A quoi sert la littérature?...
Le monde est sous le choc des images provenant de Port-au-Prince. Comme si ce
bout d'île n'avait pas encore assez souffert, comme s'il était encore et encore puni d'avoir osé déclarer la première république libre d'anciens esclaves... Pendant longtemps, de petits tyrans
cruels se succèdent pour exploiter sans fin la profonde misère du peuple, le maintenant dans la terreur de leurs milices parallèles. Et pourtant, cette languette de terre dentelée et accidentée,
en bordure de la prospère République Dominicaine qui a su tirer son épingle (touristique) du jeu, est habitée par le peuple le plus créatif de l'espace caribéen et donne nombre de musiciens, de
poètes, de peintres et d'écrivains, souvent à l'émigration...
Dans le numéro 19 de la revue Hauteurs, paru en mars 2006 et le dernier à avoir été "monté" par Gilbert, nous avons publié un poème de Saint-John Kauss, poète haïtien vivant à Montréal. Cette longue mélopée douloureuse parle de la nostalgie de la terre natale perdue, de la tragique impossibilité d'y vivre et d'en être inconsolable. En voici un court extrait:
(...) et si belle que fût cette île qui porte couronne de morts de
de veuves
et d'orphelins
je parle de cette terre partisane et quelques arpents de ciel où
convergent
à grands pas la liberté et tout ce qui est à recommencer
je parle de cet océan de nègres qui calculent de craie à l'ardoise
je parle d'une île impaire abandonnée comme une honte
je parle de ma terre et plus qu'un simple murmure entouré
d'oiseaux
et de chants sauvages (...)
Le lecteur français connaît bien ne serait-ce que René Depestre ou Dany Laferrière, couronnés tous deux de prestigieux prix littéraires. Il y a quelques jours, dans un entretien, Dany Laferrière évoquait l'extraordinaire créativité du peuple haïtien comme seul rempart permettant de supporter la misère et de rester debout. Cela me fait penser à une phrase que je cite librement : "La littérature ne sert à rien, sauf à aider à vivre"...
Dans le numéro 19 de la revue Hauteurs, paru en mars 2006 et le dernier à avoir été "monté" par Gilbert, nous avons publié un poème de Saint-John Kauss, poète haïtien vivant à Montréal. Cette longue mélopée douloureuse parle de la nostalgie de la terre natale perdue, de la tragique impossibilité d'y vivre et d'en être inconsolable. En voici un court extrait:
(...) et si belle que fût cette île qui porte couronne de morts de
de veuves
et d'orphelins
je parle de cette terre partisane et quelques arpents de ciel où
convergent
à grands pas la liberté et tout ce qui est à recommencer
je parle de cet océan de nègres qui calculent de craie à l'ardoise
je parle d'une île impaire abandonnée comme une honte
je parle de ma terre et plus qu'un simple murmure entouré
d'oiseaux
et de chants sauvages (...)
Le lecteur français connaît bien ne serait-ce que René Depestre ou Dany Laferrière, couronnés tous deux de prestigieux prix littéraires. Il y a quelques jours, dans un entretien, Dany Laferrière évoquait l'extraordinaire créativité du peuple haïtien comme seul rempart permettant de supporter la misère et de rester debout. Cela me fait penser à une phrase que je cite librement : "La littérature ne sert à rien, sauf à aider à vivre"...
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