"Eté indien avec chrysanthèmes"
Voici les chrysanthèmes pompons jaunes avec lesquels une vieille dame s'apprête à effectuer son pèlerinage hebdomadaire sur la tombe de son mari, depuis quinze ans...
Sa voix croise celles de quatre autres femmes qui, chacune pour des raisons différentes, se retrouvent dans la solitude. Ces cinq voix entrecroisées sont jouées par la même comédienne qui assure aussi la mise en scène, je dois dire, brillamment! Au début, j'avais quelques craintes à savoir comment le public arrivera à distinguer qui prend la parole toutes les 5-10 minutes mais la métamorphose s'opère devant nos yeux: la voix, l'attitude, le personnage se transforme et le texte se déroule magistralement! Merci, Richarda!
J'ai redouté ce moment où ma nature plutôt encline à la discrétion - j'ai horreur de me mettre en avant - devra subir le regard du public! Qu'est-ce qui m'a poussée à cette audace sans nom? Un certain sentiment d'urgence qui se manifeste de plus en plus nettement au fur et à mesure que le temps passe et la peau de chagrin rétrécit... Je me souviens, Gilbert disait à l'époque, en voyant de ses textes sur scène: "c'est une étrange sensation, j'ai l'impression que c'est le texte de quelqu'un d'autre, même si je le connais par coeur!" Eh bien, par moment, j'avais le même sentiment, hier soir. La comédienne, le public s'emparent de vos mots, ils ne vous appartiennent plus. C'est comme laisser s'envoler ses enfants... De plus, ces mots ont tout de même été assemblés pour être partagés avec ceux qui les entendraient...