Mélancolie annuelle
A l'approche de mon anniversaire, presque tous les ans, je vis des jours un peu troubles. Parfois, ce n'est même pas vraiment conscient, seulement une impression de poids sur le coeur. Un sentiment d'insécurité, de mise en doute, de bilan plus ou moins bancal et décevant s'emparent de moi. Surtout depuis que j'ai franchi la barre de la soixantaine. Une sorte de prise de conscience de l'accélération du temps et de la nécessité de ne pas le laisser filer sans inscrire un signe - une preuve? - de son passage... Du moins dans ma mémoire. Une preuve minuscule néanmoins mémorable...
Ces tourments mélancoliques s'accordent parfaitement avec le milieu d'octobre de ma venue périlleuse au monde. Les jours raccourcissent avec la précision impitoyable d'une horloge suisse et nourrissent mon insatiable nostalgie pour le soleil, la lumière triomphante. Non, je ne suis pas une fille de l'automne, du jour déclinant, du repli sur l'hibernation! La grisaille, la petite pluie insistante et pénétrante m'exaspèrent et me plongent dans la mélancolie. En attendant le printemps, la nature perd son intérêt pour moi, jusqu'à ce que les premières tiédeurs du soleil commencent à la réveiller de nouveau.