Céline et les autres. Ils ont organisé une petite récitation de poésies sur le thème de la nature, dans le Parc des Prix de Rome qui se trouve juste derrière ma rue. Dans le demi-cercle de l'agora ensoleillé, un public attentif et interactif les écoutait, faisant fi des motos pétaradantes des rues alentour et des cris joyeux des enfants qui couraient parmi les sculptures installées dans les allées, convoquant l'esprit des nombreux artistes originaires de Valenciennes qui avaient tous obtenu le Prix de Rome en leur temps. Tout cela sous le soleil caressant d'une belle fin d'après-midi de septembre.

Poèmes en vert et bleuPoèmes en vert et bleu

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Mi-figue, mi-raisin...

31 Août 2021, 10:07am

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Publié par Flora bis

   Dernier jour du mois d'août. Autant dire, dernier jour de l'été, même si officiellement, l'automne ne débute que le 21 septembre. Cette année, je n'ai, pour ainsi dire, pas quitté la maison. Fatigue, méforme, poids de l'inertie? Sans doute tout cela à la fois. Pourtant, je pressentais que, malgré le soulagement du moment, le manque aurait rapidement pris le dessus: le changement, le dépaysement nécessaires à mon équilibre feraient douloureusement défaut. Le soleil encore plus! Nous habitons en plein milieu de la fameuse "goutte froide" dont nous avons amplement profité cet été! Averses après averses, défilé incessant des nuages, températures avoisinant les 20-22°, en un mot: un été tellement tempéré que le réchauffement climatique nous faisait doucement sourire... pour ne pas dire: envie!

   Je n'ai pas eu ma dose de sérotonine pour affronter la grisaille interminable et humide qui ne tardera pas à arriver. J'aimerais que septembre me dédommage de la frustration mesquine de l'été, afin que les caresses d'un soleil doux et pâlissant m'accompagnent tout en délicatesse vers l'envie de me calfeutrer à nouveau dans la chaleur de la maison, en compagnie des mots et des images, des êtres inventés de toutes pièces ou de chair et d'âme contre lesquels me blottir par temps de gelées blanches...

 

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Enrichir son vocabulaire... Pour comprendre.

20 Août 2021, 11:52am

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Publié par Flora bis

   J'ai appris un nouveau mot ("pour un nouveau-né, tous les gags sont neufs") qui n'est pas si nouveau que cela mais pour la néophyte que je suis, il l'est: "solastalgie". Inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht (du latin "solacium" réconfort" et du grec "algos" souffrance, douleur. Ce néologisme anglais a été formée plutôt sur le modèle de "nostalgie" d'où l'apparition du -st- .) Bref, dès que j'ai pris connaissance de sa signification, je me suis découverte sur un terrain familier.

   La "solastalgie" désigne, pour ainsi dire, un stress pré-traumatique. C'est à dire, on souffre de quelque chose qui pourrait, qui devrait arriver. Cela crée un état anxieux, un sentiment de perte de contrôle de sa vie, avec sa cohorte de symptômes comme insomnie, dépression, perte du goût des choses, léthargie, tristesse... Combien de fois ai-je vu tomber mes élans dans l'inertie, avec la question immanquable: "A quoi bon?..."

   Alice Desbiolles, le médecin qui a fait connaître le phénomène en France en 2019, le définit comme l'expression de la détresse des écosystèmes, notamment celle du lien entre l'homme et son environnement. Prendre conscience du danger imminent qui menace cet environnement crée une inquiétude permanente et anticipatoire, une représentation tragique de notre présent et de notre futur, un sentiment d'impasse. Nous sommes bombardés sans relâche par des nouvelles catastrophiques venant tour à tour des scientifiques, des politiques (qui en font souvent des arguments électoraux), par les média affamés de frissons sensationnels. Peu importe les dégâts irréparables qu'ils provoquent, sans se soucier des remèdes. Sans oublier cependant de nous culpabiliser au passage, alors que, à notre petite échelle, nous jouons déjà aux colibris dociles et lénifiants, en tentant de nous redonner quelques lambeaux de bonne conscience. Pendant ce temps, ceux à qui le vrai pouvoir d'agir revient, exploitent sans vergogne le bien commun de l'humanité, coupant la branche commune à tous, pour amasser de plus en plus de richesse! Après moi le déluge! Et nos enfants et petits-enfants? Que deviendront-ils?... L'instinct grégaire de l'homme à s'émerveiller au premier cri d'un bébé... Pour danser encore, les yeux bandés, au bord du précipice.

   Le remède? "Se raccrocher à quelque chose de positif, de vivant, contacter en soi la force, quelque chose de solide et d'ancré" disent les psychologues qui commencent à se pencher sérieusement sur la gravité du phénomène. On essaie de soigner les symptômes faute de pouvoir traiter la cause. Petites rustines sur une jambe de bois.

Que dit de la résilience B. Cyrulnik qui a importé en France la notion :

"... c'est une stratégie de lutte contre le malheur qui permet d'arracher du plaisir à vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire."

 

   

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