Le blog de Flora

etat des lieux ressenti

Casse-tête du matin

14 Décembre 2020, 09:37am

Publié par Flora bis

   Après une courte nuit, je me lève, je descends l'escalier, les jambes encore mal assurées. Je balaye du regard la scène de ma vie, du moins celle où je passe mes heures les plus claires. Quelles "heures claires"?... Une fois de plus, le soleil ne se lève qu'à moitié, il reste emmitouflé dans son édredon de nuages sans montrer le bout de son nez de toute la journée.

Des objets partout, à foison. Leur présence me rassure et m'étouffe à la fois et je me mets à rêver d'une razzia bienfaisante à faire disparaître de ma vue au moins la moitié des envahisseurs !... Au lieu de cela, je ne cesse  -  et d'autres le font aussi pour moi, par pure gentillesse  -  d'augmenter leur nombre! Je suis attachée à eux, je voudrais les avoir sous la main ou sous les yeux, et, régulièrement, leur foisonnement m'oppresse. Comme je n'ose plus descendre dans la cave, ni emprunter d'autres escaliers les bras chargés, je tourne en rond, impuissante à régler le problème. Il ne me reste plus qu'à rêver des espaces épurés à la japonaise où l'esprit peut flâner librement, sans buter sans arrêt sur des souvenirs... J'ouvre les volets sur le jardin, puis sur la rue, tandis que l'eau se met à susurrer dans la bouilloire pour le café du matin qui me donnera le petit coup de fouet indispensable. Je m'installe avec ma tasse devant l'ordinateur et le monde s'élargit devant moi. Du moins, virtuellement. 

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Bravitude

20 Novembre 2020, 12:00pm

Publié par Flora bis

"... même quand tu nous livres tes vagues à l'âme, cela me fait sourire car c'est la preuve que c'est bien toi derrière l'ordinateur."  (merci, chère Françoise)

  Depuis plusieurs jours, sous un ciel de plomb, j'attendais l'impulsion pour me remettre à écrire. Oui, écrire quelques chose, sans en avoir l'idée préconçue. Comme souvent. C'est un état proche de l'accouchement qui tarde à se déclencher (que j'ai déjà vécu "en vrai" avec mon fils qui se faisait attendre, il y a plus de 40 ans...): on éprouve une certaine impatience mêlée d'appréhension devant LA rencontre avec quelqu'un  (ou, en l'occurrence, quelque chose, dans le cas de l'écriture) qui vient du plus intime de vous, qui vous exprime et qui devient, en même temps, parfaitement autonome... Entre l'avant et l'après, il y a la mise au monde, moment difficile car on veut vivre pleinement cet instant de grande Vérité, un des trois plus importants de notre vie.

   Depuis plusieurs semaines, je me dis que je dois faire un effort, par ces temps de déprime généralisée, d'une année éprouvante qui nous tient dans l'étau des incertitudes, pour suggérer la bouffée d'espoir qui fait défaut... C'est presqu'une obligation morale de ne pas en rajouter une pelletée sur la tombe de l'insouciance, d'accrocher la bannière de l'espérance à la fenêtre de mon blog! Cela fait quelques années que j'ai gommé le mot "espoir" de mon vocabulaire... Pourtant, au siècle dernier, je me suis définie comme une incurable optimiste, contre vents et marées, que Gilbert traitait même d'inconsciente! Peu à peu, à force d'éprouver les coups du sort qui me faisait dégringoler du haut de mon enthousiasme au moment où j'en éprouvais la plénitude, je suis devenue méfiante. Se relever à chaque fois, c'est héroïque et admirable, certes, mais extrêmement usant... Ne vaut-il pas mieux, par pur réflexe de défense, avancer avec prudence, jetant des regards suspicieux en arrière, toujours prêt à esquiver les mauvais coups ou, du moins, leur faire face. Cette vie en veilleuse est tellement contraire à moi qu'elle n'a d'égale qu'à ma hantise de souffrir encore et encore... Je ne suis pas plus brave que ça, mes chers soeurs et frères en humanité! J'essaie, du moins, d'être honnête.

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Encore l'été...

15 Septembre 2020, 11:29am

Publié par Flora bis

   L'été est de retour, avec 30° et plus, même dans le Nord. Moi qui n'en ai jamais assez, je suis contente de ce petit supplément de bonheur illusoire. Un avant-goût du "Vénasszonyok nyara"  -  "été des vieilles" dit le hongrois qui, au 19 s. ignorait le politiquement correct. De nos jours, il se rattrape et succombe à "l'été indien" comme la plupart des pays.

   Ce n'est pas encore la vraie saison douce qui débute fin de septembre et dure jusqu'à mi-octobre. Des matins brumeux et frais se réchauffent au soleil pâlissant et, sur les toiles d'araignées, des gouttes de rosée tremblent dans les rayons parcimonieux. Les après-midi clémentes, les vieilles s'installent sur les bancs devant les maisons pour une causette, pour réchauffer un peu leurs vieux os et articulations grinçantes, pour emmagasiner un brin de chaleur vivifiante pour les mois d'hiver, afin qu'elle les préserve jusqu'au printemps prochain...

  Tout cela n'est que des réminiscences de mon enfance... Là où j'habite, une avenue encombrée de voitures en stationnement, d'autres vrombissant dans les deux sens pour gagner quelques décamètres entre deux feux rouges, point de bancs devant les maisons... Les vieilles se cloîtrent dans leurs jardins de derrière les murs, les plus âgées deviennent peu à peu invisibles. Sauf une. Elle habite en face, elle a 95 ans. Elle a du mal à marcher mais elle tient à rester chez elle. L'autre jour, je l'ai vue dans sa porte, sur une chaise placée dans l'ouverture. Elle prenait l'air chargé des gaz d'échappement des voitures, de la poussière de la rue, mais elle humait la vie en mouvement...

 

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Pause mélo

17 Avril 2020, 20:11pm

Publié par Flora bis

   Il y a 2 jours, j'ai regardé "Sur la route de Madison" de Clint Eastwood. Pour la troisième fois, depuis sa sortie en 1995. Un mélodrame culte.

   Une pause irrésistible dans le flot des informations anxiogènes, parmi les films aux bonnes vieilles recettes de rigolade usée, sous prétexte que pour un nouveau né toutes les blagues sont neuves... Par ces temps de confinement, de dangers invisibles et rampants, sans doute avons-nous besoin d'une tornade de sentiments  -  ne serait-ce que par procuration  -, d'un bon déluge de larmes pour nous laver de nos angoisses... Les angoisses, peurs de l'invisible peuvent-elles s'atténuer par l'extase des sentiments, ce manège qui vous fait vous envoler jusqu'au ciel et vous redescend aussi vite, pour toucher terre dans le désespoir?... Pour la troisième fois, je suis tombée dans le piège.

   Paysages de l'Iowa dans le Midwest, vallonnés, avec leurs fermes isolées parmi les champs de maïs interminables où le temps se fige. Francesca y a enterré ses rêves lorsqu'elle s'était installée ici avec son amoureux, un soldat américain rencontré à Bari, en Italie. La vie s'écoule au ralenti, heureuse, croit-elle, avec un mari taiseux et deux adolescents, qui lui parlent peu, juste le nécessaire. La maison à astiquer, les repas à préparer, le potager, les cancans des voisines et la poussière soulevée par le vent...

   Justement, c'est un nuage de poussière qui amène Robert, le photographe globe-trotter sans attache et les 4 jours passés ensemble bouleversent leur vie. Francesca, la quarantaine passée, encore belle comme les fleurs qui s'offrent une dernière splendeur avant de se résigner à faner... Robert, buriné, sec, n'est plus très jeune mais il lui offre quelque chose de rare: son regard, son attention, un regain de rêve qu'elle avait enfoui depuis bien longtemps.

   La brièveté de leur rencontre exacerbe l'intensité de leurs sentiments. C'est en 4 jours qu'ils doivent vivre des années... La sensation de la fin qui approche avec le retour de la famille leur fait passer toutes les étapes à la fois: l'approche de la séduction, la tentation et l'embrasement de la passion, puis la séparation. La raison triomphe: Francesca choisit les enfants et le mari bien brave au fond car elle sait très bien que l'amour passion ne survivrait pas à l'épreuve du quotidien, avec une culpabilité latente... Mais sa vie ne sera jamais plus la même: avec ce trésor caché au fond d'elle, elle a retrouvé le refuge du rêve...

 

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Et le temps passe...

30 Mars 2020, 16:46pm

Publié par Flora bis

   Peut-on s'habituer à l'enfermement ? Je pense aux otages, jetés dans des cachots, les yeux bandés, dans l'insécurité et le danger de mort permanents. Comparés à leur précarité totale, nous avons la belle vie: la maison est chauffée, le soleil brille malgré le vent effilé comme un rasoir. Nous pouvons même nous signer une attestation qui nous autorise à sortir pour quelques courses ici et là. Je n'ai pas de chien à promener et je serais totalement incapable de courir. 

   Troisième semaine. Qu'est-ce qui vaut mieux: un enfermement solitaire ou un autre, partagé avec le compagnon/la compagne de notre vie?... Je  n'aurai pas inventé la poudre en affirmant que cela dépend de la qualité de nos relations. J'ai vu des couples exploser au vol, le travail, les amis n'étant plus là pour désamorcer les conflits, le mutisme des face-à-face, la lassitude du désamour... 

   Dans le meilleur des cas, la contrariété du confinement se métamorphose en un chemin de la redécouverte de l'autre, parfois avec des kilos en plus et des cheveux en moins, avec quelques rides, naissantes ou confirmées dont les sillons nous invitent à lire avec tendresse le temps qui passe... 

 

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Un mince filet de vie

16 Mars 2020, 10:56am

Publié par Flora bis

    Depuis quelque temps, nous avons l'impression d'être sur la partie descendante d'une montagne russe... Peu à peu, sa vitesse augmente par le poids de l'inertie, des nouvelles de plus en plus alarmantes portent des coups successifs au moral jusque, parfois, au sentiment de panique. De surcroît, on vous dit que vous n'avez encore rien vu, que ce n'est que le début.

    Je suis désormais dans la "zone rouge", celle des personnes à l'âge critique (bizarre, jusqu'ici, je me sentais encore relativement jeune!), constat aggravé par des problèmes de santé annexes. Je vis seule, je dois donc m'exposer de temps en temps  -  pour survivre, justement! Beau paradoxe! Je pense à ceux qui mourront, peut-être, entourés de leurs paquets de nouilles et de rouleaux de papiers toilettes innombrables, impérissables, il est vrai, à laisser à leurs héritiers!...

    Les bruits courent que nous serons bientôt confinés à la maison, comme en "résidence surveillée", sans avoir les millions, voire les milliards mis à l'abri d'un Carlos Ghosn pour en échapper ou pour la rendre "dorée". En ce qui me concerne, cela fait assez longtemps que je pratique le confinement et la solitude, pour essayer de m'en accommoder. Heureusement, il y a l'Internet et le téléphone pour garder un mince tuyau d'oxygène avec le monde extérieur.

   Nous comprendrons rapidement, que les petits plaisirs insignifiants, la liberté minuscule que l'on évoquait en râlant, même les corvées pesantes qui en découlaient constituent une part très précieuse de notre existence...

   

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Que le soleil revienne enfin!

10 Mars 2020, 09:53am

Publié par Flora bis

   J'ai passé sous silence la journée des droits des femmes... Rien d'original ne m'est venu à l'esprit et le Net bruissait, de toute façon, des mots solennels ou nostalgiques, selon l'âge de l'auteur. Ce n'était pas la peine de gâcher la fête avec une pensée pour les femmes, battues sous l'effet de l'alcool ou simplement pour asseoir le pouvoir du mâle à l'ego malade. Battues pendant des années, froidement, méthodiquement, parfois jusqu'à la mort. Il arrive même que les rôles s'inversent: les femmes tortionnaires de leurs compagnons existent aussi, même très minoritaires (j'en ai connue une  - drôle de rencontre!)

   Bref, c'était un "triste dimanche" comme dit la chanson, d'un gris anthracite, arrosé de pluie sans discontinuer, ce qui m'a sans doute inspiré la pensée rabat-joie ci-dessus. J'ai essayé en vain de composer quelques numéros, afin de dégourdir mes cordes vocales en fin de journée, la fatalité a voulu que tout le monde fût occupé quelque part, injoignable. Résignée, je me suis résolue à me faire une soupe de potiron. Pour quatre jours au moins, je suis parée.

 

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Belle soirée de Saint-Valentin

16 Février 2020, 18:20pm

Publié par Flora bis

   Le vendredi 14 février, nous avons  consacré la première soirée littéraire de l'année à la lecture amoureuse. Ca tombait bien : je n'ai jamais fêté la Saint-Valentin... L'occasion était trop belle.

   Nous avons réuni quelques amoureux des beaux textes qui n'étaient pas pris par des programmes festifs plus charnels, moins éthérés: restaurant, théâtre, croisière ou dîner aux chandelles, avec peau d'ours devant les flammes crépitantes de la cheminée...

   Notre programme était très varié, amusant, émouvant, drôle ou carrément hilarant! Chacun a apporté des textes à partager et nous avons même eu le plaisir d'entendre la chanson de Piaf "A quoi ça sert l'amour" en duo par un de nos couples d'amis. 

   Comme de coutume, une table bien garnie attendait les convives et la conversation s'est poursuivie jusqu'à 1 h du matin passée. Ces quelques photos en témoignent:

Belle soirée de Saint-Valentin
Belle soirée de Saint-ValentinBelle soirée de Saint-Valentin
Belle soirée de Saint-Valentin

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Semaine en crescendo

3 Novembre 2019, 11:22am

Publié par Flora bis

   Débutée comme le temps automnal : un jour le soleil pâle accompagné du vent frais entreprend à dénuder les arbres qui résistent coûte que coûte, le lendemain, la pluie fine et interminable, si familière dans notre région s'installe pour toute une semaine... C'est ainsi que mon pot de chrysanthème jaune attend toujours sur la terrasse... Vendredi-samedi-dimanche, l'accès au cimetière était interdit aux voitures. Et le trajet, si facile à pied il y a quelques mois encore m'est désormais quasi impossible... J'attendrai donc le début de la semaine prochaine. De toute façon, Gilbert était peu sensible aux fleurs, il patientera sans peine...

   Je sais maintenant comment se passe une scintigraphie. Elle ressemble au TEPScan, avec piqûre légèrement radioactive préalable qui nécessite 3-4 heures d'attente pour que le produit se fixe suffisamment sur des points problématiques. Ainsi, j'ai pu quitter l'hôpital et rentrer avec ma voiture pour le repas du midi, puis y retourner pour me laisser sangler pieds et mains sur une table rigide et froide et laisser se promener, tourner et retourner au-dessus de moi, à 3 cm du visage, la tête de l'appareil censé me "décortiquer" de pied en cape. 3/4 d'heure de patience... Heureusement, je ne suis pas une grande nerveuse.

   Hier soir : la récompense pour les désagréments subis. Une troupe  -  "La poule folle"  -  parmi eux deux de "mes" comédiennes dans une série de pièces courtes, souvent absurdes comme la vie même, m'a enchantée par ses huit talents drôles ou émouvants  -  sans exception!  -  que la remarquable direction d'acteurs a mis en valeur. Une salle pleine à craquer comblée et le pot de l'amitié pour échanger des compliments bien mérités!

   (photo: Corinne Mehaut)

 

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Palier?

25 Juillet 2019, 10:59am

Publié par Flora bis

 (photo F. M.)

(photo F. M.)

   Mon blog va prendre quelques petites vacances que je souhaite, d'ailleurs, à tous ceux qui y passeront. Je sais que mes visiteurs ne sont pas nombreux mais d'autant plus précieux!

   Ma valise n'est pas prête, je m'embourbe dans les listes diverses "à faire avant de partir" et "à prendre avec moi". Sachant que les places seront comptées, que le chien et ses accessoires en prendront presque la plus volumineuse et que c'est un casse-tête pour les enfants, j'essaie de me faire petite. Je rêve de montagne et de sa fraîcheur à défaut de pouvoir faire des randonnées... Je serai spectatrice. L'essentiel, c'est d'être avec les enfants, comme tous les ans.

   Plus nous prenons de l'âge  -  quelques soucis de santé aidant  -  plus nous sommes difficiles à convaincre de bouger. Moi qui adorais les improvisations, je tergiverse indéfiniment pour me décider. La fatigue pèse des tonnes, à l'avance. Envie de souffler, là, sur place, sans valise, sans déplacement. La routine reposante sans secousses. Celle que je trouvais mortifère, il n'y a pas si longtemps, et que je fuyais dès qu'il était possible. 

   Est-ce cela qui s'appelle "un palier" à franchir?...

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