Le blog de Flora

tous les jours

Positiver

18 Juillet 2022, 10:03am

Publié par Flora bis

   Cela va faire une semaine que la solitude m'a retrouvée.

   Dans l'intervalle, j'ai fait le plein à ras bord de la conversation, de plus, dans ma langue maternelle, ce qui m'arrive, en temps normal, très rarement. Cette gymnastique m'a fait du bien, secouant mes cellules grises depuis trop longtemps alanguies, la canicule aggravant leur cas.

   La canicule! Je sais qu'il faut me mettre désormais à l'abri, et cela me fait miroiter la perspective peu joyeuse du rétrécissement progressif de mes plates-bandes déjà relativement modestes... D'accord, je suis une grande résiliente dont je suis la seule à connaître les vraies capacités et performances. Mais ces perspectives, déjà bien écornées par les nouvelles catastrophistes du monde qui pleuvent sur nous des média, finissent par entamer le moral.

   Pourtant, je lutte! J'essaie de trouver du réconfort, du plaisir même dans le moindre petit détail qui me tombe sous les yeux, sous la main, non sans remarquer la supercherie: suivre les conseils des gourous modernes qui s'emploient à nous inculquer de nous contenter du minimum, laissant le plus gros à ceux qui en ont déjà trop!... A nous, les plaisirs minuscules, nous avons la capacité de les voir, de les mériter... Ils sont à notre portée, il suffit de... Sinon, tant pis pour nous, ce sera de notre faute!...

   Je regarde les fleurs sur ma terrasse. Je les place du côté nord-ouest, dans l'ombre, je les arrose soigneusement. Je regarde les rosiers en train de griller du côté opposé, malgré les soins que j'essaie de leur apporter. Certes, je peux encore dîner sous le parasol, regarder les paysages du Tour de France... Grâce à la canicule, je ne suis pas appelée irrésistiblement dehors par le beau temps d'habitude si rare dans notre Nord...

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Un monde masqué

25 Mars 2021, 19:01pm

Publié par Flora bis

   Au bout d'un an, je supporte toujours péniblement le masque, il m'étouffe, je respire mal : dès que je peux, je m'en libère. Néanmoins, avant Noël, pendant quelques jours très désagréables, le port d'un masque m'était d'un grand réconfort. Un abcès sur une dent de sagesse m'a gonflé la joue gauche et, en attendant d'être secourue par mon dentiste, j'étais bien contente de pouvoir dissimuler la déformation. Cet incident m'a inspiré quelques réflexions sur l'utilité de ce bout de tissu, au-delà de faire barrage aux virus.

   J'ai déjà écrit au sujet des masques, des vrais et des symboliques, de leur signification, de la nécessité de se cacher sous un masque invisible qui, peu à peu, devient un visage de circonstance, selon nos métiers, selon les situations de la vie sociale ou simplement au gré de nos états d'âme...

   Depuis la pandémie, ce masque abstrait, symbolique est devenu bien concret, un cache qui ne laisse voir que les yeux. Le regard prend ainsi beaucoup plus d'importance : seul point d'encrage pour sonder le fond de la pensée de l'autre. Il devient impossible de fuir le regard de l'interlocuteur, en fixant légèrement "à côté", la bouche ou le front, les boucles d'oreilles ou d'autres échappatoires... Restent les yeux, unique contact. Impossible de savoir si l'autre sourit : la bienveillance ou l'hostilité, voire l'indifférence de son accueil demeurent cachées devant nous. Nous ne pourrions même pas le (la) reconnaître sans masque. Nous pouvons seulement l'imaginer, y ajouter les détails manquants. De cette façon, si les circonstances permettent d'ôter le masque, la découverte d'un visage nu et inconnu peut nous réserver des surprises... "Je savais que le bien comme le mal est affaire de routine, que le temporaire se prolonge, que l'extérieur s'infiltre au-dedans, et que le masque, à la longue, devient visage." (Marguerite Yourcenar: "Mémoires d'Hadrien")

   

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Des tics et des tocs...

7 Décembre 2020, 19:34pm

Publié par Flora bis

   Il y a des étrangers qui apprennent le français à l'école, à la fac et d'autres qui l'apprennent "sur le tas", dans le bain vivant de la langue. Dans le premier cas, on s'initie à une langue châtiée, en étant confronté à d'innombrables règles grammaticales, linguistiques. Approche difficile qui, parfois, ne sert pas vraiment à demander son chemin dans le pays!... L'autre solution  -  que beaucoup d'immigrés connaissent  -  c'est d'être jeté dans le bain, d'absorber une langue comme une éponge. Ce deuxième abord très empirique permet de se débrouiller plus rapidement dans la vie de tous les jours, ignorant la plupart du temps les nuances et les règles de la langue que l'on essaye de conquérir.

   En ce qui me concerne, j'ai commencé par la première méthode, enrichie par la seconde en rencontrant mon futur mari. Je me souviens encore du sentiment douloureux de manquer parfois de mots pour exprimer ma pensée le plus justement possible. Ce souci de justesse ne me quittera jamais.

   Les hasards de la vie ont fait que le français est devenu non seulement mon métier mais aussi ma langue de tous les jours. Nous nous sommes adoptés mutuellement mais je suis consciente que cette adoption me demandera du travail jusqu'à la fin de ma vie... Un travail jamais ennuyeux et très enrichissant.

   Dans la vie quotidienne, j'ai souvent les oreilles écorchées par les incorrections commises par snobisme ou négligences que l'on inflige à cette belle langue française. Comme si certains n'étaient même pas conscients de ses richesses infinies, ils agitent les 500 mots de vocabulaire squelettique qu'ils possèdent. Depuis un moment, l'envie me pousse à faire un petit bouquet non exhaustif de ces tics envahissants qui se propagent par mimétisme comme une incendie de forêt en été. De quoi je me mêle? De quel droit oserais-je épingler les défauts de natifs chanceux qui absorbent leur langue maternelle avec le biberon? D'autant plus que j'ai trop conscience de mes propres faiblesses et fragilités.

"ça va le faire", "pas de souci", "du coup", "en fait", "j'ai envie de dire", "on va dire ça comme ça", "focus", "genre", "en mode..." etc, etc... Ce sont souvent des expression "bouche-trou" pour meubler la conversation.

  En général par snobisme, les anglicismes, américanismes envahissent l'espace de la communication, la "cyber-espace" du bureau. Certains s'enracinent, d'autres essaient de le faire même s'il y a l'équivalent en français. Les "brainstorming", "call-conf", "management" et autres "challenges" hésitant entre anglais et français dans la prononciation, alors qu'un simple "défi" serait plus court pour ce dernier... Mais le plus horripilant est ailleurs: des petits monstres nés ces derniers temps dans les cerveaux technocratiques, repris par les média serviles et par le grand public soucieux d'être "in".

   Commençons par l'adjectif "compliqué". Essayez de tendre l'oreille: combien de fois l'entendez-vous dans la journée et à toutes les sauces? Il remplace tous les synonymes, faisant fi aux nuances de la gravité qu'il voudrait préciser. Plus de place pour "difficile", "complexe", "pénible", "grave", "délicat" et beaucoup d'autres nuances qui sont balayées par le seul choix qui s'impose. L'autre paire de jumeaux monstrueux mis au monde par la Covid : "présentiel" et "distanciel". Ils prospèrent et se répandent comme une pandémie. Ils font pâlir leurs aînés : "On est sur une commode Restauration" dit le commissaire priseur imbu de sa science. "Suite à notre conversation d'hier..." au lieu de "A la suite de notre conversation"... semble prendre racine. Ne parlons même pas de "au niveau de..." ou pire encore, "niveau efficacité, on est (au) top"... Quand on ne sait plus comment relier les éléments du syntaxe...

   Pour ma part, je reste avec Erasme de Rotterdam qui a dit: " La maîtrise de la langue est primordiale. Sans elle, on ne peut maîtriser le monde."  Langage riche et limpide = pensée riche et limpide, ajouterais-je volontiers.

 

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La Toile...

11 Novembre 2020, 11:34am

Publié par Flora bis

   Hier matin, à la suite d'un mystérieux cafouillage, ma page Facebook s'est mise à se dérégler (plus familièrement, je dirais "déconner" car ce mot exprime mieux le désarroi et la colère que j'ai éprouvés). Ai-je fait un geste rapide et erroné qui me plonge habituellement dans des affres imprévisibles et souvent insurmontables? Piratage? Avec le danger d'attirer d'autres dans le piège! Peu à peu, tout se bloque, puis d'autres propositions suspectes apparaissent pour m'enfoncer encore plus dans la panique!... Personne autour de moi pour me tirer du mauvais pas. J'hésite à solliciter mon fils très pris par son travail. Je passe des heures à essayer de m'en dépêtrer... 

   La solution m'effleure: et si c'était un signe pour quitter définitivement les réseaux sociaux? On en dit tant de mal, de ce monstre qui enfle de jour en jour, non maîtrisable, contradictoire, soufflant tour à tour la haine dévastatrice et meurtrière et la chaleur amicale, vivifiante, les merveilles de la création humaine... Devenu totalement addictif, il tend à remplacer la vraie vie: pas besoin de se déplacer (interdit même!), le monde entier est à un clic! Les "j'aime" et "j'adore" agissent comme des bonbons de récompense, voire des "doudous" réconfortants pour notre ego malmené (selon les psychiatres, ils mobilisent les mêmes connexions neuronales du cerveau) qui mènent à l'addiction. 

famille hongroise, famille française...

   Vers 20 h, mon fils me rappelle enfin pour me sortir de l'ornière, en deux temps, trois mouvements.  Je replonge avec soulagement dans le bain anesthésiant... Ma solitude est de nouveau peuplée, les murmures incessants de la Toile qui ne dort jamais remplissent les sensations du vide, créé par l'absence de la "vraie vie", les caresses manquantes et les regards qui ne sauveront pas... 

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Tout-venant

14 Juillet 2020, 17:42pm

Publié par Flora bis

   Les maniaques des blocs-notes, des agendas, des cahiers de toute taille me comprendront. Moi-même, j'en possède un certain nombre (offerts ou choisis), destinés à des tâches différentes: un petit dans le sac à main pour meubler des attentes imposées, épisodiques, dans les salles d'attente médicales, trajets en train ou en avion, pour laisser des traces des ambiances que je pourrais ressusciter plus tard, intactes; d'autres, plus grands, pour mes "journaux de bord", afin de consigner jour après jour, le temps qui s'enfuit.

   J'en ai un troisième, sous le coude, à mon bureau, près de l'ordinateur: il s'appelle "Zap Book, 100% recycled", 320 pages sans lignes ni carreaux, reliées à spirale, couverture vert vif. J'étais contente de ma trouvaille, de son papier grisâtre recyclé, de son épaisseur qui me promettait quelques années d'usage. Sa destination est spéciale et indispensable: "cahier pour le tout-venant" l'ai-je baptisé presqu'aussitôt. Ce nom m'a réjouie: cela veut dire  -  Liberté! Je peux noter des choses comme elles viennent, comme elles passent dans ma vie, dans ma tête, sans prédestination, sans organisation, sans autre but que de les retrouver plus tard, au hasard, en musardant parmi les pages... Cette joyeuse anarchie sans contrainte permet de fixer les choses importantes  au moment précis où elles passent car elle fixe surtout la couleur du moment.

   Petit échantillon pèle-mêle, au fil des pages, en français ou en hongrois, dans un fouillis jouissif: quelques astuces de l'utilisation du vinaigre blanc ou de la coquille d'oeuf concassée; esquisse d'un projet de roman; citations sur le désir; la recette de la Génoise et celle de la fameuse soupe aux carottes et au gingembre d'Evelyne; de la correspondance de Kafka et de Milena; étude du style de L. Slimani et de la peinture d'Alechinsky; compte des points d'une partie de Whist familiale;  archétypes de Mères; citations sur le silence... Etc... etc...

Mon jardin "fouillis"...

 

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Apprentissage...

7 Mai 2020, 10:07am

Publié par Flora bis

   J'aimerais bien que les sujets redeviennent un peu plus variés... Les média ne bruissent que d'une unique préoccupation: du coronavirus sous toutes les coutures, jusqu'à la saturation totale! Je ne dis pas qu'il faut cacher ou omettre les informations nécessaires à ce sujet mais en remplir le moindre interstice de notre vie finira par être contre-productif! Dans les cas extrêmes, les uns sombrent dans la léthargie, ferment les écoutilles, tandis que d'autres, en proie à des peurs apocalyptiques, non seulement respectent les prescriptions à la lettre, surenchérissent même jusqu'au ridicule, et la moindre faille  -  à leur goût  -  chez quelqu'un déclenche leur agressivité démesurée... Une fois de plus, je reste adepte de la modération. De grâce, un peu de bon sens!

moi entre 3 et 4 ans... confiante, curieuse

 

 

 

Est-il possible de parler d'autre chose? Nous sommes alourdis d'angoisses, de désorientation spatio-temporelle, de surexplications scientifiques, de polémiques en embuscade, prêtes à surgir à la moindre occasion. J'ai beau me retourner vers des paysages d'un autre âge, celui de la confiance et de l'insouciance, les souvenirs ensoleillés s'enfuient pour me laisser au milieu de la broussaille des confusions ou pire, du désert aride... 

   

 

On entrouvre les portes du confinement, parfois au choix, assortissant la possibilité de bon nombre de précautions aux risques funestes... J'ai vu à la télévision des interviews de confinés  -  parmi ceux qui peuvent le faire  -,  déclarant qu'ils optent pour rester au fond de la tanière qu'ils ont fini par apprivoiser, bien au chaud, protégés du monde extérieur, truffé de dangers imprévisibles... Réapprendrons-nous un jour à franchir la distance de la méfiance sans peur?...

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Un mince filet de vie

16 Mars 2020, 10:56am

Publié par Flora bis

    Depuis quelque temps, nous avons l'impression d'être sur la partie descendante d'une montagne russe... Peu à peu, sa vitesse augmente par le poids de l'inertie, des nouvelles de plus en plus alarmantes portent des coups successifs au moral jusque, parfois, au sentiment de panique. De surcroît, on vous dit que vous n'avez encore rien vu, que ce n'est que le début.

    Je suis désormais dans la "zone rouge", celle des personnes à l'âge critique (bizarre, jusqu'ici, je me sentais encore relativement jeune!), constat aggravé par des problèmes de santé annexes. Je vis seule, je dois donc m'exposer de temps en temps  -  pour survivre, justement! Beau paradoxe! Je pense à ceux qui mourront, peut-être, entourés de leurs paquets de nouilles et de rouleaux de papiers toilettes innombrables, impérissables, il est vrai, à laisser à leurs héritiers!...

    Les bruits courent que nous serons bientôt confinés à la maison, comme en "résidence surveillée", sans avoir les millions, voire les milliards mis à l'abri d'un Carlos Ghosn pour en échapper ou pour la rendre "dorée". En ce qui me concerne, cela fait assez longtemps que je pratique le confinement et la solitude, pour essayer de m'en accommoder. Heureusement, il y a l'Internet et le téléphone pour garder un mince tuyau d'oxygène avec le monde extérieur.

   Nous comprendrons rapidement, que les petits plaisirs insignifiants, la liberté minuscule que l'on évoquait en râlant, même les corvées pesantes qui en découlaient constituent une part très précieuse de notre existence...

   

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Semaine en crescendo

3 Novembre 2019, 11:22am

Publié par Flora bis

   Débutée comme le temps automnal : un jour le soleil pâle accompagné du vent frais entreprend à dénuder les arbres qui résistent coûte que coûte, le lendemain, la pluie fine et interminable, si familière dans notre région s'installe pour toute une semaine... C'est ainsi que mon pot de chrysanthème jaune attend toujours sur la terrasse... Vendredi-samedi-dimanche, l'accès au cimetière était interdit aux voitures. Et le trajet, si facile à pied il y a quelques mois encore m'est désormais quasi impossible... J'attendrai donc le début de la semaine prochaine. De toute façon, Gilbert était peu sensible aux fleurs, il patientera sans peine...

   Je sais maintenant comment se passe une scintigraphie. Elle ressemble au TEPScan, avec piqûre légèrement radioactive préalable qui nécessite 3-4 heures d'attente pour que le produit se fixe suffisamment sur des points problématiques. Ainsi, j'ai pu quitter l'hôpital et rentrer avec ma voiture pour le repas du midi, puis y retourner pour me laisser sangler pieds et mains sur une table rigide et froide et laisser se promener, tourner et retourner au-dessus de moi, à 3 cm du visage, la tête de l'appareil censé me "décortiquer" de pied en cape. 3/4 d'heure de patience... Heureusement, je ne suis pas une grande nerveuse.

   Hier soir : la récompense pour les désagréments subis. Une troupe  -  "La poule folle"  -  parmi eux deux de "mes" comédiennes dans une série de pièces courtes, souvent absurdes comme la vie même, m'a enchantée par ses huit talents drôles ou émouvants  -  sans exception!  -  que la remarquable direction d'acteurs a mis en valeur. Une salle pleine à craquer comblée et le pot de l'amitié pour échanger des compliments bien mérités!

   (photo: Corinne Mehaut)

 

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Une histoire d'assiette

17 Juillet 2019, 11:10am

Publié par Flora bis

   "Je ne suis pas dans mon assiette..." Inutile de dire que cette phrase ne fait pas partie du vocabulaire, des expressions de la langue française que j'ai étudiés sur les bancs du lycée ou à la fac. Je l'ai apprise, parmi tant d'autres, savoureuses, avec ma belle-famille qui parlait, dans le nord de la France, à Laon, une langue châtiée de gens cultivés, dans laquelle se glissaient, de temps en temps, des mots et expressions plus colorés de leurs ancêtres picards. Moi, évidemment, je me les suis appropriés avec avidité. C'est ainsi que j'ai mis de côté parmi tant d'autres, dans ma boîte aux trésors, "wassingue" (serpillère), "papinette" (cuillère en bois), retenu que le "dîner" se prenait à midi, tandis que le repas du soir s'appelait le "souper".

   Après cette introduction, vaste détour dont je suis coutumière, je reviens "à mon assiette" que j'ai tant de mal à atteindre. Je suis crucifiée dans un choix cornélien et celui qui connaît la Balance sait que je n'exagère point. A chaque instant, je "balance" douloureusement entre l'envie irrépressible de prendre la route avec les enfants pour un grand périple estival de trois semaines, à travers l'Europe jusqu'en Hongrie  -  et la sagesse de rester à la maison pour souffler, tenter de rassembler les morceaux de puzzle secoué de mon état physique, après un premier semestre éprouvant. Etat parfois pitoyable de faiblesse, douleurs constantes qui empêchent la récupération, c'est ainsi que je paye à chaque fois les moments de bonheur des rencontres avec amis et famille... 

 

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Mois de mai chamboulé

3 Mai 2019, 11:05am

Publié par Flora bis

   Les saints de glace s'annoncent alertes, le chauffage est en marche en plein mois de mai. Autour de nous, un tourbillon de jours fériés qui mettent à mal nos habitudes, en temps ordinaire, nos béquilles. Ces pauses, pain béni pour les "actifs", sont plutôt sources d'angoisse pour nous, les autres, les solitaires, les éclopés de la vie, les vieux: magasins fermés, rues désertées, la solitude est encore plus sensible, plus palpable. "Ai-je suffisamment de pain pour tenir?..." Ridicule, au fond. "Ces vieux, ils se noient dans un verre d'eau!..." pensent tout haut les forces vives.

   Pour les actifs  -  dont nous faisions partie il y a peu  -  ces jours de fêtes avec, parfois, leurs ponts bienfaisants, interrompent le flot des corvées quotidiennes, le réveil bougon et ensommeillé, les préparatifs pressés avant de se lancer dans la circulation, avec les bouchons à l'air empoisonné, avachis dans leur bulle de fatigue... Aller et retour. Ils envient parfois les "hors-circuits" qui "n'ont que ça à faire" : profiter du temps qui passe... Qui passe trop vite, d'ailleurs, et sur une pente savonneuse...

   Alors, je me dois de trouver la note optimiste: rapprochons nos points de vue! Ralentissons, autant qu'il se peut, le flot débridé du temps pour profiter de l'instant d'un regard, d'une main à toucher, d'un sourire complice...

 

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