Faut-il rêver?...
Hier soir, j'ai enfin pu regarder la rediffusion de "Faut pas rêver" de FR3 qui nous a fait voyager à travers la
Turquie... L'occasion de constater à quel point la nostalgie était toujours au rendez-vous, intacte. Après 22 ans...
Je me souviens de notre départ définitif, en juillet 1990, après un séjour de six ans. Notre voiture surchargée longeait les rives du Bosphore, par une journée ensoleillée. Je regardais la mer, étincelante, sillonnée par d'innombrables embarcations de toute taille, infatigables, et je pensais: il n'est pas possible que je voie ce spectacle que j'aimais tant, sans jamais m'en lasser, POUR LA DERNIÈRE FOIS! Et miracle: quelques minutes plus tard, nous nous sommes aperçus avoir oublié dans l'appartement d'Ata bey dont nous venions de rendre les clés, les sandwichs destinés pour le long voyage! Nous avons rebroussé chemin et ainsi, j'ai pu revoir mon cher Bosphore deux fois encore!
Nous y sommes retournés six ans plus tard, invités au mariage de deux anciens élèves de Gilbert. Nous avons revisité les endroits jadis familiers, constatant les changements, nous nous sommes replongés dans le fourmillement multicolore et bruissant. L'émotion ne m'a pas lâchée. Cependant, quelque chose manquait pour que la magie puisse pleinement opérer: nous n'étions plus que des "touristes"! Nous étions privés de ce sentiment chaud et délicat de "chez nous". Nous étions de passage. J'ai eu l'intime et douloureuse certitude que je ne pourrais plus retrouver la chaleureuse familiarité avec les gens et les lieux, seulement ses miettes dissoutes dans les vagues de nostalgie qui ne cessent de m'étreindre, sans doute à jamais...




