Questionnement sur la spiritualité
Je suis sans cesse à la recherche du sens de ce mot, sans son parfum d'encens, sans la certitude d'un monde invisible; un sens à moi, en accord avec l'idée lumineuse des sciences qui cherchent et qui ne se contentent pas de dire : tu ne le sauras jamais, contente-toi de croire à un dieu...
Un jour, quelqu'un m'a dit : "Nous avons élevé nos enfants dans l'ouverture, le doute, le questionnement. Je me demande si nous n'aurions pas mieux fait de leur donner la douce certitude d'une religion au lieu de les exposer à une éventuelle souffrance?"
Cette réfléxion m'a bouleversée et je me suis dit que je préférais cent fois souffrir les yeux ouverts que de me bercer de la vérité d'un dogme.
L'esprit humain créateur qui cherche inlassablement sa place dans l'Univers...
Créer. Créer l'illusion, surtout. Mais aussi, peut-être, créer sa vérité. Ce serait-il cela, la spiritualité?
Quand on trouve le mot juste, l'image, le mouvement, le trait, la couleur et le son justes, n'approche-t-on pas cette vérité un peu, donc le lien entre visible et invisible, comme on entend communément la définition de la spiritualité. Reste la tâche ardue de la faire sienne. Cela relativise beaucoup de choses, nous libère du poids du regard des Autres, même si nous vivons beaucoup dans ce miroir, par ce miroir. Ils sont des ombres mouvantes de notre décor.
Il y a tellement de sujets dont il faudrait faire le tour, sur lesquels il faudrait faire le point. Faire le point, marquer l'étape, avant de continuer à avancer, si possible.
Vivre - est-ce être conscient de ce qu'on est, de ce qui nous arrive, de ce qu'on fait?
Peut-on vivre sans cette conscience? Sans doute. Mais peut-on encore appeler cela vivre?...