Le blog de Flora

reminiscences

La Saint-Valentin

14 Février 2019, 19:09pm

Publié par Flora bis

   La Saint -Valentin... Je pense que même si j'avais eu l'occasion de la fêter encore (comme nous n'en avions pas l'habitude), j'aurais dû refuser restaurant et autre rituel dans l'état de fatigue qui est le mien. Cela ne me réjouit point...

   Néanmoins, je suis allée jusqu'à la boulangerie du coin pour acheter du pain frais. A la vue de la foule de gâteaux de toutes tailles, en forme de coeur comme il se doit, j'ai succombé à celui-ci, avec une délicieuse mousse de poire et glaçage caramel (j'ai un faible pour le caramel sous toutes ses formes...). 

   Alors, j'ai une pensée réjouie pour tous les amoureux! Ce sentiment est un vrai cadeau de la vie mais qui est aussi source de tant de tourments!... Je plains sincèrement les personnes qui constatent, au crépuscule de leur vie, qu'elles ne l'ont jamais rencontré. Leur existence en a été surement plus tranquille mais moins accomplie. 

   Avec le temps, lorsque l'incandescence laisse sa place à la braise, les vieux amoureux se tiendront la main devant la cheminée pour se réchauffer encore à la chaleur apaisée du souvenir... 

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Réveiller les fantômes

8 Février 2019, 17:01pm

Publié par Flora bis

   La mémoire est un travail, dit Boris Cyrulnik. Je le sens bien. Quelques heures de plongée archéologique de la sorte et je suis épuisée comme si je remontais du fond de la mine! Je puise dans mes entrailles, je gratte, j'érafle, je creuse... Ma tête est dans un étau... A quoi sert cette torture ? A qui profite-t-elle ? L'expression « ça me prend la tête » est très juste. Je fais cette auto-punition pour me sentir mieux après. Et ce n'est même pas dans un espoir narcissique puisque personne ne le lira... Abnégation, oui. Plaisir post-torture, nettement.

   Je fouille ma mémoire, dans le désordre... Je tente de réveiller mes fantômes... Ils étaient si familiers, si éternels... Ils semblaient indestructibles, inamovibles. Certains occupaient plus de place que d'autres. Les plus discrets, plus effacés, plus ternes se sont éclipsés, dociles, sans réclamer plus d'égard dans les regrets des survivants. A quoi tient cette sorte de longévité? Sans doute à l'espace que l'on occupe de notre vivant dans la vie des gens. Les casse-pieds, les emmerdeurs, les salauds nous envahissent autant que les saints, sinon plus.

   J'ai accompagné quelques uns dans la souffrance de la fin. Je ne pouvais m'empêcher de penser en les regardant : « tu es bien là, réel(le), tu souffres, tu penses, on échange des mots et des émotions sans paroles et bientôt, il ne restera rien de toi, rien de matériel, de sûr et palpable, rien que des souvenirs immatériels, de la mémoire changeante et incertaine... » 

   Toutes ces épreuves dont je suis témoin, me consument à moitié. Elles me reviennent à la figure comme une avalanche. Contrairement à mon père, à mon frère, partis sur la pointe des pieds, discrètement, laissant un vide douloureux mais dépourvu de cette image de souffrance crue. Avec plein d'égards pour moi, dans leur cercueil hermétiquement scellé bien avant mon arrivée.   

   Dois-je ressusciter les fantômes du passé ? Ces éléments mouvants ou immobiles de mon passé que je me figure, la plupart du temps, comme une scène où se déroulera ma vie... Il y a des figurants en attente de mon signal pour s'ébranler... L'éclairage est plein, tous les projecteurs allumés sur une ambiance solaire, alanguie de chaleur estival...

(ill. grands-parents paternels)

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De la nostalgie...

18 Janvier 2019, 19:16pm

Publié par Flora bis

"L'écriture n'est pas une fin en soi, elle est la nostalgie d'un ravissement."

(Yasmina Reza)

  Cent fois vrai pour moi. Il y a " la nostalgie" et il y aussi " le ravissement". Ils servent de moteur et de carburant, de terreau nourricier dans lequel peut s'épanouir le désir de l'écriture.

  Ma nostalgie me ramène invariablement vers les souvenirs heureux: de mon enfance, de la jeunesse où l'on se croit invincibles, où l'on a (presque) toutes les audaces. J'étais de nature plutôt prudente, peu téméraire, mes vingt ans m'ont vue pousser des ailes d'indépendance, une envie irrépressible de goûter à la vie, me suggérant "Tu as le droit!" Bien sûr, il ne faut pas imaginer des aventures extraordinaires dans les années 1960-70, dans les cadres étroits d'un régime communiste (même dans "la baraque la plus gaie du camps communiste", comme on appelait la Hongrie de cette époque de la consolidation ayant suivi la révolution de 1956). Nos révoltes et prises de risque étaient bien disciplinées, pour ne pas dire intimes et souterraines. N'empêche que cette sensation de "croquer la vie"  voire de "après moi le déluge" nous imprégnaient avec une force irrésistible. Mon ange gardien que j'ignorais encore superbement avait beaucoup de boulot qu'il accomplissait sans rancune.

   Et moi, sans le savoir, j'accumulais ce terreau nourricier...

 

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Noëls, Noël...

18 Décembre 2018, 19:21pm

Publié par Flora bis

    Sur la plupart des blogs hongrois que je fréquente, une ambiance de solennité discrète règne; les quatre bougies de l'Avent s'allument les unes après les autres, une par semaine jusqu'à Noël.

   Etonnante ferveur chrétienne dans mon pays natal! Je l'ai quitté à 26 ans, en plein régime communiste. Je n'ai jamais connu cette habitude, pas de couronne d'Avent, ni même de messe de minuit le 24 décembre. Pourtant, ma grand-mère m'obligeait à suivre une éducation religieuse avec catéchisme (je garde l'image du curé qui venait à l'école à vélo, en soutane attachée avec des pinces pour ne pas se la faire prendre dans les rayons), confessions et messes, jusqu'à mes 14 ans où j'ai eu le courage de dire non. Il faut dire que ma grand-mère elle-même n'allait presque jamais à l'église  -  est-ce la grande distance à pied qui la rebutait  -  toujours est-il que le sauvetage du salut des six âmes de la famille reposait sur mes frêles épaules. 

   Enfants, avec mon frère, nous avions des idées assez confuses de ce que nous attendions de Noël. Il était vaguement question de la naissance d'un bébé dans une étable parmi les bêtes, un petit Jésus qui, à peine né devenait adulte et nous apportait le sapin décoré et les cadeaux. Un enfant, finalement, ne s'étonne de rien, il remplit les cases vides à sa façon et accepte fort bien le flou artistique. Pas de crèche dans la maison, je l'ai connue bien plus tard, dans ma belle-famille, en France.

   

 

Je tiens beaucoup à cette fête qui ne revêt pour moi aucun aspect religieux. Je célèbre l'amour qui réunit la famille, la conscience de l'importance des liens qui nous rassemblent, qui sont parfois fragilisés, qui perdent des chaînons remplacés par d'autres, qui s'enrichit des "pièces rapportées" soudées aux autres de façon que l'on souhaite éternelle.

   

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Mi-décembre avec rhume

15 Décembre 2018, 17:49pm

Publié par Flora bis

Cathédrale de Laon, traces de polychromie

Cathédrale de Laon, traces de polychromie

   Dehors, la température avoisine le 0°. La neige n'est pas loin. Les fêtes de Noël et de Nouvel An approchent à grands pas. Un rhume monumental me bloque à la maison, ainsi, au lieu de courir la cohue commerciale, j'écoute le bruissement du grésil sur le toit. 

   Je feuillette mon journal de bord: que s'est-il passé il y a 1 an? 14 décembre  2017, jeudi: La consultation avec le dr B. a été ultra rapide! A peine le temps de m'assoir, "Montrez-moi ce sein", déboutonnage, reboutonnage et déjà dehors! Quelques bribes sur une réduction du nombre de séances (je n'ai rien compris, tant c'était rapide)... C'est stressant, tous ces "soignants" toujours pressés! On a l'impression de les déranger..."  Cela me ramène dans l'ambiance de la radiothérapie, les coups de barre qui ont suivi immanquablement, avec effet cumulatif, les trente séances. Tous les jours, sauf samedi, dimanche et jours fériés. Le cancer aussi a le droit de respirer...

   Un an est passé, à la vitesse de l'éclair. Je vis avec l'esprit presque libre, débarrassée des contrôles pesants et angoissants, avec la conscience toutefois d'être en sursis, que tout cela est provisoire... Peut-on être rassuré face au cancer?  Moi, je n'y arrive pas. Mes cahiers à spirale s'alignent sur l'étagère. Témoins de ma vie. Ils consignent le temps qui passe. Sans pouvoir le retenir, hélas. 

   

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Soleil de novembre à l'économie

29 Novembre 2018, 18:58pm

Publié par Flora bis

Soleil de novembre à l'économie

   Temps de fin de novembre: crachin insidieux, vent mordant et pénétrant... Le soleil rare a du mal à grimper au-dessus des toits des maisons d'en face, ses rayons parcimonieux passent rapidement sur un coin de meuble ou sur l'aiguière ottomane qui me ramène immanquablement dans la boutique exiguë et chaleureuse de Kato l'Arménien, au Bazar d'Istanbul.

   C'est un temps à se pelotonner dans la chaleur de sa maison et savourer la chance d'en avoir une. Le vent secoue les volets, les feuilles jaune vif d'un gingko biloba atterrissent sur la terrasse, venues de je ne sais quel jardin invisible.

   Avec le temps, on se calfeutre dans sa maison, dans sa solitude. Plus d'envie de remuer ciel et terre, courir le monde sans tenir compte de la fatigue (jadis inexistante), du froid ou de la canicule... Où sont passées la force, la confiance invincible en la vie, remplacées petit à petit par une sagesse frileuse qui la regarde se consumer en veilleuse...

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Mon sentier

23 Novembre 2018, 19:03pm

Publié par Flora bis

   Je suis fascinée par le temps qui passe... Tout en sachant que "le temps" n'est qu'une invention, une convention de l'esprit humain pour fixer les changements observés en lui, autour de lui.

   Il y'a quelques années, un test était très à la mode dans les fins de soirées. Il fallait répondre spontanément à des questions sur un parcours imaginaire, évoquant les premières images qui surgissaient dans notre tête. Je me souviens de la description de mon chemin et je dois avouer que cette description n'a presque pas changé depuis les quelques décennies écoulées. Je l'imaginais linéaire: un long sentier par endroit légèrement ondulé et dont on n'aperçoit pas la fin... Il avance dans une forêt plutôt claire et accueillante, bordé ici et là de quelques fleurs sauvages, belles dans leur simplicité sans ostentation... 

   Il ne faut pas être grand clerc pour déchiffrer ces images... Avec son apparente simplicité, son dépouillement sans prétention, mon sentier avance tout de même dans une forêt et non pas en rase campagne, ni en montagne ni au bord de l'eau... La forêt protège et la mienne n'est pas menaçante. J'avance en confiance, sans être exposée aux regards hostiles: seuls ceux qui m'accompagnent peuvent me voir.  

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Vache inspirante

17 Juin 2018, 12:00pm

Publié par Flora bis

"On ne gagne pas beaucoup à trop réfléchir sur sa destinée. La vraie philosophie consiste peut-être à traverser la vie avec la sérénité tranquille de l'animal broutant l'herbe du sentier qui le mène à l'abattoir."
(Gustave Bon, 1841-1931)

Dès la première lecture, cette citation a suscité en moi des images familières, celles de mes vacances d'été dépaysantes, années après années, chez mes grands-parents maternels. Je gardais la vache de ma tante pendant quelques semaines, signe de confiance et de responsabilité.

    "...la sérénité tranquille de l'animal broutant l'herbe..." Cette image est restée gravée dans ma mémoire. Certains jours, au lieu d'investir avec les autres adolescents la pâture municipale, je promenais la placide ruminante le long des sentiers, la tenant par une corde nouée autour de ses cornes, marchant à son rythme à quelques pas devant elle. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette occupation me plaisait beaucoup (j'aurais du mal à imaginer un ado de notre époque avec un smartphone greffé à sa main  -  et à ses yeux  -  promener une vache pendant des heures et heureux d'être plongé dans des pensées sereines...). J'alternais les jours avec les copains sur la pâture, discussions et parties de cartes, tandis que les vaches broutaient en groupe, et mes solitaires tête-à-tête avec la paisible blonde de ma tante. 

   L'adolescence... Je suis sûre que cette expérience qui se répétait d'année en année, a eu une influence importante sur l'adulte que je suis devenue. Le besoin de me retrouver dans une solitude apparente (la vache m'accompagnait et m'inspirait) pour mettre en ordre les morceaux du puzzle du monde autour de moi, des découvertes incessantes de cet univers réservé pendant longtemps aux adultes omniscients et omnipotents, des jeux de séductions et des pulsions à la fois attirantes et effrayantes, passant par des regards dérobés et recherchés, tout en étant entourée et sécurisée de l'affection débordante et infaillible de mes grands-parents, oncles et tantes... De longues heures de lectures solitaires dans la douceur de l'été, cachée dans le jardin de ma tante parmi les pieds de vigne, les dahlias et les grasses feuilles de betteraves...

   C'était l'initiation à une certaine philosophie... Traverser la vie avec la plus grande sérénité possible. (Il s'est avéré par la suite que ce ne serait pas toujours aussi évident.) Y tendre, du moins, au lieu de se torturer vainement. Le sentier mène, de toute façon, à l'abattoir.

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Ce n'est qu'un jeu de ballon rond...

11 Juin 2018, 16:12pm

Publié par Flora bis

   

   Au risque d'étonner  -  voire de faire fuir  -  quelques lecteurs, je voudrais parler de foot... C'est un peu le moment: nous sommes quelques uns à partager les souvenirs uniques de l'explosion de joie du 12 juillet 1998. Tout comme la rage de honte de l'épisode d'Afrique du Sud où l'équipe de France a touché le fond...  

   Non, je ne suis pas une passionnée du foot ni du sport en général (l'apparence est trompeuse!); d'ailleurs, je n'en suis pas fière... Avec Gilbert, j'ai pris l'habitude de suivre les événements sportifs à la télé. Il aimait presque tous les sports, il en pratiquait aussi mais avant tout, c'était l'esprit de l'exploit, du dépassement de soi qui le passionnaient. Depuis mon fauteuil, j'étais devenue une vraie spécialiste du rugby, de l'athlétisme, du vélo, du foot, du tennis, du ski, de la course automobile et j'en oublie...

   L'autre jour, j'ai regardé le documentaire sur la Coupe du Monde du Football 1998. Les champions d'il y a 20 ans, dégarnis ou grisonnants, quelque peu épaissis, évoquaient l'EVENEMENT de leur vie sportive. Avec, dans leurs regards, l'émotion d'il y a vingt ans, intacte. Tout comme dans le mien. Avec, plus d'une fois, des larmes aux yeux...

   L'atmosphère, plus que tiède du départ, s'est progressivement réchauffée jusqu'à la liesse populaire qui nous a emportés tous. J'ai revécu les moments poignants des matchs successifs, jamais gagnés d'avance, où nos compétiteurs devaient y croire en se surpassant pour franchir l'obstacle. Pour qu'ils puissent se retrouver 20 ans après et communier dans l'émotion et l'amitié inchangées, il a fallu un sentiment collectif (ce mot d'Aimé Jacquet tant raillé!) fort qui a transcendé les quelques individualités en vue. Il leur a fallu beaucoup d'humilité  -  à commencer par le sélectionneur malmené qui les avait protégés des critiques malveillantes des journalistes omniscients  -  aussi, pour les préserver de la grosse tête avant l'heure et pour garder la capacité d'émerveillement de ce qui leur arrivait! Cet émerveillement semblait encore vivant 20 ans plus tard, en eux aussi bien qu'en leur public...

   Je me souviens des clameurs, des rues envahies de notre petite ville, des visages en joie, bariolés de bleu-blanc-rouge, drapeaux à la main. La foule convergeait de partout vers la Place d'Armes et l'Hôtel de Ville où nous avons entamé spontanément la Marseillaise, sous l'oeil de Jean-Louis Borloo sorti sur le balcon. Des inconnus s'embrassaient. On était loin des menaces de toute sorte. La joie et la fierté étaient contagieuses, dépassant de loin une coupe du monde gagnée.

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Témoin fragile

23 Mai 2018, 11:31am

Publié par Flora bis

 

   Une vieille photo en noir/blanc si évocatrice pour moi! Elle saisit et fixe l'instant  -  pour l'éternité? Du moins, tant que ce petit bout de papier si périssable survit. Sans parler de la mémoire des vivants, encore plus fragile. Compter sur le virtuel? Il n'y a rien de plus impalpable, plus fuyant... Je suis sûre que mes arrières-petits-enfants n'y reconnaîtront plus personne. Nous serons devenus des fantômes anonymes d'un passé inconnu.

   Je crois bien que l'instant capturé est de l'été 1975. Le repère: mon petit neveu, né en 1974, sur le bras de mon père, au dernier rang. Sur la photo, il a presque 1 an. Sa petite soeur (déjà grand-mère!) 4 an et demi.

   C'était à l'occasion d'un repas de famille, gargantuesque comme d'habitude, chez ma tante, ronde et souriante au premier rang, avec son tablier. Nous sommes regroupés dans la cour, parmi ses géraniums. Mon frère sur la droite ne peut s'empêcher de grimacer pour ébrécher la solennité de l'instant. Il a le même âge que Gilbert, au dernier rang, avec des lunettes. Nous arrivons d'Algérie où nous venons de passer notre première année en poste. Ma mère, à côté de mon frère, n'a que 46 ans sur la photo...

   Tout le monde a le sourire, ma tante rayonne à l'occasion de rassembler les plus proches à son coeur: sa lignée de sang et quelques pièces rapportées qui ont aussi la cote tant qu'elles n'auront pas démérité... Alors, sa rancune sera sans limite et sans pitié... Cependant, sur cette photo, le bonheur est encore sans nuages. 

   Je fais le compte: sur les 12 personnes, il ne reste plus que 4 en vie. Plus moi qui tiens l'appareil-photo.

   La maison est vendue, il n'y a plus de géraniums rouges flambants au soleil... 

   Tout change, éternellement. C'est même le changement qu'est l'éternité.

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