Le blog de Flora

cinema

Sortie cinéma du dimanche

25 Janvier 2022, 12:09pm

Publié par Flora bis

   Hier, j'ai écrit une analyse relativement approfondie du film que j'ai vu dimanche après-midi. Pendant les quelques minutes passées sur le Net à la recherche de l'affiche du film, mon texte a disparu! J'avais oublié de l'enregistrer sur la page du brouillon. Même s'il m'arrive rarement, ce n'était pas pour la première fois. 

   La colère contre moi-même a été vite remplacée par la pensée consolante: tiens, contrecoup de la précipitation, tu auras une occasion de plus pour préciser, resserrer ton analyse, aller à l'essentiel, être plus percutante! (ça me fait sourire, cette consolation qui arrive généralement assez vite pour apaiser la douleur aigüe , la rage ou la déception cuisantes, comme pour épargner les dégâts éventuels pour ma santé physique ou mentale... Et cela aussi loin que je me souvienne! )

   Avec trois amies, nous sommes allées voir le film de Fred Cavayé "Adieu, Monsieur Haffmann", d'après la pièce éponyme de J-Ph. Daguerre, grand succès théâtral. Huis clos oppressant sur fond de l'occupation allemande, dans une boutique minuscule, calfeutrée dans une éternelle pénombre, entre un bijoutier juif qui, au dernier moment, est empêché de fuir et le couple de son employé. Haffmann conclut un accord étrange avec François Mercier, un homme ordinaire dans une époque peu ordinaire où il est difficile d'être un héros, ou à défaut, de rester un honnête homme...

   Le trio d'acteurs est excellent. Daniel Auteuil, dans le rôle de Haffmann, le visage immobile et muet, taillé dans un bloc de pierre échoué dans la vie des Mercier, est recroquevillé sur sa survie. Mercier, médiocre et ballotté par la vie, d'humiliation en humiliation, évolue peu à peu vers l'envie de prendre enfin sa revanche sur une vie faite d'éternels renoncements. Joué par Gilles Lellouche, excellent, à contre emploi des habituels gros bras qu'on lui attribue la plupart du temps (je rappelle qu'en 2016, il avait réalisé "Le grand bain", énorme succès où il oscille, sur le fil du rasoir, entre grotesque et émotion). Entre eux deux, en point d'équilibre, le portrait tout en nuances sensibles, la femme de Mercier interprétée par Sara Giraudeau, digne héritière de son père, le regretté Bernard...

Voir les commentaires

Voilà un dimanche comme je les aime!

13 Décembre 2021, 13:05pm

Publié par Flora bis

   Nous pataugeons dans la morne saison des jours qui semblent ne s'être levés qu'à moitié, gardant leur pyjama et le lit ouvert, au cas où l'envie d'y replonger serait la plus forte... Nous traînons les pieds du fauteuil au canapé et inversement. D'un oeil blasé, nous balayons le jardin déplumé: il a l'air endormi, lui aussi, avec ses quelques fleurs fanées qui frissonnent dans le vent, en attente du printemps. Même les chats des voisins deviennent rares: ils ont cessé leur procession permanente sur la crête du mur mitoyen et ne guettent plus les oiseaux dans les branches du prunier. 

   D'habitude, je déteste les dimanches où la vie s'arrête et la solitude paraît encore plus profonde. On a l'impression  que tout le monde a une famille, un(e) amoureux(se), des amis dont la compagnie vous enveloppe de sa chaleur vivifiante  -  tous, sauf nous! Hier, le coup de fil de Martine m'a sauvée de la déprime du dimanche. Nous avons décidé d'aller au cinéma vers 17h pour découvrir le "West Side story" de Spielberg qui vient d'arriver sur nos écrans.

 Ma génération a encore en tête la version originale de R. Wise et de J. Robbins, sortie en 1961 et couronnée 10 Oscars. La nouvelle version est plus âpre, plus ancrée dans la réalité de son époque, faisant écho en même temps aux problèmes d'aujourd'hui: racisme, tensions entre groupes ethniques et la conscience naissante que les bandes rivales qui s'affrontent sont finalement à la merci, à titre égal, d'un même système vorace qui fait de leur scène de vie un champ de ruine... (le survol du quartier de West Side en démolition, par le hasard des événements de la semaine, m'a rappelé les images tragiques de la tornade du Kentucky). En revoyant quelques scènes de la première version, les anciens Jets et Sharks paraîssent bien peignés, tirés aux quatre épingles comparés à ceux de Spielberg, hirsutes, se roulant dans la poussières de leurs rues démolies... Les bagarres chorégraphiées avec beaucoup de forces et de réalisme (qui restent quand-même de la danse!) soufflent une énergie époustouflante, celle du désespoir... Tout cela, sur fond de la musique de Léonard Bernstein: que des "tubes" éternels qui hantent nos oreilles!

   Deux heures et demie intenses plus tard, nous avons terminé la soirée très agréablement, à la table d'un petit resto. En voilà un dimanche bien sympathique!

 

Voir les commentaires

Histoires de pères...

8 Juin 2021, 17:40pm

Publié par Flora bis

   En une semaine, je m'offre la deuxième histoire d'un père atteint de la maladie d'Alzheimer... Au cinéma. Après "Falling", j'ai vu hier "The Father" de Florian Zeller. Quelques années après le succès retentissant de sa pièce de théâtre "Le Père" créée en 2012 par Robert Hirsch, il l'a adaptée au grand écran, en anglais, avec Anthony Hopkins dans le rôle principal et couronnée récemment de deux Oscars. 

   Des personnes avec une confiance sans faille en leurs capacités, en leur bonne étoile m'ont toujours étonnée, épatée, laissée sans voix. L'exact contraire à mes hésitations, reculades, démissions plutôt que de prises de risque... Est-ce une question d'éducation? Des parents qui, au lieu de vous retenir sous prétexte de vous protéger d'un je ne sais quel danger ou de déception, vous poussent hors du nid en vous faisant miroiter la beauté de l'ivresse de voler de vos propres ailes?... Est-ce une question d'héritage, de gènes, de bienheureuse constitution, de tempérament qui ne connaît pas le doute? Le succès aime les audacieux qui ne doutent pas! Au lieu de ceux qui s'excusent presque d'exister...

   Toujours est-il que Florian Zeller a publié un premier roman à 21 ans, primé tout de suite. Et le succès ne l'a plus quitté, principalement dans le domaine théâtral: une douzaine de pièces jouées dans plus de 40 pays du monde! La presse étrangère le tient pour un des principaux auteurs dramatiques du 21e siècle. Et il n'aura que 42 ans à la fin du mois...

   Les deux films sont très différents. Dans celui de Viggo Mortensen, nous restons témoins extérieurs, tandis que dans le deuxième, F. Zeller, avec un tour de main audacieux, installe le spectateur dans les yeux, dans la tête du malade, vivant avec lui sa déchéance par la confusion de son monde,  la métamorphose lente et insidieuse de son décor...

 

Voir les commentaires

<< < 1 2