Le blog de Flora

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Inspirations...

13 Février 2015, 18:22pm

Publié par Flora bis

Inspirations...

Replonger dans l'ambiance des grands salons... Durant dix années, tous les printemps, j'ai participé au Salon du Livre de Paris, pendant toute sa durée, sur le stand des Editeurs du Nord et du Pas-de-Calais.

Une ambiance particulière règne dans les foires du livre, un bruit de fond permanent, une effervescence continue, un tourbillon visuel qui vous interpellent sans relâche... Des rencontres, des échanges, des coups de coeur et des coups de pompes...

Cela va faire six ans que je n'y vais plus. J'ai décidé de me tourner vers des voyages intérieurs pour tenter d'en extraire les "retombées de poussière cosmique"... Expression pompeuse mais qui recouvre assez bien mes intentions, mes rêves...

Il en va de même pour les salons d'art. Pourtant, cet après-midi, j'ai fait un saut à la Foire de l'Art Contemporain de Lille. Parcourant les allées, l'ambiance familière m'a captivée de nouveau. La peinture, mon premier amour... Celui qui m'a saisie à jamais il y a plus de cinquante ans... Une énergie inouïe circule dans ces lieux, les tableaux l'émettent et l'envoient en écho d'une cimaise à l'autre, pour la concentrer sur vous... Vous décollez du sol, vous voltigez sur les ailes du désir de participer au concert de cette inspiration démultipliée!

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Petite escapade hivernale

4 Janvier 2015, 11:00am

Publié par Flora bis

Lisbonne au soleil de fin de décembre

Lisbonne au soleil de fin de décembre

Je tente de retenir les caresses du soleil portugais sur ma peau fatiguée de nordiste d'adoption... Six jours de Lisbonne - pour moi, une initiation - ne permettent qu'un aperçu sommaire de la vie des gens: mes longs séjours dans des pays étrangers m'en ont profondément convaincue. Il faut y vivre des années, partager le quotidien.

Pour une initiation, six jours suffiront. L'avion survole les collines qui descendent vers l'océan. L'estuaire du Tage (Tejo) majestueux devient si large qu'il se confond avec l'Atlantique... Nous découvrons les quartiers anciens, témoins d'un passé glorieux où le Portugal était le premier peuple navigant découvreur de voies maritimes nouvelles, possédant des territoires de plusieurs fois sa taille... Que reste-t-il de ce passé grandiose? Le saudade, mélancolie nourrie du sentiment d'appartenir à un même destin, nostalgique du passé mais dénué de désespoir pour le futur...

Le grand poète Pessoa exprime ainsi ce flottement intemporel:

Je ne suis rien.

Je ne serai jamais rien.

Je ne pense vouloir être rien.

A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.

Le touriste ordinaire néanmoins sensible foule les petits pavés des rues étroites qui escaladent les collines, parmi les façades délabrées mais imprégnées de la dignité d'une richesse d'antan, ornées des azulejos qui tombent, détaillées ensuite sur les étals des marchés aux puces. Le piéton partage les pavés avec le légendaire tram 28, dont l'unique voiture bondée brave la montée en pente raide, les taxis et les tuc-tuc vrombissants capables d'engloutir notre groupe de sept personnes... Le piéton se plaque contre le mur ou se dissimule dans les portes, afin de laisser passer le trafic. Personne ne s'énerve, la jovialité règne. Le Portugal supporte le poids de la crise avec la même dignité noble.

Petite escapade hivernalePetite escapade hivernale
Petite escapade hivernale

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Entre médiocrité et excellence

6 Novembre 2014, 12:24pm

Publié par Flora bis

Entre médiocrité et excellence

Dehors, soleil magnifique et rare, dedans, tourbillon de sentiments contradictoires... La lumière m'attire dehors comme un aimant mais l'écran est un appât puissant. Je jette un coup d'oeil rapide sur la page du 6 novembre de mon calendrier: "Il vaut mieux exceller en une chose que d'être médiocre en plusieurs" m'assène Pline le Jeune sa sagesse de presque 2000 ans.

Cher Pline, tu n'as pas besoin de me rappeler cette vérité qui me tarabuste depuis bien longtemps! D'éternité, choisir représentait pour moi de la torture des plus cruelles. Une curiosité insatiable me poussait dans plusieurs directions en même temps, m'empêchant de m'abîmer suffisamment dans un domaine pour y "exceller" comme le recommande Pline. Choisir entre la peinture ou l'écriture: dilemme quasi insurmontable. Les deux demandent un engagement sans partage. Les langues étrangères? Traduction, interprétariat? Enseignement? Aventure éditoriale? Autant de tentations auxquelles j'ai goûté. Forcément, en restant à la surface, sans pouvoir atteindre l'excellence de mes propres exigences.

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Novembre des chrysanthèmes

3 Novembre 2014, 18:05pm

Publié par Flora bis

Novembre des chrysanthèmes

Novembre a le parfum des chrysanthèmes, de la petite pluie incisive et du soleil timide. On embellit les cimetières: pour les rendre plus accueillants?... Pour déposer la pensée annuelle sur la tombe des disparus, comme une redevance morale et pour mieux les oublier ensuite à l'écart des tourbillons de la vie.

A-t-on besoin d'aller au cimetière pour laisser une place aux morts dans l'existence des vivants? Je ne le crois pas. Les miens, de plus en plus nombreux, me rendent visite souvent, sans pour autant m'empêcher de vivre. Bien au contraire: ils m'aident à prendre conscience de l'urgence de savourer ce qui reste de la vie, unique et irrattrapable.

J'observe les petits vieux qui, à pas comptés, arpentent les allées, appuyés sur une canne ou sur un bras plus jeune. Dans leur regard, je crois déchiffrer le réconfort très provisoire d'être encore là en visiteurs, ou la diligence de se familiariser avec, inéluctable, leur futur lieu de repos.

Je dépose mon pot de chrysanthèmes jaunes devant le marbre de Gilbert. Je sais pourquoi je suis là. Je comprends la raison profonde de son désir d'avoir un lieu pour ses cendres et de renoncer à les disperser finalement. "Je veux qu'on puisse me retrouver", disait-il. C'est vrai. Etre là, debout devant sa tombe, est un moment privilégié de communication par la pensée. Si profonde, si intime que ça donne le vertige...

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Mélancolie annuelle

5 Octobre 2014, 19:22pm

Publié par Flora bis

Mélancolie annuelle

A l'approche de mon anniversaire, presque tous les ans, je vis des jours un peu troubles. Parfois, ce n'est même pas vraiment conscient, seulement une impression de poids sur le coeur. Un sentiment d'insécurité, de mise en doute, de bilan plus ou moins bancal et décevant s'emparent de moi. Surtout depuis que j'ai franchi la barre de la soixantaine. Une sorte de prise de conscience de l'accélération du temps et de la nécessité de ne pas le laisser filer sans inscrire un signe - une preuve? - de son passage... Du moins dans ma mémoire. Une preuve minuscule néanmoins mémorable...

Ces tourments mélancoliques s'accordent parfaitement avec le milieu d'octobre de ma venue périlleuse au monde. Les jours raccourcissent avec la précision impitoyable d'une horloge suisse et nourrissent mon insatiable nostalgie pour le soleil, la lumière triomphante. Non, je ne suis pas une fille de l'automne, du jour déclinant, du repli sur l'hibernation! La grisaille, la petite pluie insistante et pénétrante m'exaspèrent et me plongent dans la mélancolie. En attendant le printemps, la nature perd son intérêt pour moi, jusqu'à ce que les premières tiédeurs du soleil commencent à la réveiller de nouveau.

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"C'est en forgeant..."

11 Juillet 2014, 20:09pm

Publié par Flora bis

"C'est en forgeant..."

Le blog change, imperceptiblement, il évolue avec nous, puisqu'il se nourrit de nous... De temps en temps, je cède à la tentation de revenir en arrière, pour piocher, au gré du hasard, parmi les sept cents et quelques articles publiés en six ans. Comment j'étais au commencement de ce blog? Ai-je, depuis, au moins frôlé la sérénité tant désirée, après un véritable séisme dans ma vie, survenu en 2006?... L'irruption de la solitude.

Ce vagabondage sur les pages anciennes permet de dresser un petit bilan. Incontestablement, j'ai le sentiment d'avoir progressé un peu dans le maniement de la langue française, ce merveilleux outil, souple et élégant qui, malgré sa grande rigueur, permet toutes les audaces. "C'est en forgeant...", bien sûr, mais je crois que je resterai une éternelle apprentie et cela me plaît. Cette perspective s'ouvre sur l'infini et je déteste les finitudes.

Le blog a réveillé en moi une formidable soif de l'écriture. Cette dernière reste encore en état embryonnaire à mon goût. Aurai-je le temps de la faire passer à l'adolescence ou à l'âge adulte, je ne sais pas. La barre est placée très haut.

Ecrire en français me permet de mettre de la distance entre mon sujet et mes émotions, ce qui m'est impossible dans ma langue maternelle. Et puis, mon sens critique est peut-être plus aigu en hongrois, tandis qu'en français, j'opère allègrement et sans crainte, tel le barbier de jadis qui arrachait des dents, inconscient du risque, sans l'ombre d'une hésitation...

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Echanges...

29 Juin 2014, 18:08pm

Publié par Flora bis

Echanges...

Cartésienne assez convaincue, j'ai du mal à adhérer à l'idée de la communion des esprits, celui des vivants avec celui des morts... J'ai vu la matière vivante produire des idées, des émotions grandioses et j'ai vu également cette matière devenir un amas inerte que l'esprit lumineux a déserté à jamais... Alors, j'en ai conclu que l'esprit n'était autre que le fonctionnement de la matière vivante et dès la mort (la transformation) de cette matière, l'esprit (le fonctionnement) cessait de même.

Hier, nous étions une bonne douzaine à entourer la tombe de Gilbert: des amis qui l'avaient connu, avec qui il avait partagé de grands moments d'émotions et d'idées. Petit à petit, instinctivement, nous avons resserré le cercle autour de la plaque de marbre, évoquant nos souvenirs communs. La pluie tombait, petit crachin insistant d'abord, puis de plus en plus dru. Les parapluies n'étaient plus de grand secours. Pourtant, personne n'avait envie de rompre la magie des échanges... Un instant, nous avions l'illusion que l'absent se mêlait à la conversation, du moins, il la suivait avec un petit sourire en coin... Pour la première fois, j'ai regretté de ne pas croire à l'existence réelle des esprits des défunts qui pourraient communiquer avec les vivants, encore en sursis...

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Plage de liberté

11 Juin 2014, 18:04pm

Publié par Flora bis

   Ce matin, j'ai ouvert la fenêtre sur un ciel bleu, tendu comme une toile immaculée au-dessus du jardin. Après les jours orageux, il annonce une plage de liberté si longtemps désirée.

   Empêtrée dans les contraintes que je me crée de mon plein gré, je ne cesse de languir après cette liberté qui me laisserait faire ce que je voudrais - à l'image de la plage infinie et ensoleillée qui ressurgit pour me hanter... Et je tourne autour des précieuses heures qui fuient, stériles.

   Les mots de Pilinszky me reviennent en mémoire. Ils sont tirés d'une lettre adressée à P. Emmanuel en 1967. Pilinszky se retrouve devant le dilemme de la tentation de rester en France ou de rentrer en Hongrie. Son effroi devant le vertige de la liberté m'est familier, en dépit du contexte différent:

"...Comme quelqu'un qui a trop longtemps désiré une chose et lorsqu'il peut enfin tendre la main pour l'atteindre, il s'aperçoit que sa main est inerte. (...) ...ce luxe me remplit d'effroi - du vertige paralysant de la liberté. Est-il possible que je ne puisse plus circuler que dans des couloirs de prison ?"

(traduction: moi-même)

Plage de liberté

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Éveil

29 Avril 2014, 19:41pm

Publié par Flora bis

Éveil

Avec la fin du mois d'avril, tout semble se réveiller: les lilas embaument le jardin, en passant leurs têtes, dans tous les tons du mauve, à travers les clôtures. J'adore humer l'air à la rosée du matin, tout comme au crépuscule... Les premiers boutons des rosiers éclosent, les oiseaux chantent, enivrés par le soleil, les parfums de l'air et l'appel des instincts à prolonger la race...

Et nous, au début de la pente descendante, plus du tout préoccupés par les urgences de la procréation? Le renouveau du printemps est un cadeau, nous jouons des prolongations, jouissons de la beauté de la vie, comme ça, gratuitement, sans autre obligation que de saisir cette manne tardive...

Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qui provoquait en moi le sentiment de gratitude. La personne étant très croyante, je suppose qu'elle attendait de moi une référence à Dieu. Ma première pensée a été le spectacle du soleil levant sur mon jardin...

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Un dimanche matin fait de petits riens...

9 Février 2014, 18:46pm

Publié par Flora bis

Un dimanche matin fait de petits riens...

Parfois, le soleil risque un coup d'oeil frileux sur le jardin, trempé, balayé par des coups de vent violents. J'y ai même accroché du linge à sécher: j'aime bien l'odeur de fraîcheur qui en émane lorsque je le rentre dans la maison calfeutrée.

Le camélia est couvert de boutons... Si l'hiver, le vrai, le glacial se décide à s'installer tardivement, il n'y aura pas de fleurs, pour la troisième année consécutive. Les boutons tomberont, noircis, stériles.

Je traîne en pyjama jusqu'à pas d'heure dans la matinée, comme les lève-tard aux nuits raccourcies... Je n'ai plus de compte à rendre à personne. Consolation appréciable qui devient rapidement une parcelle de liberté jalousement gardée.

Je suis en train de décrire un week end solitaire, fait de petits riens. Dans un rythme qui me rappelle certains films tournés au ralenti, comme dans un brouillard voulu poétique... mais il est peut-être seulement lugubre.

Parfois, l'étroitesse apparente de cette petite vie m'effraie... Pourtant, je m'y sens installée comme dans un repos réparateur après une vie trépidante et épuisante. Je savoure le calme, les caresses des rares rayons de soleil sur des détails familiers.

J'ouvre mon frigo pour me laisser tenter par un carrelet fraîchement acquis. Pendant que les petits légumes mijotent doucement "à l'étouffée", je monte à la salle-de-bains et j'ouvre la fenêtre de ma chambre sur l'avenue bruyante pour humer la couleur du jour...

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