Le blog de Flora

Choc identitaire

24 Mai 2012, 19:21pm

Publié par Flora bis

DSC01366 Où se trouve désormais ce "chez moi", ce "home", cet "otthon", pour lequel le français n'a pas d'équivalent en un seul mot?... Connaître l'état de se trouver entre deux chaises n'est pas très réconfortant. Enrichissant peut-être mais pas confortable. On peut facilement se réveiller par terre.

   C'est à peu près le sentiment que j'éprouvais pendant le court séjour dans mon pays natal. Je suppose ne pas être la seule dans ce cas.

   Si je compte bien, j'ai passé à ce jour plus de temps en dehors que dans mon pays d'origine, je m'exprime depuis plus longtemps dans une langue étrangère que je ne l'ai fait dans ma langue maternelle. Tout cela était lié à Gilbert. C'était plus facile quand nous habitions dans un tiers pays: ni chez moi, ni chez lui. Personne n'était avantagé... 

   Puis, il a disparu, mort, évaporé dans le néant. Reste une petite poignée de cendres et beaucoup de présence dans la mémoire. Cette présence me maintient ici. Mon autre moitié m'attire vers le sol qui m'avait mise au monde, vers la langue  -  originale, infiniment riche  -  que j'ai abandonnée en même temps...

DSC02816 S'exprimer dans une langue devient organique lorsqu'on arrive à dépasser un certain stade de balbutiement plus ou moins avancé. Lorsqu'on arrive à trouver le mot juste. Exactement celui qui s'arrache de nos entrailles pour exprimer au plus près ce que nous sommes. C'est ce que je m'obstine à obtenir un jour en français, tentant d'apprivoiser cette belle langue capricieuse, gâtée par tant de géants de la littérature. Langue de l'écriture par excellence! Et mes efforts, même si parfois maladroits, sont éminemment jouissifs!

   Mon autre "chaise", ma langue maternelle? Je dois changer de peau pour qu'elle me laisse l'approcher, me la ré-approprier.

   Suis-je encore chez moi dans mon pays d'origine? Un pays métamorphosé où mes repères vacillent. Le pays où tous parlent ma langue maternelle comme les membres d'une même famille. Observez ce que vous éprouvez quand, à l'autre bout du monde, vous tombez sur un compatriote inconnu que vous n'auriez même pas remarqué chez vous. Un sentiment d'appartenance à la même famille. C'est là que je me sens soudain en lévitation entre deux chaises...

   Peut-on se sentir concerné par deux pays à la fois? J'arrache une branche d'acacia dans la rue de ma mère et j'enfouis mon nez dans la grappe de fleurs lourde du parfum de miel de mon enfance. Je tente une réponse: oui, sans doute, comme on est concerné par le passé et le présent, en même temps.

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M
Chère Flora,nous avons souvent échangé autour de la langue. Tu as beaucoup de talent pour avoir su apprendre plusieurs langues, je suis toujours très admirative des polyglottes, Rimbaud, Ozanam,<br /> Cassingena-Trèvedy...Toutes ces langues sont bien loin de moi, j'ai appris ma langue maternelle, parler et comprendre le français en dehors de l'utilitaire à l'âge de 26 ans, quelle révélation ! Je<br /> pense que c'est cela qui est réjouissant dans l'apprentissage d'une langue, la surprise de l'expression et de la compréhension des nuances. Aujourd'hui, j'apprends le néerlandais, c'est vraiment<br /> génial...Alors oui, plusieurs pays, plusieurs langues pour épouser au mieux les fondements de l'humanité et devenir meilleur !
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F
<br /> <br /> Je reconnais bien, ma chère Mu, ton enthousiasme et ta générosité inépuisables! Tu t'es brillamment rattrapée si tu avais ressenti du retard...<br /> <br /> <br /> <br />
L
tant mieux si tu as plusieurs langues ,chère Flora ,elles<br /> enrichissent ton écriture si limpide!<br /> Je ne suis jamais retournée dans mon pays natal :la Pologne et il ne me manque pas...
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F
<br /> <br /> Contente que ton ordinateur remarche, tes visites me manquaient!<br /> <br /> <br /> La Pologne, tu l'as quittée trop tôt pour qu'elle te manque...<br /> <br /> <br /> <br />
T
la preuve: resourcer et ressourcer!!!!!!!!
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F
<br /> <br /> Ce n'est pas une preuve: c'est une faute de frappe!<br /> <br /> <br /> <br />
F
Thérèse a raison, tu t'exprimes infiniment mieux que la plupart d'entre nous (et nous devons contrôler tout cela aussi, sais-tu?). Tu es envahie par le doute alors que tu es très douée.
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F
<br /> <br /> Tu as raison: le doute bienfaisant est toujours là et me tient en alerte!<br /> <br /> <br /> <br />
T
Bien que je ne suis pas concernée par le même problème,je crois comprendre ce que tu éprouves. Mais,ce qui est certain, c'est que tu possèdes notre belle langue française à la perfection et bien<br /> mieux que pas mal d'entre nous qui baignons dedans depuis toujours.<br /> et puis, ton pays d'origine n'est pas si éloigné que tu ne puisses y retourner chaque fois que tu as envie de te resourcer; sans compter que le net abolit les frontières.<br /> Allons! chasse donc ce petit coup de mou!<br /> je t'embrasse chère amie de blog
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F
<br /> <br /> Ma chère Thérèse, merci pour la résonance. C'est bien ce petit "ressourcement" qui m'a plongée dans le désarroi passager!... Sinon, j'y vais tous les ans, une fois en été.<br /> <br /> <br /> Vous qui baignez dans la langue française depuis toujours, vous le faites sans effort. Et moi, je dois me contrôler  -  consciemment ou inconsciemment  -  pour être juste...<br /> Mais c'est un plaisir!<br /> <br /> <br /> <br />