Cinquième semaine - quelques réflexions inutiles
Cinquième semaine. Hier soir, le président de la république a annoncé dans son discours ce que nous pressentions tous: le déconfinement ne débuterait pas avant le 11 mai. (Tiens, "déconfinement" : ces notions nouvelles deviennent si vite familières!)
Ce n'était pas inattendu mais la frustration, l'impatience de certains - et parmi eux, il y en a qui ne sont pas les plus mal lotis avec grande maison, jardin - s'expriment en contestation: il faut descendre dans la rue, réclamer notre dû, masques, tests, liberté de circuler, la vie comme avant mais en mieux! Le pouvoir ne fait que de mentir, c'est de leur faute si on en est arrivés là... (d'autres "complotistes" plus radicaux n'hésitent pas à reprocher aux puissants un "lâcher de virus" afin de mieux museler la foule de soumis et d'opprimés.)
Certes, il sera légitime de demander des responsabilités aux décideurs de ces dernières décennies qui ont forcé la transformation de la gestion de la santé en une entreprise qui doit gagner du fric au lieu d'en dépenser... Et même ainsi, et grâce au dévouement du personnel soignant, ce système a réussi à faire face à la tempête virale. En prenant soin de façon égale des riches et des pauvres.
Je manque peut-être de veine révolutionnaire (quelque peu échaudée par une jeunesse dans un système communiste) mais je fonce rarement sans réflexion, tête baissée aux premiers slogans appelant à casser "ceux d'en face"... Cela ne veut pas dire d'applaudir à l'arrogant mépris de ceux qui étalent leur richesse, leur toute puissance sans partage, qui fraudent de façon éhontée ou qui le cachent pudiquement pour ne pas se faire remarquer... Dans une démocratie même imparfaite, il y a la loi qui doit protéger tous les citoyens, surtout les plus démunis qui n'ont pas d'autres moyens pour se défendre.






