Le blog de Flora

etat des lieux

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Monde extérieur - monde intérieur

17 Juin 2025, 18:01pm

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Publié par Flora bis

   Un lundi de Pentecôte paresseux, somnolent... Pas le moindre bruit filtré de la rue, ni de fumet âcre des barbecues bruyants des jardins environnants.

   Ce mois de mai et même le début du juin, des jours fériés multiples avec des ponts, bienvenus pour les "actifs" mais déroutants  -  pour ne pas dire déstabilisants, pour nous qui n'avons plus les repères du travail dans le monde extérieur. J'ajoute le "monde extérieur" car la distinction existe bel et bien désormais : un monde "intérieur", parfois solitaire et immobile, que l'on essaye d'expurger des dangers sournois... Et le monde extérieur qui en est plein.

J'ai passé un weekend court, à peine 24 heures, chez les enfants. J'ai pris le train avec les autres grands-parents pour assister au spectacle de la plus jeune de nos petites-filles, dans une troupe de théâtre amateur. On peut admirer le travail de l'animatrice avec le groupe d'ados, de l'écriture sur mesure de la pièce à la mise en scène : une formidable activité recréatrice et libératrice en dehors du travail scolaire!

   La canicule approche. Pour l'instant, elle touche à peine les 28-30° mais elle frappe de plus en plus tôt. La fraîcheur de la maison résiste encore...

    De l'extérieur, des bruits des guerres arrivent à nous, de partout. A l'intérieur, les faits divers sanglants, les craquements d'une société malade infusent en nous une sourde angoisse. On se dit : pourvu que la maison résiste encore!...

   Mon amie E. nous invite à un goûter. La maison bruit du passage de plusieurs de leurs petits-enfants en compagnie de leurs copains qui accourent des quatre coins de la planète. Ils sont jeunes, beaux, lumineux. A la fois audacieux et lucides. Nous leur laissons un travail énorme.

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Vive l'avenir radieux!...

1 Juin 2025, 14:18pm

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Publié par Flora bis

   Ouf, ma déclaration d'impôts est envoyée! La préremplie, quel soulagement: je n'ai pas à déchiffrer le sens du langage administratif. D'ailleurs, le comprendrais-je davantage en ma langue maternelle?... Dans la Hongrie communiste, nos impôts étaient retenus à la source, non seulement il n'existait pas de déclaration  -  pas besoin car Big Brother en savait plus que nous, comme dans tant de domaines! Ainsi, nous pouvions nous bercer de l'illusion que les impôts n'existaient pas!  Plus tard, dans "le monde libre", G. s'en est occupé jusqu'à sa mort. Pendant longtemps, je n'ai même pas jeté un coup d'oeil vaguement intéressé sur la chose mais il a fallu que je fasse mon apprentissage dans ce domaine aussi. Comme dans tant d'autres.

   Nous voici en juin. Le ciel voilé me promet de la pluie fine. Mon jardin est envahi des "mauvaises herbes" dont il faudrait m'occuper d'urgence. Mais comment évacuer les déchets verts? Tout cela est à l'image de mon existence impuissante! Les travaux de la transformation profonde de la voirie, commencés en octobre 2023, sont loin d'être terminés. La rue est fermée à la circulation et encore plus au stationnement. Pour faire des courses, je rejoins ma voiture dans une autre rue où les travaux sont déjà terminés. Au retour, je trimballe mes sacs de provisions lourds comme un âne mort à travers le chantier jusqu'à la maison. Au fond de moi, je regrette amèrement de ne pas être la petite vieille dynamique qui, au lieu de se lamenter, court comme un lapin alerte en désavouant triomphalement son âge et son état de santé... Dans la vie, il faut produire des prouesses pour être crédible.

   Au diable les lamentations! Allez, je chausse mes lunettes roses. Le verre est à moitié plein puisque je le veux ainsi.

Vive l'avenir radieux!...

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N'est pas Gontcharov qui veut!

22 Mai 2025, 18:16pm

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Publié par Flora bis

   La semaine de mon retour s'est vite envolée, sans laisser de traces notables dans mon existence. Chercher un jardinier sur internet, m'attaquer à ma déclaration d'impôts en ligne, répondre aux messages (parfois en rafales), quelques conversations au téléphone, courses alimentaires, pharmacie, cuisine... Rien d'enthousiasmant. Au lieu de s'envoler, la crispation s'installe, une fois de plus.

   Ce serait bien de croire que tout vient des mouvements incessants des planètes!... Qu'il suffirait de patienter pour que les noeuds des oppositions et d'autres trigones, voire des carrés ou des sextiles se dénouent au dessus de nos têtes! Que le calme plat soit revivifié par des rencontres dynamisantes, des projets effervescents qui feraient oublier l'eau croupie du piétinement sur place.

   Régulièrement, je reviens sur ma procrastination, sur mes blocages dont l'origine reste assez énigmatique pour moi. J'essaie de faire, dans ma mémoire, ce travail archéologique dont on espère la remontée à la surface des débris d'explications. Parfois, j'ai l'impression d'effleurer quelques entailles, des meurtrissures fugaces mais pas de révélations capables de me délivrer de cette entrave.

   Des gens volontaires, énergiques m'assènent des sentences : "Les phrases commençant par demain... pas maintenant... plus tard... on verra... me donnent des boutons! Un devoir  -  une solution! Et que ça ne traîne pas!" Ils espèrent me guérir avec ce raisonnement, prétendant me vouloir du bien. Me faire croire que ce n'est qu'une question de volonté! Qu'il faut absolument "secouer" la faiblesse humaine (puisque la cause ne peut être qu'une simple faiblesse : la volonté n'est autre qu'un muscle avachi qu'il faut bousculé pour le renforcer...).

   N'est pas Oblomov qui veut! N'est pas Gontcharov non plus, encore moins. Je l'ai trouvé, moi aussi, méprisable, ce personnage du roman de Gontcharov, en l'étudiant en littérature russe, il y a plus de 50 ans. L'auteur n'est pas très clément avec son personnage mais son analyse est incomparablement plus fine que celle de mes interlocuteurs...

  

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Ma maison et moi... un vieux couple qui se rode...

6 Mai 2025, 11:20am

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Publié par Flora bis

   Quand on quitte ne serait-ce que provisoirement, sa maison  -  son refuge, sa tanière, ses habitudes qui protègent et qui emprisonnent  -  on prend des risques. Inconsciemment, certes, mais au fond, c'est le but. Pour éviter la sclérose totale de ses neurones, on les secoue, rafraîchit, aère, on leur lance des défis sous forme de quelques prises de risque minuscule, histoire de prouver qu'on est encore vivant... Réveillé. Surtout quand on vit seul(e) et qu'on n'a même pas l'occasion de radoter à sa guise!... Personne ne l'entendrait.

   Avec le temps, je me rends compte que je commence à aimer ma maison. Nous sommes comme un vieux couple pour qui, au départ, le choix s'est fait sur un compromis et non pas sur un coup de foudre. En rentrant d'Istanbul, nous avions très peu de temps pour trouver une maison dans la ville inconnue du Nord, à proximité du futur lieu de travail de G. Il a fallu décider très vite, la rentrée des classes approchait pour notre fils aussi, sans oublier le camion du déménagement.

   Peu à peu, nous l'avons aménagée à notre goût, parfois au prix des pourparlers longs et diplomatiques pour accorder nos violons. Nous étions à l'aise sur trois niveaux, avec le jardin pour le plaisir des yeux et le bol d'air au milieu de la ville. Le jardinet était pour moi; à la nature, G. préférait l'univers de ses livres enfin réunis, perché au dernier étage et baigné dans l'imaginaire qui, comme on sait, ne connaît pas les murs...

   Depuis bientôt 19 ans, j'occupe la maison seule... Petit à petit, je lui fais subir des changements, du moins, dans la partie où je vis. J'essaie de gommer les traces invisibles pour d'autres des souffrances et de savourer la douce métamorphose du décor... Pour pouvoir continuer à vivre. Pour apprendre à être moi. C'est peut-être l'aspect le plus difficile de la tache. Avec les années qui s'écoulent paresseusement, le vieux couple que nous formons, la maison et moi, change d'allure, se rode et s'érode, se renouvelle parfois. A force de se frotter l'une contre l'autre, on se rassemble, on s'épargne, on se rapproche et on se rejoint dans la gratitude. Cela peut ressembler à l'amour, qui sait?...

Ma maison et moi... un vieux couple qui se rode...

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Dimanche de Pâque, sourire et petite bruine

21 Avril 2025, 13:13pm

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Publié par Flora bis

   Voilà. Nous sommes un lundi de Pâque, solitaire comme ces dernières années. Cela fait partie des changements inéluctables qui ne me révoltent pas, en bon adepte d'Epicure. Inutile de se taper la tête contre le mur quand c'est dans l'ordre des choses! Au lieu de combattre les incontournables métamorphoses, il faut les apprivoiser, apprendre à vivre avec. Bien sûr, quand on peut les améliorer, il ne faut pas s'y refuser. Tout en douceur et harmonie, autant que possible. Eviter de s'infliger des souffrances inutiles. Arrivée à un certain âge (pas encore canonique!), nous en avons déjà eu notre dose...

   Hier, dimanche de Pâque, une amie est venue me voir avec deux petits gâteaux au chocolat, pour accompagner le café et en guise de pure incitation pour fermer l'oeil sur mon niveau de sucre. Nous aimons échanger de temps en temps sur des sujets légers mais aussi plus graves et profonds. Je la connais depuis au moins trente ans, nous nous accompagnons de loin en loin, partageant parfois des activités ou des étapes plus ou moins douloureuses de nos vies. Je tiens beaucoup à notre amitié.

    Elle possède une qualité rare dans mon entourage amical : elle aime JOUER! Je ne suis pas la seule à éprouver (hélas, trop rarement!) les bienfaits du jeu sur le cerveau et sur l'état du corps en entier : il diminue le stress, procure un bien-être immédiat au corps grâce au dopamine, stimule la mémoire en agissant sur l'hippocampe etc., bref, que de bons effets que beaucoup se refusent! Bien sûr, je ne parle pas des jeux vidéo que je ne pratique pas et que je désapprouve à haute dose. En famille, je me régale car dès leur enfance, presque tous ont été initiés aux jeux de société et tout le monde y participe, de façon transgénérationnelle!

   Alors, dimanche, après avoir consommé le café et les gâteaux, décortiqué les problèmes personnels de santé et d'autres, nous avons terminé gaiement sur deux parties de crapettes*, chacune de nous ayant gagné la sienne. de quoi nous séparer le sourire aux lèvres et dans la tête!

* crapettes : jeu de cartes

 

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Le monde cul par-dessus tête

7 Avril 2025, 12:32pm

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Publié par Flora bis

   Hier, en parcourant quelques pages de mes amis hongrois sur le Net, je suis tombée sur plusieurs photos montrant des tulipes et des jacinthes sous la neige!... En y repensant, ce n'était pas si rare que cela dans le passé. Il y a quelques années seulement, après un avril au-dessus de 20°, sur le chemin du retour, nous sommes tombés dans une vraie tempête de neige, de Budapest jusqu'à la frontière autrichienne! 

Ici, dans le Nord de la France, nous avons pu profiter d'un début de printemps exceptionnel! Dans le domaine des jours ensoleillés, nous avons battu le record de Nice!... Décidément, c'est le monde à l'envers!... Je le prends, avec reconnaissance envers qui de droit, Mère nature, dieu miséricordieux ou le hasard, j'en profite et j'essaie de me réparer.

   Je rempote des fleurs sur la terrasse, j'essaie de tailler les rosiers. Mon petit érable du Japon n'est pas dupe. A part une petite branche, elle ne donne pas signe de vie. Je suis perplexe : lui faire confiance?... Bizarre, bizarre... Comme d'habitude, je me place dans l'attente, dans l'observation. Il ne faut pas précipiter des choses.

 

 

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Sagesse ancienne

31 Mars 2025, 12:46pm

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Publié par Flora bis

    Je continue à tailler l'érable et les rosiers, sans oublier l'hortensia et le viorne... J'avale au passage quelques doses de la délicate poudre jaune pâle qui tombe des branches, de quoi tousser le reste de la journée (cependant sans aucun effet psychédélique...)

   Je passe une semaine solitaire, stérile, avec beaucoup d'engourdissements, de torpeurs, de temps perdus. Je pense que les paresseux authentiques en tireraient une vraie jouissance, à la place de ma sombre culpabilité... J'essaie de m'obliger à accomplir des taches terre-à-terre, pas "intello" pour deux sous, physiquement plutôt pénibles  -  pour "débrancher" mon cerveau  -  ou plutôt pour le libérer?... Pour m'ancrer dans la réalité rassurante, toucher la glaise... au lieu de céder aux envies incertaines, aux contours flous, indéfinis (j'apprends par la suite que c'était Saturne qui m'avait empêché de bouger, en me mettant ainsi sous l'étouffoir... Le monde serait beaucoup plus simple si je pouvais y croire!).

   Pour tenter de me booster, je recopie quelques phrases pleines de force et de sagesse venues des personnes mortes depuis longtemps. Tiens, tous des hommes! Ils devaient connaître le secret :

"Les gagnants cherchent des moyens, les perdants des excuses." (F. Roosevelt) Je le reconnais mais ce n'est pas glorieux pour moi...

"Quand on ose, on se trompe souvent. Quand on n'ose pas, on se trompe toujours." (R. Rolland) Et vlan, je suis prévenue!...

"La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre." (A. Einstein) Eh oui!... Je ne suis pas remonté sur un vélo depuis au moins trente ans!...

"Soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris." (O. Wilde) Est-ce que cela me sauverait vraiment?...

"Le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a 20 ans. Le second meilleur moment est maintenant." (Proverbe chinois.) Comme on sait, les proverbes chinois ont toujours raison. Leur grand âge, sans doute...

 

Glasgow qui connaît le secret
Glasgow qui connaît le secret

 

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Un essai de printemps

20 Mars 2025, 12:59pm

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Publié par Flora bis

    Ah, ce beau soleil qui éveille notre corps avachi par les mois de grisaille longs comme le chagrin...  ou les jours sans pain... Je signerais pour des semaines encore pour cette douceur vivifiante mais la météo nous annonce déjà la fin de la récré! Ce qui est pris est pris, disent les gens d'ici, philosophes qui savent se contenter de peu, en ravalant leurs désirs.

   Hier soir, J'ai participé à une belle réunion dont l'atmosphère était en harmonie avec ladite douceur vivifiante. Sourire, bienveillance, petites phrases attentionnées, embrassades aussi pour ceux qui ne craignent pas les virus. Plaisir de nous retrouver. Une sorte de communion dans l'esprit de réfléchir ensemble, suivie d'un petit repas tout simple mais préparé avec le coeur, par la doyenne de l'association qui va vaillamment sur ses 92 ans!... Il fallait la voir repartir après, chargée de deux grands sacs contenant ses marmites vides, en voiture, à 20 km en pleine campagne, dans la nuit!... Gaie comme un pinson! A chaque fois, elle me redonne le moral et l'envie de poursuivre mon chemin, parsemé de cailloux.

    J'écoute la tourterelle dans le prunier du voisin. Ce n'est que les premières vocalises hésitantes, des essais pour la pleine saison. Pour le moment elle se méfie encore des gels nocturnes. Elle a raison.

   Il est temps de penser au coiffeur pour rafraîchir ma tête.

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Entre humeur et volonté, mon coeur balance...

11 Décembre 2024, 13:57pm

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Publié par Flora bis

   Temps de grisaille, temps accéléré des préparatifs de Noël, en y croyant envers et contre tout. Malgré les râles pessimistes et désabusés, on y croit dur comme fer, d'autant plus que le nombre de nos Noëls à accueillir encore se compte, au mieux, sur les deux mains... Pouvons-nous y ajouter les pieds?... Ce serait bien si... si la forme physique suit! Non seulement celle de nos pieds mais aussi de la tête.

   Suis-je pessimiste comme on a l'habitude de fustiger ma lucidité ?... " Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme de volonté! Tout homme qui se laisse aller est triste", assène Alain, paraphrasant Pascal ("Le pessimisme est affaire d'humeur, l'optimisme est affaire de volonté.") Ne serait-ce vraiment qu'une question d'humeur ou de volonté? J'ai beau vouloir ignorer les impératifs du temps qui file en accéléré, je n'ai aucun pouvoir de le freiner. Tout au plus dois-je travailler à remplir au mieux, le plus utilement et agréablement le laps imparti. En attendant, il me reste la méthode Coué, l'autosuggestion du brave Émile le pharmacien qui est devenu célèbre en suggérant qu'à force de répéter qu'on est heureux, cela finira par arriver. La phrase miracle est : "Tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux". Je ne me moque pas vraiment : il est devenu le précurseur de la pensée positive, si utilisée de nos jours. En d'autres temps, j'y aurais été bien plus sensible.

   J'ai l'habitude de répondre que j'ai été une indécrottable, congénitale optimiste! Jusqu'à ma rencontre avec Gilbert qui me traitait non pas d'optimiste mais "d'inconsciente"... Tandis que lui-même, aurait été non pas pessimiste mais simplement - lucide!

    Je me suis défendue longtemps, essayant de créer un équilibre fragile entre ces antagonismes mais sa maladie a emporté mes digues fragiles contre la souffrance. Depuis, je lutte contre la noyade sans vraiment savoir nager...

 

Dans une mosqué d'Istanbul, 1989, lavis d'encre

 

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Clint, le jeune homme de 94 ans

8 Octobre 2024, 12:52pm

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Publié par Flora bis

   Finie la semaine belle et clémente mais je suis contente d'en avoir profité. Les dernières roses rouges flamboient dans le jardin, contrairement au petit érable du Japon qui a mauvaise mine : je soupçonne les dégâts de la canicule... Je lui fais confiance, je l'encourage à résister, à se requinquer pendant le sommeil hivernal.

   Le soleil fait encore des tentatives anémiques pour briller jusqu'à 16-18 h, ensuite, il se couvre peu à peu. J'ai tout de même réussi à sécher deux lessives dimanche et lundi dehors, sur le fil, afin que les draps puissent absorber une dernière fois le parfum inimitable de l'été : un cocktail de verdure, de chaleur et de vent. Les radiateurs se mettent en route tout doucement...

   En cachette, je voudrais tant que cette douceur survive jusqu'à mon anniversaire comme un cadeau réconfortant, réparateur des angoisses sourdes, des douleurs persistantes, compagnons de route désormais.

   Je viens de lire une page attribuée à Clint Eastwood qui témoigne d'une inusable énergie créative à 94 ans. Son secret : ne pas laisser "le vieil homme" franchir le seuil de sa maison... En décrivant dans le détail les symptômes de la vieillesse résignée et geignarde (que je connais assez bien), il donne un coup de fouet salutaire au moral pâlissant.

   Au fait, dans mon entourage, j'en connais, des Clint Eastwood au féminin!...

 

  

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