Pour la paix
Même pas un an après le grand choc émotionnel du 7 janvier dernier... Nous sommes de nouveau plongés dans l'effroi des massacres, aveugles, fanatiques, obscures. Chacun de nous aurait pu être parmi ces gens profitant de la douceur d'un été indien tardif sur la terrasse d'un café, dans la chaleur d'un concert de rock ou dans la ferveur d'un match de foot.
Que se passe-t-il dans la tête de ces tueurs aveuglés, endoctrinés par des esprits mortifères, à tel point qu'ils préfèrent donner et se donner la mort au lieu de profiter de la beauté unique de la vie?
Cette fois-ci, ils ne se sont pas attaqués à une autre religion ni à l'humour en liberté. C'est une façon de vivre, une façon d'être et de concevoir la vie, avec ses joies et ses légèretés qu'ils voulaient anéantir. La musique, une sortie au restaurant - manifestations coupables et tentations diaboliques à leurs yeux fanatisés... Dans leur aveuglement égaré, ils ne peuvent le supporter. Ce sont des combattants de la mort car ils n'espèrent leur salut que des légendes douteuses d'un paradis hypothétique!
Ils espèrent également allumer le feu sournois de la suspicion entre les gens, contre cette mixité parfois si difficile à réussir. Surtout par temps de crise où celui qui vient d'ailleurs, qui transporte avec lui ses racines, sa langue, ses croyances - sa différence - représente non pas un enrichissement mais un danger: il vient pour manger mon pain...
Bien sûr, chacun doit faire un pas vers l'autre. Celui qui vient d'ailleurs doit s'acclimater avec un certain respect pour ceux qui le reçoivent. Inversement, l'hôte en place doit tendre la main pour que la rencontre demeure harmonieuse. Pour que tout le monde puisse se sentir chez soi, en paix.