Le blog de Flora

Bribes de mémoire 61. Se loger à Istanbul

7 Mars 2010, 10:52am

Publié par Flora

carrefour-mosquee-verte.jpgAu bout de quinze jours, je déniche un appartement refait à neuf, dans un immeuble d'angle, face à la "Mosquée Rose", devenue plus tard la "Mosquée Verte" pour les Français du quartier et qui s'appelle en réalité "Firuzaĝa Camii" (pron. Firouzaha djamii). La salle de prière se trouve à l'étage, face à nos fenêtres, ce que je découvre quelques mois plus tard, en discutant avec l'imam chez le marchand de légumes : il me dit aimablement qu'il me connaît, m'ayant souvent aperçue déambuler dans notre appartement dont toutes les pièces donnent sur le carrefour ! Rétrospectivement, j'ai quelques frissons en remémorant les moments où je pouvais me promener en petite tenue...
   Le logement appartient à Ayla hanım, une dentiste fraîchement rapatriée d'Allemagne pour que son fils puisse poursuivre ses études en Turquie, à Galatasaray. Je garde un souvenir oppressant de cette belle femme à qui j'apporte le loyer tous les mois. Je suis le témoin de son lent glissement vers les ténèbres : elle n'arrive pas à se réconcilier avec la perte de son statut de femme active exerçant un métier intéressant, pour se retrouver enfermée dans son bel appartement avec grande terrasse sur le Bosphore... Au début, nous prenons un café avec conversation sommaire en allemand et en turc, puis, petit à petit elle devient invisible. J'apprends par sa femme de ménage-confidente qu'elle s'enfonce dans l'alcool, ne prenant même plus la peine de s'habiller...
   Dans notre quartier, tous les étrangers sont à l'affût d'appartements avec vue sur le Bosphore. Cela donne un coup de fouet aux loyers et certains propriétaires préfèrent quitter leur logement pour le louer aux étrangers, bon payeurs. Notre 4 pièces, au lieu du Bosphore, donne sur un carrefour très animé, avec une boulangerie au rez-de-chaussée, juste sous nos fenêtres. Chaque matin, d'agréables effluves de la brioche fraîche et vanillée envahissent notre chambre pour nous tirer du sommeil!
   Notre déménagement met presque deux mois à arriver! En attendant, nous avons un matelas par terre, un lit de camp prêté pour notre fils et une table avec trois chaises en formica, sans oublier le réchaud à gaz... Ce dépouillement involontaire commence à entamer notre moral mais les choses rentrent dans l'ordre pour Noël : nos cartons arrivent avec quelques meubles décents et les versements du salaire de Gilbert pour nous remplumer un peu...
 
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F
<br /> Tu as vraiment beaucoup de dons!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Merci, Françoise, pour ta générosité!<br /> <br /> <br />
F
<br /> Excuse mon immense ignorance: quelle est la suite de ta citation?<br /> En tout tu parles 4 ou 5 langues?!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> En réalité, je ne parle vraiment que 3 (hongrois, russe, français). Je comprends un peu l'allemand (6 ans de Berlin!), le turc (6 ans d'Istanbul) et les langues slaves (polonais, bulgare,<br /> serbo-croite, tchèque...) dans la mesure où elles ressemblent au russe mais je ne saurais les parler; un peu comme un Français pige l'italien ou l'espagnol... Quand je dis qu'on ne pourrait pas me<br /> vendre, c'est un degré assez basique de la langue qui permet de se débrouiller au quotidien : faire les courses, demander son chemin (et comprendre la réponse, ce qui est une autre paire de<br /> manches!), écouter la tv, voyager etc.<br /> <br /> <br />
F
<br /> Tu parles aussi allemand et turc????!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> "Parler" est un grand mot; disons : "on ne peut pas me vendre..."<br /> <br /> <br />
L
<br /> alors ,comme ça ,tu as aussi fait flamber les imams sous la neige?Ravageuse,va!!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> On fait ce qu'on peut... J'expliquerai une fois notre conversation dans le chapitre : "Pièges de la langue turque"...<br /> <br /> Ce n'est pas à toi que j'expliquerais l'histoire du vieux lion qui a perdu sa crinière et ses dents... <br /> Merci de ta visite, ma chère Magicienne! <br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Les rencontres de la vie ont parfois un goût amer. Dans le cadre de l'expatriation, on ne fait que passer et pourtant il en reste une empreinte de regret... si on avait su, on aurait pu...<br /> <br /> <br />
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F
<br /> La vie des expatriés, c'est dans le provisoire. Cela n'empêche pas de grandes amitiés naître dont certaines m'accompagnent toujours, des amis de trente ans... Les regrets nous effleurent aussi,<br /> forcément...<br /> <br /> <br />