Attila József (1905-1937) : Le long du Danube (A Dunánál)
Voilà comment je suis, il y a cent mille ans
Que je regarde ce que soudain j'aperçois
Une seconde ! Et j'ai là tout entier le temps
Que mes cent mille aïeux contemplent avec moi.
Je vois ce qu'ils n'ont pu voir, car pour eux piocher,
Mettre à mort, embrasser, créer, c'était la loi.
Mais eux, plongés au sein de la matière, ils voient
Ce que moi je n'aperçois pas, pour dire vrai.
Nous nous connaissons comme la joie et la peine.
Le passé est à moi, le présent leur revient.
Nous écrivons ces vers, et ma plume, ils la tiennent ;
Je suis sensible à leur présence et me souviens...
(traduction : Jacques Gaucheron in "Aimez-moi", éd. Phébus 2005)
A DUNÁNÁL
Én úgy vagyok, hogy már százezer éve
nézem, amit meglátok hirtelen.
Egy pillanat s kész az idő egésze,
mit százezer ős szemlélget velem.
Látom, mit ők nem láttak, mert kapáltak,
öltek, öleltek, tették, ami kell.
S ők látják azt, az anyagba leszálltak,
mit én nem látok, ha vallani kell.
Tudunk egymásról, mint öröm és bánat.
Enyém a múlt és övék a jelen.
Verset írunk - ők fogják ceruzámat
s én érzem őket és emlékezem.
1936