Le blog de Flora

Ce n'est qu'un jeu de ballon rond...

11 Juin 2018, 16:12pm

Publié par Flora bis

   

   Au risque d'étonner  -  voire de faire fuir  -  quelques lecteurs, je voudrais parler de foot... C'est un peu le moment: nous sommes quelques uns à partager les souvenirs uniques de l'explosion de joie du 12 juillet 1998. Tout comme la rage de honte de l'épisode d'Afrique du Sud où l'équipe de France a touché le fond...  

   Non, je ne suis pas une passionnée du foot ni du sport en général (l'apparence est trompeuse!); d'ailleurs, je n'en suis pas fière... Avec Gilbert, j'ai pris l'habitude de suivre les événements sportifs à la télé. Il aimait presque tous les sports, il en pratiquait aussi mais avant tout, c'était l'esprit de l'exploit, du dépassement de soi qui le passionnaient. Depuis mon fauteuil, j'étais devenue une vraie spécialiste du rugby, de l'athlétisme, du vélo, du foot, du tennis, du ski, de la course automobile et j'en oublie...

   L'autre jour, j'ai regardé le documentaire sur la Coupe du Monde du Football 1998. Les champions d'il y a 20 ans, dégarnis ou grisonnants, quelque peu épaissis, évoquaient l'EVENEMENT de leur vie sportive. Avec, dans leurs regards, l'émotion d'il y a vingt ans, intacte. Tout comme dans le mien. Avec, plus d'une fois, des larmes aux yeux...

   L'atmosphère, plus que tiède du départ, s'est progressivement réchauffée jusqu'à la liesse populaire qui nous a emportés tous. J'ai revécu les moments poignants des matchs successifs, jamais gagnés d'avance, où nos compétiteurs devaient y croire en se surpassant pour franchir l'obstacle. Pour qu'ils puissent se retrouver 20 ans après et communier dans l'émotion et l'amitié inchangées, il a fallu un sentiment collectif (ce mot d'Aimé Jacquet tant raillé!) fort qui a transcendé les quelques individualités en vue. Il leur a fallu beaucoup d'humilité  -  à commencer par le sélectionneur malmené qui les avait protégés des critiques malveillantes des journalistes omniscients  -  aussi, pour les préserver de la grosse tête avant l'heure et pour garder la capacité d'émerveillement de ce qui leur arrivait! Cet émerveillement semblait encore vivant 20 ans plus tard, en eux aussi bien qu'en leur public...

   Je me souviens des clameurs, des rues envahies de notre petite ville, des visages en joie, bariolés de bleu-blanc-rouge, drapeaux à la main. La foule convergeait de partout vers la Place d'Armes et l'Hôtel de Ville où nous avons entamé spontanément la Marseillaise, sous l'oeil de Jean-Louis Borloo sorti sur le balcon. Des inconnus s'embrassaient. On était loin des menaces de toute sorte. La joie et la fierté étaient contagieuses, dépassant de loin une coupe du monde gagnée.

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