Le blog de Flora

etat des lieux

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Soirée au Bar à Lire

13 Mars 2018, 18:10pm

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Publié par Flora bis

   En début de semaine, je prends mon temps, je le laisse s'étirer paresseusement comme si j'étais encore en mesure de gaspiller avec largesse le contenu de mon sablier... Vers la fin de la semaine, les choses s'accélèrent: vers midi, un rendez-vous plutôt ennuyeux, puis une soirée littéraire qui me consolera du premier. 

Muriel à la lecture

   La maisonnette très ancienne, rescapée rare des destructions des siècles passés abrite le Bar à Lire. Rien que le nom met l'eau à la bouche (et de fait, on n'y sert que des boissons sans alcool!). C'est là que notre talentueuse poète, Muriel a organisé la soirée autour du thème des femmes, date oblige. Sur les cimaises en briques rouges, les 17 tableaux de Cléa, artiste à l'univers coloré et féerique ont inspiré les poèmes de Muriel lus par elle-même. Le public ayant été invité à apporter des textes, je lis 5 "micro-fictions" au même sujet, pour contribuer à la soirée. J'en ai écrit une quarantaine, aux années 2011-12, en les considérant comme des gammes du pianiste débutant ou des exercices à la barre des danseurs apprentis, en attendant des projets plus ambitieux.

   A ma grande surprise, l'accueil du public est très chaleureux et cela fait du bien à ma confiance toujours prête à chanceler... On me demande même où on peut les trouver... Question saugrenue pour moi: je ne les ai jamais montrées à un éditeur, comme aucun de mes textes, et cela pour plusieurs raisons. "Sur mon blog", dis-je assez sobrement. 

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Echanger

19 Février 2018, 16:55pm

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Publié par Flora bis

   Je remonte les volets. Je constate  -  à la place, au moins pour un instant fugace, de l'image du Bosphore majestueuse, changeante scène de théâtre de mon quotidien pendant 6 ans  -  que l'asphalte brille de la pluie fine de la nuit... Le ciel de plomb confère aux briques rouges une tonalité plus sombre, en attendant que le soleil réchauffe à nouveau les façades austères du Nord.

   J'ai passé le week end chez les enfants. Les neuf personnes ont bien rempli la maison. Le soleil aussi était au rendez-vous, la promenade digestive, calibrée à mes jambes, raccourcie mais très agréable. Ajoutons les parties de cartes indispensables, tout comme les conversations, dans lesquelles je puise l'énergie pour les jours à venir. 

"Seul dans la foule", huile, R. T. 2004

   Je connais des gens verrouillés à l'échange. Se sentent-ils protégés, à l'abri dans l'hermétisme de leur silence, je ne le sais pas. Sont-ils impuissants, tout simplement, à forcer la carapace dans laquelle leur éducation, la culture familiale, environnementale les ont enfermés depuis leur enfance? 

   Je me dis: quelle chance j'ai à pouvoir faire confiance aux mots! Se livrer représente, certes, un risque, n'ayant pas la certitude si les personnes ainsi mises dans la confidence sont ou non dignes de celle-ci. Encore que, le dosage dépend de notre volonté. Libre à nous d'en fixer les limites. Mais les mots ont un pouvoir libérateur incroyable! Ils cicatrisent les blessures, transforment les plaies ouvertes en traces visibles mais qui cessent de nous faire souffrir à vif!

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Nouvelles expériences

1 Février 2018, 18:51pm

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Publié par Flora bis

   Une journée ensoleillée! Timidement, certes, mais ensoleillée. Cela a suffi pour me requinquer un peu le moral, remontant ma sérotonine au dessus du seuil critique. Cela m'a donné aussi l'impulsion encore faible et vague pour cesser enfin de disserter sur la grisaille, la petite pluie pénétrante et le jardin transformé en une éponge géante dans laquelle j'évite de m'enfoncer... 

   Le week end passé à Paris y est aussi pour beaucoup: une réunion associative enrichissante le vendredi soir et la chaleur de l'accueil des enfants samedi-dimanche. Dommage que le samedi ait été occupé en grande partie par plusieurs heures d'attente aux urgences où une phlébite aigüe m'a permis d'être plongée pour la première fois dans l'ambiance que je ne connaissais que par description... Pour positiver à l'instar de mon fils, ces quelques heures nous ont permis d'échanger amplement sur passé, présent et futur. Chose que je fais toujours avec grand plaisir en sa compagnie.

   Je suis rentrée dimanche soir, munie de 10 piqûres d'anticoagulants que je m'administre moi-même, au rythme d'une par jour. Un autre apprentissage. Tant que la curiosité reste intacte, tout comme la soif d'apprendre, notre parcours n'est pas tout à fait fini...!

 

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Début d'année gris

20 Janvier 2018, 11:20am

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Publié par Flora bis

 

   Près de 3 semaines sans revenir sur mon blog... J'étais pressée ou trop fatiguée, presque inerte au fond de mon fauteuil Ikea, à moitié allongée.

   Il faut avouer que le manque d'échos à mes notes n'encourage pas non plus à "crier dans le désert". J'ai beau me persuader que c'est un genre de "journal de bord public" qui s'écrit surtout pour moi. Justement: public, bouteille à la mer dont on espère qu'elle sera repêchée pour provoquer un échange furtif d'idées ou d'émotions... Rien: cela veut dire "sans intérêt"... On ne peut pas obliger les gens de s'y intéresser, c'est la liberté de la blogosphère, peu à peu dépassée par Facebook, plus rapide, plus superficiel aussi. Autant nourrir son cahier à spirales.

   Plus d'un mois sans un rayon de soleil non plus... Ces décembre-début janvier sont particulièrement oppressants. La fatigue des préparatifs et des fêtes, leur délice né des mêmes fêtes et de la proximité avec la famille, puis soudain, le grand vide animé juste par les séances quotidiennes d'une radiothérapie devenue de plus en plus pesante: tout cela sous un ciel de plomb implacable.

   Finalement, nous avons eu trois jours de soleil qui ont pris fin hier. Pour combien de temps? Les gens du nord, philosophes à force de n'avoir pas le choix (on ne peut tout de même pas se suicider collectivement par manque de sérotonine!) finissent par dire qu'ils préfèrent le grand ciel mouvementé avec le défilé incessant des nuages chargés de pluie à celui, uniformément bleu des contrées ensoleillées...! Je n'y arrive toujours pas. Au bout de bientôt 28 ans.

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Avant Noël

19 Décembre 2017, 10:36am

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Publié par Flora bis

   Presque 2 semaines sans écrire sur mon blog... Pour les quelques irréductibles qui reviennent

quand-même jour après jour pour laisser un petit caillou devant ma porte close, je voudrais noter que tous les jours, j'y pense, que j'essaie de m'y mettre mais le geste demeure suspendu avant de retomber, impuissant.

   Certains prétendent que c'est Mercure contrarié qui nous met des bâtons dans les roues et cela, jusqu'à mi-janvier. C'est mieux ainsi, au moins, nous savons que les contrariétés seront momentanées! Cela nous permet de patienter.

    Il y a tant à faire! Devant la montagne de plans à réaliser avant Noël, les stressés de mon espèces qui ont tendance à se noyer dans un verre d'eau (en hongrois, on dit même dans une cuillerée d'eau!) arrivent sous le sapin exténués, harassés, perclus de douleurs... Il faut donc d'urgence réaliser le miracle de la métamorphose en un être souriant, radieux, détendu, à l'aide d'une coiffure fraîchement arrangée, d'un maquillage léger mais efficace, d'un chemisier dernier cri ou sorti des mémoires ou d'un accessoire qui fera son effet. Tout en gardant un oeil discret sur les fourneaux, l'apéritif, la bonne température du vin et la table mise. 

   Et on y arrive! Car l'important n'est-il pas l'ambiance, l'excitation des enfants à ne pas décevoir, celle des adultes qui remiseront leurs ressentiments passés, leur fatigue à plus tard pour redevenir enfants pour une fraction du temps... Pour que l'ambiance soit celle des Noëls d'antan quand ils y croyaient encore... Cela vaut la peine. La magie fera son effet et laissera dans les coeurs une petite traînée de poudre dorée...

Joyeuses fêtes à tous!

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Fins de novembre festives

28 Novembre 2017, 19:42pm

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Publié par Flora bis

   Activités, festivités intenses... Les derniers jours de novembre, les 27-28, sont respectivement les jours d'anniversaire de Gilbert et de notre fils. Ce dernier a failli venir au monde le soir où nos amis s'étaient réunis pour fêter l'anniversaire de son père. Le champagne a dû rester au frais et nous, avec un léger trac au ventre, partis vers l'hôpital militaire français des forces alliées  d'occupation de Berlin-Ouest... Il est né le lendemain, en début d'après-midi.

   C'était il y a quarante ans. Pour moi, le sentiment d'un petit miracle demeure.

 

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Coussin en forme de coeur...

10 Novembre 2017, 18:52pm

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Publié par Flora bis

Ce petit coussin en forme de coeur m'accompagne, depuis deux semaines, jour et nuit. Surtout la nuit. Serré sous le bras droit, il amortit avec bonheur, la douleur brûlante.

Savez-vous, qui étaient les Amazones? Selon la légende, elles étaient des guerrières qui bannissaient les hommes de leur société et qui coupaient leur sein droit, afin d'être moins gênées pour tirer à l'arc en chevauchant.

Je n'ai jamais eu de velléité guerrière, ni d'animosité envers les hommes, pas plus que d'attirance pour le tir à l'arc. Même que j'ai une certaine méfiance pour approcher de près un cheval. Et pourtant, depuis le 27 octobre, je suis devenue une Amazone...

"C'est pour la bonne cause", m'a-t-on dit. Une question de vie ou de mort. Je le sais depuis bien plus d'un an.

Le plus difficile, c'est de faire face à ma nouvelle image. Je n'en ai pas encore eu le courage. 

Les accessoires trompe-l'oeil sont là pour duper le regard des autres, pour ne pas choquer, pour ne pas inspirer de la compassion teintée de frayeur. Ils ne peuvent pas tromper le mien. 

Je dois affronter un deuil. 

Deuil de quoi, deuil de qui?... De cette jeune femme qui restait si obstinément, si insensément ancrée dans ma tête...

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Un dimanche matin ensoleillé

23 Octobre 2017, 16:22pm

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Publié par Flora bis

   J'aime les matins de dimanche qui s'étirent comme des chats paresseux au soleil... On prend son temps pour tout: pour quitter lit et pyjama, pour se réunir autour de la table du petit déjeuner où le café et le chocolat chaud donnent le premier coup de fouet à la conversation effervescente. Grands-parents, parents et enfants y contribuent, partageant impressions et tartines au beurre, baguette croquante et croissants frais qui arrivent miraculeusement, encore tièdes et parfumés...

   Après le déjeuner  -  et comme le repas est prêt à l'avance  -  chacun choisit la détente à sa guise: lecture ou mots croisés, premiers messages à déchiffrer sur son téléphone, tour de vélo dans la forêt  -  ou la prise de cette photo qui me rappellera toujours ce dimanche ensoleillé de fin d'octobre, anniversaire de ma petite-fille Alice...

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Consigne

6 Septembre 2017, 17:56pm

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Publié par Flora bis

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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Partir... et revenir

10 Août 2017, 10:57am

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Publié par Flora bis

"Partir, c'est mourir un peu..." dit le poète devenu un illustre inconnu, Edmond Haraucourt (1856-1941), dans son célèbre "Rondel de l'adieu", repris depuis à d'innombrables fois, attribué à des célébrités, tout en oubliant son auteur. C'est ainsi que le poème dépasse son géniteur...

Le facétieux Alphonse Allais l'a complété: "Partir, c'est mourir un peu... mais mourir, c'est partir beaucoup." J'aimerais rester encore...

Je n'avais pas une envie irrépressible de prendre la route puis l'avion, en cette fin de juillet qui me trouvait dans un état de grande fatigue, de surcroît, vers la Hongrie où sévissait une canicule implacable. Mais la perspective de passer une douzaine de jours avec les enfants et la famille de là-bas  -  plutôt, ce qui en reste  -  a été plus tentante. Et je ne regrette rien (pour rester dans la chanson, impérissable). Mes délicieuses petites-filles dont la compagnie est un pur bonheur, mon fils et ma belle-fille et leur délicate sollicitude, ma belle-soeur, veuve de mon frère depuis 14 ans déjà mais toujours aussi chaleureuse et disponible, mon neveu qui porte sur ses épaules les soucis de tout le monde, calme et sensible, drôle et fin, sa femme et son insouciance rieuse, leurs enfants ados, bref, les repas familiaux se succédaient, panachés de promenades et de baignades, en piscine ou au bord sablonneux de la Tisza, notre rivière blonde... Sans oublier quelques acquisitions livresques, nourriture en langue maternelle de la meilleure source, pour l'année à venir.

Mon cahier à spirale fixe cette confrontation toujours empreinte de nostalgie avec la première partie de ma vie:

"... cette maison est imprégnée des fantômes de ma mère, de mon père, de mon frère  -  et de Gilbert aussi  -  ils s'échappent des murs, des fauteuils où leurs empreintes sont encore chaudes, des assiettes en céramique au mur, du lino usagé du sol de la cuisine, des rideaux en dentelle, des poêles à gaz des chambres... Il n'y a qu'ici que ce passé lourd et léger, inconscient parfois, me saute à la figure. Où est le présent et encore plus, l'avenir?... J'ai arrosé la cour. Je m'assois à la petite table ronde en béton, confectionnée par mon père, sous la tonnelle renaissante. Elle est presque brûlante. C'était important de m'asseoir encore ici, avec mon cahier. Il fallait attendre la fin de la journée pour éviter le plein cagnard mais les murs et la table exhalent la chaleur. Je ruisselle... Cette table est inspirante."

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