Zsiga bácsi * croquis au stylo bille

Lycéenne, je prends le train quotidiennement à 7 heures du matin, pour aller au lycée de la ville voisine. Le trajet dure une bonne demi-heure, suffisante pour terminer les révisions, compléter un devoir manquant ou, souvent dans mon cas, sortir mon carnet de croquis pour exercer mon doigté sur les passagers du compartiment, au rythme des secousses des wagons parfois rustiques... Ce monsieur, d'une délicatesse infinie, d'une élégance surannée - il porte des pantalons de golf, ce qui dans la Hongrie des années 60 est pour le moins anachronique - partage nos trajets pendant des années, avec son bienveillant intérêt pour la jeunesse tourbillonnante. Je me souviens qu'il nous initie à l'espéranto dont il me reste une phrase : "Tiris li tiradis, sed li ne povis eltiri..." Je vous laisse le soin de la traduire et d'expliquer le contexte !
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