János Pilinszky (1921- 1981) * Sur un astre interdit
SUR UN ASTRE INTERDIT
Je suis né sur un astre interdit. Là,
Débarqué de force, je déambule,
Le flot du néant céleste me happe,
Joue avec moi, me pousse, me bouscule.
Pourquoi ma pénitence, je ne sais.
Ici tout est une énigme sifflante.
Qu'il ne fuie pas, celui que son trajet
M'a fait rencontrer sur la rive en pente.
Toi non plus n'aie pas peur, ne me fuis pas,
Endors la souffrance, endors-la plutôt,
Les yeux fermés endors-moi contre toi,
Serre-moi hardiment comme un couteau.
Adjuge-moi, sans trembler, à toi-même,
Tels les morts là-bas s'adjugeant la nuit,
Que ma faible épaule tu la soutiennes,
Je n'en peux plus à moi-même réduit.
Moi je n'ai pas demandé d'être là.
Le néant seul me plaça sur ces bords.
Cruellement, sombrement aime-moi
Comme l'abandonnée aime son mort.
trad. T. Gorilovics
Én tiltott csillagon születtem,
a partra űzve ballagok,
az égi semmi habja elkap,
játszik velem és visszadob.
Nem is tudom, miért vezeklek?
Itt minden szisszenő talány,
ne fusson el, ki lenn a parton,
e süppedt parton rámtalál.
S ne félj te sem, ne fuss előlem,
inkább csittítsd a szenvedést,
csukott szemmel szoríts magadhoz,
szoríts merészen, mint a kést.
Légy vakmerő, itélj tiédnek,
mint holtak lenn az éjszakát,
vállad segítse gyenge vállam,
magam már nem birom tovább!
Én nem kivántam megszületni,
a semmi szült és szoptatott,
szeress sötéten és kegyetlen,
mint halottját az itthagyott.
, Mathilde, Emma, Iseult, les livres extraits des rayonnages sont rassemblés autour de lui, les préférés, découverts bien trop tard et d'autant plus chéris, empilés à
portée de sa main et que ses yeux embrassent en une prière, en un adieu. Jamais il n'a connu pareil apaisement, jamais, même quand il croyait vivre et ignorait combien de fois il lui faudrait
mourir. Les flacons d'alcool sont disposés près de la porte en garde vigilante, déjà vidés d'avoir été répandus sur les ouvrages et le parquet. Dans l'impasse, le chien des Monnier monte la garde
et le docteur Cassin polit sa plaque au cuivre vantard.
