Soleil de novembre à l'économie
Temps de fin de novembre: crachin insidieux, vent mordant et pénétrant... Le soleil rare a du mal à grimper au-dessus des toits des maisons d'en face, ses rayons parcimonieux passent rapidement sur un coin de meuble ou sur l'aiguière ottomane qui me ramène immanquablement dans la boutique exiguë et chaleureuse de Kato l'Arménien, au Bazar d'Istanbul.
C'est un temps à se pelotonner dans la chaleur de sa maison et savourer la chance d'en avoir une. Le vent secoue les volets, les feuilles jaune vif d'un gingko biloba atterrissent sur la terrasse, venues de je ne sais quel jardin invisible.
Avec le temps, on se calfeutre dans sa maison, dans sa solitude. Plus d'envie de remuer ciel et terre, courir le monde sans tenir compte de la fatigue (jadis inexistante), du froid ou de la canicule... Où sont passées la force, la confiance invincible en la vie, remplacées petit à petit par une sagesse frileuse qui la regarde se consumer en veilleuse...
