Le blog de Flora

Adieu, Monsieur Saramago... (1922-2010)

25 Juin 2010, 10:39am

Publié par Flora

A10-1300J'apprends avec stupeur la disparition de José Saramago, prix Nobel de littérature 1998. Certes, il était âgé (87 ans), malade d'une leucémie depuis des années. La stupeur est due à une rencontre, peu après son prix Nobel, à la Villa Yourcenar, dans les monts de Flandre où le Conseil Général du Nord a créé une résidence pour écrivains européens dans la maison de l'enfance de Marguerite. Il y est venu à l'occasion du titre du docteur honoris causa de l'Université de Lille 3.

   Tous ces honneurs n'ont pas entamé sa légendaire simplicité. J'ai écouté le long texte de son discours de réception de Stockholm, une occasion de parcourir avec lui le chemin le menant au sommet de la gloire littéraire terrestre. Issu d'une famille pauvre du sud du Portugal, il devient serrurier et n'accède à la notoriété qu'à 60 ans, avec son roman "Dieu manchot". Très engagé au parti communiste, il n'a jamais oublié d'où il venait. Dans son discours du Nobel, il a longuement parlé de son enfance, de son grand-père qui réchauffait les portées de petits cochons près de son corps pendant les nuits froides de l'hiver et qui, avant de mourir, se serrait contre chaque arbre de son jardin pour leur dire adieu. De sa grand-mère presque aveugle à la fin de sa vie qui, assise au seuil de sa maison pauvre et tournant son visage vers le soleil disait : "Ce qui m'est le plus plus difficile, c'est de quitter toute cette beauté!"

   Son texte m'a touchée, éveillant de profondes résonances en moi et, obéissant à cet élan d'émotion, je me suis précipitée vers lui en disant : "Monsieur Saramago, je vous remercie!" Il me dit, étonné : "Pourquoi me remerciez-vous?"  -  "Pour l'émotion que vous avez éveillée en moi" et je lui ai parlé de mon grand-père et ses petits cochons... Il m'a regardée simplement dans les yeux : "Vous savez, à ce jour, je n'écris pas un seul mot sans penser à eux." Et nous nous sommes embrassés.

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J
<br /> J'avoue, je ne connaissais que son nom. Grâce à toi je vais aller plus loin.<br /> Amitiés bretonnes<br /> José<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je pense que tu ne seras pas déçu, toi qui aimes et pratiques la belle écriture qui n'est pas que belle mais aussi forte et profonde.<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> Belle découverte , je ne le connaissais pas !<br /> Merci et Bô vendredi ma chère Flora<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je suis contente si j'ai réussi à donner envie de le découvrir!<br /> <br /> <br /> Bon week end à toi, ma chère Kinzy!<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> J'ai aimé lire ce que tu m'apprends - je ne connaissais pas du tout , Paix sur lui , un Homme vrai inch'Allah ! Je relève qu'il était un Communiste engagé - j'ai remarqué que les attaques<br /> quotidiennes contre les Communistes , les Rouges comme disent certains avec peur et mépris , ces attaques se font de plus en plus présentes partout où tout est fait pour décrédibiliser les Hommes<br /> et les Femmes qui adhèrent à cette forme sociale - Je n'ai jamais été encartée nulle part mais beaucoup de sympathie pour eux , j'en suis très proche . amitié<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Merci, chère Blanche pour ton commentaire. C'était une personne profonde et riche, avec une très belle écriture.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Quelle belle rencontre ! J'ai découvert Saramago au détour d'un reportage sur son oeuvre : enthousiasmée, j'ai acheté quelques uns de ses livres : une écriture irréprochable pour un contenu qui<br /> prête à la réflexion ! c'est si rare !<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Vous avez raison, chère Litteratus : de telles rencontres vous marquent! C'est vrai qu'il est relativement peu connu en France.<br /> <br /> <br /> <br />