Bribes de mémoire 59. Arrivée à Istanbul
Mais commençons par les commencements : notre arrivée à travers le paysage aride des montagnes et la bordure de la mer
Egée, bande ininterrompue de résidences de vacances, cubes identiques d'immeubles tournés vers la mer. Enfin, notre excitation quelque peu assoupie par les trois jours de périple se réveille à la
vue majestueuse d'un Istanbul à l'infini, plongeant dans le Bosphore... Paysage dont je ne me lasserai jamais, éternellement changeant au gré du soleil et des nuages, ouvert à tous les vents et à
tous les bateaux !Nous retrouvons le directeur des études françaises du lycée Galatasaray en fin d'après-midi. Il nous a réservé une chambre dans un petit hôtel dans Cihangir (prononcer Djihanguir ), le quartier où se concentrent la plupart des Français. Et il nous invite à dîner dans un restaurant d'un quartier huppé de la ville ! Inutile de vous dire que nous détonnons dans nos tenues défraîchies de trois jours mais il est impossible de nous changer puisque nous ne possédons plus que ce que nous avons sur le dos...
Dès le lendemain, branle-bas de combat : notre fils fait sa rentrée à l'école française et nous achetons un costume et quelques chemises pour Gilbert, car à Galatasaray, le costard-cravate est la tenue de mise pour élèves et professeurs. Moi-même, je me lance à la recherche d'une location, armée de quelques conseils des résidents français, toujours accueillants envers les nouveaux-venus, censés apporter un peu de sang frais dans les milieux confinés des expatriés. On me donne un bout de papier sur lequel est inscrit un mystérieux sésame qui doit me guider vers le bon port : "kiralık daire" (pron. daïré ), "appartement à louer". Je fais le tour des épiciers, des boulangers, des concierges, très nombreux et les mieux renseignés sur la vie du quartier - sans savoir dire un mot. Je mets un certain temps pour comprendre que le geste énigmatique de votre interlocuteur de relever le menton (et les yeux) avec, parfois, un petit claquement de la langue, cela équivaut à notre signe de tête horizontal de droite à gauche et de gauche à droite : c'est-à-dire "niet" ! J'ai appris assez rapidement les mots "yok" (il n'y en a pas) et "hayır" (non), deux mots que les Turcs détestent par ailleurs de vous asséner, tellement ils adorent vous faire plaisir et ils se mettent en quatre pour vous satisfaire !
la suite suivra...
Commenter cet article
N
F
N
K
K
F
F
F