Le blog de Flora

art

Grand Palais, grande émotion

16 Janvier 2020, 11:44am

Publié par Flora bis

   Henri de Toulouse-Lautrec est un de mes artistes préférés. Depuis longtemps. J'ai vu quelques uns de ses tableaux au Musée d'Orsay, il y a des années mais voir une grande exposition sur deux niveaux et dans de nombreuses salles, c'était un événement à ne pas manquer. J'étais pourtant prête à y renoncer à cause d'une phlébite récalcitrante à la jambe, et aussi à cause de la fatigue insurmontable qu'un piétinement dans une salle surpeuplée signifie pour moi... Les enfants ont insisté avec beaucoup de générosité et finalement, toute la famille s'est déplacée dimanche matin.

 La courte vie du peintre tient entre ces deux dates: 1864-1901. Courte vie, petite taille (152 cm) mais le talent d'un géant! Il quitte Albi (où, de nos jours, un beau musée abrite nombre de ses tableaux) et sa famille de la vieille aristocratie des mariages consanguins (cause de son handicap) pour Paris et le milieu bohème de ses artistes de cabarets, de cirque et de ses maisons closes dont les pensionnaires l'accueillent avec une grande générosité, lui servant de modèles. Les coulisses de cette vie s'ouvrent devant nous, dans tout son naturel, sur les tableaux et dessins de Lautrec empreints d'une grande humanité. 

   Hélas, les nombreux visiteurs m'ont empêchée de m'approcher vraiment et surtout, de m'attarder suffisamment longtemps devant les cadres, de les dévorer des yeux en pénétrant l'univers de l'artiste, les contours rapides et admirablement justes, les toiles "non finies" mais encore plus intéressantes pour moi. J'étais ébahie devant les poses audacieuses, prises sur le vif comme s'il avait voulu saisir un maximum de la vie, pressentant le peu de temps qui lui était imparti.

   Depuis toujours, j'ai un faible pour le dessin, ce genre dédaigné par beaucoup face à la peinture. Pour moi, il est vivant, libre et fragile à la fois : c'est la perception première en marche. Il ne faut pas le charger, lécher, il faut le laisser vivre cette liberté, cette velléité de disparaître à l'occasion.

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Promenade dans un jardin féerique

27 Août 2019, 09:09am

Publié par Flora bis

   Cela fait des années que je collectionne les céramiques de Andrea Vertel. Ses figurines apparaissent de temps à autres sur mon blog. Cet été, j'ai réalisé mon vieux désir : visiter, au bord du Danube, son jardin féerique où toutes les pièces de sa production s'exposent dans l'herbe, dans des recoins secrets, sur les murs et sur les étales!

   Nous nous sommes promenés pendant une bonne heure dans les méandres du grand jardin, sous un soleil de plomb, tenant le chien en laisse. La petite dame mince, dépourvue du moindre effort commercial, s'est contentée d'emballer les pièces que je lui rapportais sans cesse, elle notait les prix au fur et à mesure. Ma famille française s'étonnait : un sourire avenant, un verre de rafraîchissant, quelques mots aimables lui feraient vendre la moitié de son jardin d'un seul coup!... J'ai essayé de lui trouver des excuses : n'est-elle pas là, avant tout, pour créer, produire et non pas pour vendre?... 

   Ma collection qui frise la monomanie, a démarré il y a plus de vingt ans. J'aime le charme grotesque, la tendresse ironique de la vision de Andrea Vertel. Ses figures, dépourvues de tout réalisme sirupeux, me surprennent et m'enchantent. Avec le sentiment de "la dernière fois", j'ai fait quelques folies... J'ai pris un grand oiseau pour le jardin, afin que mon petit mouton se sente moins esseulé, un plus petit pour m'inspirer, me regardant écrire, perché sur mon bureau et trois autres qui peuvent s'accrocher au mur et qui cherchent encore leur place.

(site: www.vertelandrea.hu)

Promenade dans un jardin féeriquePromenade dans un jardin féerique
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