Le blog de Flora

Oeuvre de Gilbert * La Trilogie Armstrong (inédit et inachevé) 9.

14 Janvier 2010, 18:34pm

Publié par Flora

   Les dix jours prévus pour le résultat de la biopsie sont dépassés. L'attente se prolonge. Séverine s'en accommode. Demain peut-être... Si Dieu est mort, tout est possible, prétend Ivan Karamazov. Je peux violer des religieuses au chocolat, croquer des têtes de nègre, attaquer une banque, regarder TF1, étrangler le médecin blond. Je me contente d'un coup de téléphone à l'hôpital. On me donne rendez-vous pour demain après-midi.
    Et les spéculations reprennent. Je pense que si le résultat était favorable on aurait eu le bon goût de me rassurer tout de suite. Séverine prétend que s'il était urgent d'entamer une chimiothérapie on se presserait de m'hospitaliser. Ariane agrémente son eau de Lourdes de larges rasades de rhum. Elle n'est pas encore rentrée à Reims ; on lui a signalé, du côté de Dijon, un prie-dieu Louis XVI qui valait le détour. Le fantôme de Véronique susurre que je vais mourir dans d'atroces souffrances. Si je comprends sa rancune envers le meurtrier, je refuse de croire que les fantômes existent.
   Et s'il était tout simplement trop tard pour tenter quoi que ce soit ?


La Renaissance et le développement des transports, du commerce, voient naître les horloges de carrosse, fabriquées en laiton, prévues pour résister aux chocs. Le plus souvent de forme cylindrique, d'un diamètre autour de quinze centimètres, d'une hauteur de moins de dix centimètres, elles sonnent les heures.

  
L'attente s'achève en statu quo. Le deuxième prélèvement confirme le premier. Myélome à un "taux" faible. Si les radios, à faire lundi, ne montrent pas de "lésion", on entamera la phase d'attente, avec contrôles réguliers, prises de sang, ponctions ou I.R.M. S'il y a "lésion", une chimiothérapie tentera de détruire un maximum de cellules malignes. "L'hématologue" ne peut pas affirmer qu'elles seront toutes éliminées et que la "maladie" ne renaîtra pas "ailleurs". Qui a dit métastases ? Sûrement pas Blondinet. Tout son vocabulaire porte des guillemets. Quand il énonce "patient", je traduis : cadavre en devenir.  
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L
<br /> il décrivait dans le détail l'évolution<br /> de sa maladie:pour moi ,le roman était le<br /> support de ses angoisses<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Tu as entièrement raison, ma chère Magicienne. Son personnage le dit d'ailleurs à un endroit : devenir un personnage de roman, c'est échapper à la réalité de la mort...<br /> <br /> <br />
J
<br /> je sais que c'est romancé, mais c'est quand même dur à lire. J'aime la dernière phrase qui ouvre à l'universel. Un peu " Frères humains qui après nous viendront" de Villon. Un éditeur me demande un<br /> texte pour un livre dont les droits seront versés pour Haïti.J'ai dis oui, cela allait de soi, mais je ne suis pas très fort pour écrire sur commande.<br /> Amitiés<br /> José<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Bonjour, José. Oui, c'est un vécu mais effectivement romancé (du moins par certains aspects). L'exemple éclatant quand l'écriture aide à vivre  -  et à mourir?...<br /> <br /> Ecrire sur commande : un défi? (J'avoue que j'ai horreur de peindre sur commande...) <br /> <br /> <br />
L
<br /> Je frémis de l'expérience de cobaye ! ça sent l'hôpital !<br /> <br /> <br />
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F
<br /> C'est effectivement une expérience qui relativise beaucoup de chose parmi les "vivants"...<br /> Merci de votre fidélité, Litteratus. <br /> <br /> <br />