Le blog de Flora

etat des lieux

Février s'en est allé...

1 Mars 2021, 10:13am

Publié par Flora bis

Quelle semaine derrière moi!... Avec de la souffrance et de la douceur mêlées.

J'ai cueilli mes petites-filles dimanche 21 février, au train de midi. Pour les trois premiers jours, je les ai déposées chez les autres grands-parents, pour les récupérer mercredi soir. Entretemps, leurs parents sont arrivés, pour fêter dimanche, un peu en avance, l'anniversaire de l'aînée, Lucie. 15 ans dans une semaine, ma grande petite-fille! J'aime ces rituels familiaux qui contribuent à maintenir le lien entre les générations et nous font prendre conscience du temps qui passe.

La semaine a débuté pourtant avec des  soucis de santé récurrents et très handicapants qui ne m'ont lâchée que pour l'arrivée des petites chez moi, me léguant une tenace contracture dans le dos pour le reste de la semaine... En position de repos (rare), la douleur se laissait presque oublier et j'en ai profité pour savourer les moments passés avec mes petites-filles. Quel plaisir de les avoir avec moi, sans se presser, en échangeant, discutant de plein de choses extrêmement importantes à cet âge! Cela va sans dire que regarder ces petits êtres en mouvement, en maturation, en changements perpétuels est absolument passionnant: de ma position de grand-mère privilégiée (car je possède une chose précieuse qui manque souvent à tous les parents: la disponibilité), je peux les écouter sans juger, sans  réprimander  -  en rectifiant juste en douceur et en compréhension, du haut de mon âge, tout en respectant les peines du coeur qui, à 12 ou 15 ans font autant souffrir qu'à 25, 40 ou 70 ans... 

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Désespérant...

18 Février 2021, 10:29am

Publié par Flora bis

   Nous habitons une des régions les plus denses et les plus atteintes par le virus et ses variantes. Peu importe : la vaccination marche à compte-gouttes, quand elle marche. Lorsque vous essayez d'obtenir un RDV, la plupart du temps, personne ne décroche, au mieux c'est pour vous dire: "Rappelez plus tard, on n'a plus de doses". Même si vous êtes dans la bonne "tranche" et garni de plusieurs co-morbidités...

C'est assez désespérant. On ne peut pas dire qu'on manque d'informations, pourtant. Presse, radio, TV, Internet sont saturés d'avis d'experts de tout poil; certains, installés au sommet de leur autorité en la matière, souvent condescendants pour les ignares que nous sommes, d'autres, novices devant les caméras mais manifestement avides de s'y faire une petite place. Le début d'une notoriété de rock star! Certains s'y sont brûlé les ailes au passage, avec des remèdes sortis de leur cuisine de Grand Sorcier inattaquable! Comment se fait-il, en fin de compte, qu'on ait la sensation d'y voir de moins en moins clair? Ne serait-ce pas un écran de fumée cache-misère, pour ne pas avouer une incapacité opaque et bureaucratique d'organiser les choses convenablement? Je pense à Molière:

"Toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets."  ("Le malade imaginaire")

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Ambiance de février, froide et molle...

9 Février 2021, 12:42pm

Publié par Flora bis

   Il était 2h40, la nuit dernière. Je m'apprêtais à monter les 18 marches qui mènent à mon lit. Par la porte vitrée qui donne sur la rue, une blancheur inhabituelle, compacte, m'a intriguée. J'ai saisi mon portable pour vérifier l'intuition, en ouvrant la partie vitrée : c'était bien la neige qui était en train de se poser sur la route, les trottoirs et sur les voitures. Comme du sucre glace sur un gâteau, par le geste ultime du pâtissier.

   Nous y sommes, en ce début d'année 2021, incertain, instable, suscitant tantôt des espoirs et nous plongeant, le lendemain, dans la désolation. Desserrant l'étau pour nous laisser respirer un coup, le resserrant aussitôt pour nous asphyxier mollement, patiemment.

   Février, c'est cela : une ambiance de lassitude, de l'hiver qui s'accroche à nos basques pour nous montrer qu'il est encore chez lui, qu'il peut nous envoyer des bourrasques et de la neige (que nous n'avons pas eues jusqu'ici) s'il veut. Que la sortie du marasme et de l'angoisse de toute une année est seulement entrevue, grâce aux vaccins, mais rebouchée aussitôt, par cafouillage bureaucratique, opacité sans courage... Nous sommes poussés un jour à avancer, condamnés à piétiner sur place le lendemain, comme une foule sans défense, à la merci des décisions peu transparentes et contradictoires. Stoppée ou ébranlée au gré des ordres incompréhensibles. Tout d'un coup, le souvenir des défilés obligatoires des 1 mai dans la Hongrie de l'époque communiste, fait surface dans ma mémoire. Les écoliers, les usines et les coopératives défilaient, en rang, en uniforme s'ils en avaient, brandissant les symboles de leur travail (je me souviens des élèves d'une écoles préparant aux métiers de la santé qui défilaient en blouses blanches, serrant des poupées baigneuses dans leurs bras...). La foule compacte avançait ou piétinait sur place, pendant des heures, selon les mots d'ordre venus d'on ne sait où...

 

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Un départ cahotant

22 Janvier 2021, 16:28pm

Publié par Flora bis

   2021 prend un départ plutôt cahotant , sur des chemins pleins d'embûches. Les espoirs que certains ont investis dans le changement d'année, pâlissent au fur et à mesure que les semaines passent. Notre virus (Covid 19 par son petit nom), devenu familier, au point que les autorités nous incitaient à apprendre à vivre avec, nous condamnant ainsi à une existence masquée et "distanciée" à vie, voilà-t-y pas qu'il se met en tête de muter à tout va!...  Ses petits cousins exotiques se montrent encore plus gloutons. Les innombrables experts scientifiques nous font miroiter un troisième confinement.

   Les réticences devant la vaccination fondent d'un seul coup, générant une ruée sur les centres. En quelques jours, blocages: plus de doses disponibles, RDV annulés jusqu'à la fin de février!... Où est passée la France qui doute, honteuse à la queue des pays européens dans l'intention de se faire vacciner? Quels mots magiques ont-ils retourné la situation? Je suppose : "il n'y en aura pas pour tout le monde..." 

les Alpes

   Troisième confinement? Une lassitude nous envahit. Cela va faire un an que nous n'en voyons pas le bout. On peut reprocher aux décideurs leurs faux-pas, leurs manquements ou leurs dissimulations de la vérité, devant l'inconnu, on n'est pas sûrs qu'on auraient fait bien mieux. Peut-on s'installer durablement dans un semblant de vie?... Il faudrait le demander à Nelson Mandela qui a passé 27 ans en prison, et qui s'inspirait du poème de William Ernest Henley, "Invictus": "Je suis debout, bien que blessé. / Je suis le maître de mon destin / Je suis le capitaine de mon âme."

   

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Calfeutrés

15 Janvier 2021, 11:49am

Publié par Flora bis

   Cela fait plus de deux semaines que j'ai déserté mon blog. Les visiteurs, découragés, se lassent de frapper à la porte d'une maison que seuls les courants d'air et les fantômes traversent...

(Suis-je comme Annie Girardot à son dernier César: "Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi, le cinéma français a manqué follement, éperdument, douloureusement...") Non, je n'en suis pas aux larmes, plutôt au manque d'écriture, de la nécessité de tirer au clair les impressions, les sentiments, les contradictions et les questionnements. L'écriture possède le don d'aplanir les égarements, de lisser les souffrances, d'apaiser les détresses, avec l'aide des mots, ces lumignons magiques à éclairer les coins sombres de l'existence. Bon, j'espère que je n'ai pas été trop grandiloquente, sans pouvoir m'empêcher de m'ébrouer dans les mots comme les canards dans l'eau printanière!... Quoi que... Parfois, ça fait du bien..

   Hier, pendant la nuit, une mince couche blanche a recouvert les toits des maisons, des voitures et le gazon du jardin. Toute la journée, la température avoisinait le 0° et je suis sortie sur la terrasse, devenue une véritable patinoire, avec mille précautions. Signe de vieillissement, ai-je noté. Avant, je n'avais pas besoin de prudence particulière pour affronter l'hiver, ni le hongrois, ni le russe, ni le berlinois, avec leurs températures très en-dessus de 0° : si je tombais, je me relevais sans craindre que le terme de la vie valide ne soit arrivé...

   

   

   

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Besoin de légèreté

6 Novembre 2020, 16:57pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de reconfinement. Notre vocabulaire n'arrête pas de s'enrichir, au gré du fameux virus qui lui-même ne ressemble pas aux autres, aux habituels. Il joue à cache-cache avec nous. Petit à petit, nous nous laissons ballotter par les circonstances, abandonnant les réactions de résistance, de protestation et nous entrons dans l'ère des automatismes sans repères. Résister, trépigner, protester par de vieux réflexes d'insoumission console sans doute certains: désobéir leur donne l'illusion d'exister, de préserver une plate-bande de liberté, hélas, imaginaire...

Ghardaïa, 1975

   Par bonheur, les élections présidentielles américaines nous distraient un peu des nouvelles anxiogènes et souvent contradictoires du front de la pandémie. Les agitations indignes et vulgaires du président sortant (espérons que ce sera une vraie sortie!) tour à tour nous lassent, nous inquiètent: nous avons tant besoin d'une bonne nouvelle! Notre vie est à nouveau privée des petits plaisirs du quotidien qui lui donnaient la saveur indispensable pour la rendre encore attrayante. Les chiffres psalmodiés quotidiennement nous flanquent une frousse toute simple, toute nue pour notre petite vie en déclin. Cela fait un bon moment que nous avons oublié la légèreté de l'existence où la nuit s'achevait sur une journée ensoleillée et insouciante. Oui, le soleil était permanent... du moins, dans ce coin bien caché, protégé de la mémoire où l'on stocke les souvenirs les plus précieux que l'on ne ressort que rarement, avec précaution pour ne pas les galvauder, chiffonner, à force de les revivre pour tenter de nous réparer...

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Famille, amis, années...

16 Octobre 2020, 11:58am

Publié par Flora bis

   Une bonne dizaine de jours sans revenir sur mon blog... Il est vrai qu'entre-temps, j'ai pris une année sur le compteur! Je commence seulement à retrouver mes jambes après le week end si agréable en famille : malgré le virus qui s'envole, je n'ai pas pu résister au plaisir de la proximité de mes enfants et petits-enfants, de la compagnie des parents de ma belle-fille, à l'avalanche d'attentions et de gentillesses à cette occasion (partagée avec Alice). 

 D'une réunion de famille, je retiens surtout l'effet stimulant pour moi: le mélange des générations indispensable pour ne pas sombrer dans le tunnel d'un quotidien solitaire. J'aime aussi la compagnie  des gens de mon âge "au repos" mais encore sollicités. Ils me sont très proches car ayant souvent une vision semblable de la vie (elle-même semblable), nous nous comprenons à demi-mot et, à notre âge, la rivalité de toute nature a perdu son pouvoir de nuire à la sincérité des relations... Nous savons qu'il ne faut pas perdre du temps pour taire par pudeur les mots d'affection, d'amitié car nous pouvons, à tout moment, manquer à jamais cette précieuse occasion.

   Mes enfants dans la force de l'âge, c'est sur eux que pèse l'essentiel des responsabilités, aussi bien en famille que dans la société. J'essaie de ne pas trop y ajouter. C'est aussi ma satisfaction personnelle de tâcher de me débrouiller encore tant bien que mal. Je sais (je l'ai vécu) le poids de l'angoisse que certains parents (surtout les mères, reconnaissons-le) administrent à compte-gouttes à leurs enfants, rien que dans le but de garder une place privilégiée dans leur vie, dans leur conscience. J'ai envie de les secouer: chacun est responsable de sa vie, ratée ou pas. Ce n'est pas aux enfants de l'assumer, de la réparer.

 

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Ambiance d'octobre sous la pluie...

5 Octobre 2020, 15:59pm

Publié par Flora bis

   Cette photo, je l'ai empruntée sur le Net, il y a plusieurs années. Je la garde sous les yeux, à la page d'accueil de mon ordinateur, au cas où j'aurais besoin d'encouragement pour trouver de la beauté dans la grisaille automnale, de la poésie dans une tasse de thé fumant à la lumière feutrée d'un abat-jour en soie... Tandis que dehors, les gouttes de la pluie tintinnabulent sur la table rouge de la terrasse,  inlassablement.

   Depuis le printemps, la météo (je dis "météo" sans d'autres convictions plus solides) nous gratifiait d'une abondance de soleil parfaitement inhabituelle sous nos latitudes. Comme si les décideurs célestes de notre sort avaient voulu adoucir l'épreuve du confinement, la privation de tendresse et d'amitié et la solitude aride par la clarté des jours de plus en plus longs. Après des mois de canicule, de sécheresse, d'arrosage et d'autres tentatives de sauvetage du jardin, nous avons accueilli les premières averses presque avec soulagement: les rosiers allaient ressusciter, la pelouse jaunie retrouverait sa vigueur. Nous sommes abondamment servis. A présent, une pause serait la bienvenue, juste en cadeau d'anniversaire...

   Bientôt une année de plus au compteur... Quelle importance?... Ce n'est pas le jour J qui nous fera vieillir mais tous les autres qui s'écouleront entre les deux dates. J'essaie de retenir l'instant, le présent si insaisissable... la tasse de thé et sa légère amertume et le petit gâteau suave qui fond dans la bouche... 

   

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Rentrée à pas de charge

7 Septembre 2020, 18:19pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de plus sur la montagne russe de mon été 2020. Drôle d'impression de vouloir me poser et d'avoir le sentiment qu'il est impossible d'arrêter le manège. Moi qui ai tant aimé les changements, les surprises improvisées, je mesure le poids et l'envie de la lenteur, voire de l'immobilité... Oui, me poser pour me réparer jusqu'à ce que le désir de bouger se réveille de nouveau.

  Les deux petites semaines de repos en Hongrie, entourée de la gentillesse des enfants m'ont offert le loisir de me remettre de la lessiveuse de la canicule française. Si la secousse de ma chute a un peu perturbé cette quiétude, mon retour en France l'a complètement effacée: je mesure le poids de ce qu'on appelle "charge mentale" que j'ai pu mettre de côté avec bonheur pendant mon séjour en Hongrie. La vie quotidienne est de retour et je le prends de plein fouet avec les factures à régler, le courrier en retard, les courses pour remplir le frigo vide, les coups de fil à donner, les RDV et les réunions à organiser. Mon rythme stressé, mes nuits raccourcies se sont réinstallés dès mon retour  et me font penser avec nostalgie aux matins hongrois ensoleillés en compagnie de mes petites-filles: on se couchait plus tôt pour se réveiller plus tôt et mieux profiter ainsi du temps devant nous qui semblait plus généreux...

   La première semaine a apporté un week end agréable avec le retour des enfants pour fêter les anniversaires de ma belle-fille et de sa maman, avec deux repas en famille, le bonheur des retrouvailles, autant de pansements sur les coeurs fatigués.

Anniversaires, mère et fille...

 

   

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La fleur au fusil

15 Août 2020, 17:32pm

Publié par Flora bis

"Mimétisme" Rozsa T. encre, 1998

   Les tourterelles s'en donnent à coeur joie dans le prunier géant des voisins. Il fait très lourd, nuageux et tiède... La chaleur n'arrive pas à quitter la maison, les murs centenaires exhalent 27° dans la pièce la plus fraîche  -  que dire alors des autres, les plus chaudes?... Encore une nuit torride qui m'attend, me dis-je avec lassitude, avec un sourire évanescent pour mes jeunes années... J'en suis bien loin, soupirant uniquement après une brise nocturne qui me permettrait de dormir un peu....

   Faut-il remuer les dames fragiles et vieillissantes, afin de les empêcher de s'engourdir, de renoncer peu à peu à s'échapper de leur nid douillet?... A quoi aspirent-elles? "... traverser la solitude et la difficulté, l'isolement et le silence pour atteindre l'endroit où nous pouvons danser notre danse maladroite et chanter notre chanson douloureuse."  (Pablo Neruda) Les psychologues et les différents coachs sont en désaccord avec le poète chilien: bien vieillir devient un devoir impérieux, dans votre intérêt, mesdames et messieurs! Pour préserver une bonne santé, bougez, mangez léger, dormez beaucoup et à la bonne heure, riez au moins 1 heure par jour, intéressez-vous à vos proches et voisins, soyez créatifs en jardinant, tricotant ou vous initiant à l'aquarelle! Encore mieux ou en plus: faites de la danse country, du théâtre ou du taï chi, pour conserver ou atteindre un peu de souplesse de vos muscles ou de vos méninges, afin de rester jeunes le plus longtemps possible! Que l'on vous donne 10-15 ans de moins et surtout pas votre âge! Vous devez servir d'exemples aux générations plus jeunes: le chemin vers la disparition finale et sans appel n'est pas si effrayant, voyez-vous, jeunes gens, on y va en souriant et la fleur au fusil!...

   

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