Le blog de Flora

etat des lieux

Au milieu de la tempête en plein été

22 Juillet 2016, 10:53am

Publié par Flora bis

Au milieu de la tempête en plein été

Peut-on s'habituer à l'horreur à l'état pur, essayant de la mettre à distance tant qu'on n'est pas directement touché?... Se résigner presque comme à une fatalité... Se courber sous la tempête, en attendant qu'elle se calme et disparaisse et que le beau temps ancien revienne.

Les forces extrêmes sonnent les clairons guerriers, appelant à plus de fermeté, à des mesures énergiques qui protègeraient efficacement les citoyens du pays. Surtout les bons citoyens, ceux qui méritent d'être Français, le prouvant par la pureté de leur origine, arbre généalogique à l'appui. Sans parler des racines chrétiennes...

L'ennemi est invisible. Il peut être le voisin paisible et discret, trop discret peut-être?... On dévisage sous cape le passant dont l'allure pourrait devenir un indice à suspicion. Dans les transports, on se regarde encore moins, pourtant, le métro ressemble déjà depuis des années à un bocal avec des individus mornes isolés dans leurs bulles hermétiques.

Et tous ces miséreux qui frappent à nos portes, qui risquent leur vie pour fuir une mort certaine ou pour le mirage d'un mieux être... L'instinct de survie...

Avons-nous mangé notre pain blanc ou y a-t-il un espoir pour le retour de la vie paisible, au milieu des menaces et des pronostics funestes: surpopulation, réchauffement, manque d'eau, d'énergie et de nourriture et des conflits violents inévitables qui en résultent?...

De réels espoirs et non pas des discours lénifiants...

(illustration: dessin de Lucie, 10 ans: "Feu d'artifice du 14 juillet 2016")

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Mon blog français a 8 ans

3 Juillet 2016, 18:53pm

Publié par Flora bis

Mon blog français a 8 ans

Mon blog a 8 ans aujourd'hui.

45 386 visiteurs uniques (c'est à dire, comptés une seule fois, même en cas de plusieurs passages dans la journée)

122122 pages vues (et combien d'écrites? Il faudra les comptabiliser un jour...)

Les statistiques ne sont pas destinées à battre des records d'audience: de simples indicateurs sur mon chemin personnel.

Ce blog - avec son alter ego, en hongrois, plus "jeune" d'un an - est devenu un point important de mon quotidien. En feuilletant ses pages, 8 ans de ma vie défilent devant moi. Un âge d'enfant qui me mène pourtant vers le crépuscule, voire la nuit...

J'ai commencé cet exercice assez tard, tout comme l'exercice de l'écriture, en somme. Gilbert, qui commençait à publier ses livres à la quarantaine, répétait souvent: "C'est trop tard pour moi... On ne se fait pas découvrir à l'âge-là où d'autres ont déjà une oeuvre derrière eux!"

Décourageant. Il en faut moins pour me dissuader à me prendre au sérieux. Surtout, en oscillant entre les incertitudes pour éviter les erreurs dans cette belle langue d'adoption, le français, qui permet tant d'audaces, tout en surveillant de près ses pièges pour braconniers...

Heureusement, le blog est de ce genre merveilleux qui permet d'être lu, encouragé ou pas, dans une grande liberté d'expression, sans le couperet de la guillotine d'un éditeur submergé de propositions dans un pays qui compte plus d'écrivains que de lecteurs...

(illustration: "Le chemin initiatique" par R. T.)

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Fête des Pères

20 Juin 2016, 18:07pm

Publié par Flora bis

Fête des Pères

Qu'est-ce qui fait qu'un seul week end, tout d'un coup, défroisse les plis de nos éreintements accumulés durant les semaines monotones et pluvieuses?...

La chaleur puisée auprès de mes enfants. Mon fils et sa famille.

Fête des pères. Les petites, excitées, vont chercher leurs cadeaux confectionnés en cachette, pleins d'amour et d'attention pour un papa dont je ne cesse de m'étonner et de m'émerveiller: comme il a grandi vite! Ma seule création qui vaille. J'en suis fière, très fière. Il est comme je l'ai rêvé avant sa naissance: beau, grand, intelligent, il a de l'humour et du coeur. Même à une époque sans échographie, j'ai toujours su que ce serait un garçon... Une certitude intime. Sans être particulièrement obsédée par l'idée d'avoir un garçon: j'aurais été tout aussi émerveillée par une petite fille.

Pour autant, je pense ne pas être une mère possessive. Je n'ai jamais considéré ma belle-fille comme une rivale. Je suis heureuse de leur vie et je ne souhaite qu'une chose: qu'elle continue ainsi jusqu'à la fin des temps!

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Les fleurs du désir...

21 Mai 2016, 19:49pm

Publié par Flora bis

Les fleurs du désir...

J'essaie de préparer ma participation à l'expo du groupe. Le couteau sur la gorge. Accrochage le 2 juin prochain.

Ce n'est pas une question de temps. Du temps, j'en ai eu beaucoup. Perdu.

C'est plutôt une histoire d'ENVIE, de DESIR... En relation étroite avec tout le reste de la vie.

On ne peut pas forcer le désir. Il surgit de lui-même ou pas du tout.

C'est une drôle de chose fragile, l'inspiration. Légère, elle vous effleure, vous essayez de la saisir au vol. Elle se dérobe...

Peut-être bien, faut-il plutôt nourrir le sol dans lequel on a envie de voir pousser ces fleurs exotiques et parfumées, ces fleurs du désir, dessins ou textes, en adéquation totale avec le plus profond de nous-mêmes...

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Soirée littéraire: "La correspondance"

13 Mai 2016, 12:13pm

Publié par Flora bis

Soirée littéraire: "La correspondance"

Mercredi soir, la pluie n'a pas découragé les participants de notre soirée littéraire. Ils sont arrivés passablement trempés, chargés de victuailles et des textes à partager! J'en suis toujours très touchée: il faut avoir envie d'affronter le temps orageux, la fatigue, le froid ou le verglas en hiver, de faire des kilomètres en pleine nuit, rien que pour écouter et lire des mots!

Le thème était "la correspondance" (j'y ai consacré une note sur ce blog en février dernier).

J'ai commencé avec une assez longue introduction, m'appuyant sur une conférence de Gilbert donnée en 2000 à Maubeuge. En hommage, redonnant vie à ses mots qui se sont éteints il y a bientôt 10 ans, le 7 juillet 2006.

Pendant plus de 2 heures, les lectures se succédaient... Lettres des poilus, Sartre et Beauvoir, Kathrin Kressmann Taylor, Georges Sand, Céline, Aragon... Vers 22h30, nous avons partagé la montagne de nourriture terrestre salée et sucrée, arrosée de bon vin et d'eau à bulles, dans un brouhaha joyeux, jusqu'à minuit passé!

Ai-je quitté vraiment ma peau d'enseignant de jadis quand je me lance dans ce genre de présentation?... Je crains que non. Dans le sens noble du terme. Il n'y a pas de leçon à donner ou à recevoir, pas de jugement, pas d'obligation de réciter quoi que ce soit. Dans mes propos, pas de déclaration "ex cathedra" d'une Vérité, unique et inébranlable, de ce qu'il faut penser. Que le plaisir du partage de ce que j'aime, de ce que j'estime être de la bonne nourriture qui ferait du bien à tous. A convaincre par l'exemple...

Partager le bonheur que les grands textes nous offrent.

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Des habits neufs

1 Mai 2016, 19:44pm

Publié par Flora bis

Des habits neufs

Quitte à lasser mes éventuels visiteurs à la bienveillance éprouvée, je n'ai pas pu résister à l'envie de partager la vue de mon petit érable du Japon exhibant son feuillage tout neuf dans le soleil couchant...

Le retour de la douceur, même avec le fond de l'air très frais, me donne toujours une grande bouffée d'énergie! Les enfants sont repartis avec les petites qui n'ont pas pu profiter du plein air sous une fraîcheur hivernale. Mais cela n'a pas réussi à entamer notre plaisir - à Alice et à moi - de nous retrouver ensemble dans la détente et la bonne humeur! Elle chantonnait du matin au soir, ce qui est tout même signe de bien-être! Nous avons joué, fait la cuisine ensemble, lu des histoires et révisé même quelques tables de multiplication. Ne boudons pas les plaisirs des devoirs de vacances non plus!

Je retrouve le silence total, propice à quelques travaux de réflexion et surtout, les délais pressants de la préparation de l'exposition du groupe qui débutera le 2 juin!

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Petite récompense

19 Avril 2016, 18:08pm

Publié par Flora bis

Petite récompense

Vers la fin de l'après-midi, aux alentour de 17 h, le ciel se découvre, le soleil inonde la terrasse et la moitié du jardin. Je m'installe à la petite table rouge avec mon café, mon journal de bord et le téléphone: il faut absolument que je m'accorde ce premier moment tant désiré au soleil, sur la terrasse! Les fleurs embaument l'air, les oiseaux chantent à tue-tête. Moment presque solennel tellement chargé de nostalgie, des mois de langueur sous un ciel de plomb, sous des crachins portés par des vents pénétrants...

J'ai terminé mon exposé sur le "nu", écrit et posté des lettres de réclamation recommandées purgeant 1 heure de queue à la poste, évacué des quantités de déchets verts, rien que pour vivre ce moment de plénitude exposant mon visage - que le visage, le vent est encore frisquet - aux caresses chaudes du soleil... Comme une récompense pour les jours de travail en apnée, pendant lesquels le stress me tenait sous pression...

Les contraintes que je m'impose... Je pourrais couler des jours tranquilles, accomplir quelques menues corvées indispensables, sans me mettre la pression... Ai-je besoin de préparer ma participation à l'expo du groupe dès le début de juin? Faut-il que je prenne une part active dans d'autres associations encore, ce qui m'impose de jongler avec des délais qui approchent dangereusement?...

La pression, oui. Celle de me sentir encore vivante.

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Sur les traces d'un dîner improvisé

15 Avril 2016, 19:26pm

Publié par Flora bis

Sur les traces d'un dîner improvisé

J'aime les dîners improvisés... Souvent, ils sont les plus réussis. De plus, pas vraiment "cordon bleu" mais plutôt perfectionniste, je n'ai pas ainsi le temps de tergiverser, hésiter, cogiter - comme tout Balance qui se respecte - au casse-tête du menu et aux angoisses qui l'accompagnent d'être à la hauteur!

Là, où je prends le plus de plaisir, c'est la composition des invités. J'aime réunir des gens, à organiser des rencontres, surtout quand j'ai le sentiment qu'elles réservent des échanges intéressants, enrichissants, de belles découvertes pour les uns et les autres. Je connais des personnes qui gardent jalousement leurs amis, de peur de se retrouver abandonnées, les amis séduits par d'autres. Je suis dépourvue de ce sentiment crispé; je pense qu'élargir le cercle des amis ne nous en prive pas, bien au contraire: chacun s'en trouve enrichi. J'aime les ambiances simples, sans "prise de tête", chaleureuses où la gaieté se mêle à des sujets graves et chacun a envie de s'exprimer.

Le dîner du mercredi soir était de cet ordre-là. On avait envie de se connaître mieux, de tisser des liens: nouveaux pour certains, familiers mais plus approfondis pour d'autres. Le lendemain matin, deux bouquets de tulipes, une jolie boîte et quelques madeleines témoignaient encore de l'ambiance de la veille, avec les vagues de chaleur dans le coeur.

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Un beau dimanche...

14 Mars 2016, 12:12pm

Publié par Flora bis

photo: Claire Debay
photo: Claire Debay

Apparemment, presque tout le monde a déserté hier les écrans de télé et d'ordinateurs... Bon signe, me disais-je en faisant comme tout le monde: partie avec des amies sous le drap tendu d'un bleu immaculé du ciel printanier, sous un soleil aveuglant tellement inhabituel qu'on n'y croit qu'à moitié!... Merci à l'anticyclone qui repousse l'humidité ordinaire, cadeau des Îles britanniques!

Quel beau dimanche! Nous nous retrouvons dans la salle d'exposition de notre amie Claire D. qui a sélectionné une bonne trentaine de ses photos superbes, prises à toutes les saisons dans les environs de Mons. Ce n'est pas la région la plus touristique de l'Europe: la Wallonie désertée de ses mines et de ses usines métallurgiques qui constituaient jadis sa principale richesse, souffre de la crise. Les photos de Claire, prises au bout d'un temps infini d'embuscade assise ou allongée dans l'herbe, guettant le moment fugace de l'apparition de la Beauté, unique et instantanée, du chevreuil surgissant, les oreilles dressées avec méfiance, dans le cercle dorée de la clairière; de l'oiseau minuscule se balançant sur l'épi de blé; l'aube pointant au-dessus du champ hivernal; ces arbres dénudés et solitaires attendant la saison des feuilles... ces photos montrent que la beauté est partout; il suffit de la voir et de la saisir...

Nous avons poursuivi avec un bon repas moules-frites dans un petit restaurant sympathique puis terminé chez des amis, incapables de nous rassasier du soleil qui s'en allait peu à peu parmi les arbres du jardin...

Un beau dimanche...

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Journée des Femmes

9 Mars 2016, 11:44am

Publié par Flora bis

Journée des Femmes

Il serait peut-être temps de descendre de mon petit nuage où j'étais perchée depuis lundi soir...

L'invitation à cette soirée de bienfaisance d'une association de femmes actives, je la connaissais depuis quelques mois. A l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, j'ai été censée, en compagnie d'une autre peintre et d'une écrivain-historienne et de cinq musiciennes, agrémenter le cadre et illustrer le programme, représentant des femmes qui créent...

J'ai donc accroché huit de mes dessins sur les cimaises de l'Avant-Scène de notre théâtre le Phénix (habitué à faire des expositions). Cependant, comme les organisateurs avaient estimé à l'époque mon parcours "atypique", j'ai été invité à l'exposer également, en 10 min. maximum, afin de pas fatiguer l'attention du public qui de toute façon, lâcherait l'affaire au-delà de ce délai.

Pas de problème, ayant l'habitude de prendre la parole en public depuis longtemps, je peux improviser, calibrer mon discours selon l'auditoire. Comme j'ai été présentée partageant mon temps entre l'écriture et dessin, j'ai décidé au dernier moment d'imprimer 2 pages pour illustrer et terminer mon propos.

Une bonne soixantaine de personnes remplissaient la salle. J'ai pris la parole dans le discret bruissement des conversations et des couverts. Progressivement, un silence palpable s'est installé.

Ces deux pages ont été écrites il y a une bonne dizaine d'années. Le début de l'écriture pour moi, peut-être bien. Je me souviens vivement de mes sensations d'alors, de m'être abandonnée avec confiance au pouvoir des mots: "Comment faire pour qu'un monde ressuscité très personnel ait un intérêt quelconque pour autrui? Qui plus est dans une langue d'adoption, invitée à être capable de traduire les sensations premières de l'enfance, le parfum particulier des acacias en fleurs un soir de printemps ou celui de l'herbe folle au bord du chemin, après l'averse... Ce parfum est celui d'un pays, celui d'une enfance. Et chaque pays, chaque enfance a le sien comme nulle part ailleurs."

Submergée des impressions ressuscitées alors, les mots affluaient irrésistiblement pour traduire le plus justement possible les strates enfouies des commencements... J'ai le souvenir d'une certaine ivresse première des mots, il y a dix ans.

J'ai dépassé le temps initialement imparti. Le silence profond, l'émotion à fleur de peau m'ont surprise. J'ai vite regagné ma place sous les applaudissements généreux.

Beaucoup de monde sont venus me parler après. Non seulement ils n'ont pas trouvé l'intervention trop longue mais ils ont regretté qu'elle ait prit fin...

(illustration: mon portrait par ma petite-fille Lucie, 10 ans)

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