"Atterrissage"...
Juste quelques mots avant de retrouver un calme relatif, inhabituel
depuis plus d'un mois. Le puzzle évoqué dans mon précédent billet a été sensiblement secoué...
C'est toujours assez violent de retourner sur les lieux de mon enfance et de mon adolescence que j'ai quittés à l'âge de 26 ans. Mon décor s'effrite, ses figures ont
disparu ou sont sur le point de le faire, inexorablement comme la vie elle-même. La mienne aussi... Les repères anciens se dissimulent pour vous surprendre au détour d'une rue, au
parfum d'un acacia gorgé de l'été. La Tisza s'est amincie, ce n'est plus la rivière intimidante de mon enfance, pleine de dangers sournois. Il n'y a que la chaleur (39° à l'ombre) qui reste
fidèle pour écraser ma moitié française assimilée...
A chaque fois, l'envie surgit d'assumer cette confrontation seule. Tout élément ou toute personne me détournant de ce pélerinage solitaire rompent le lien que je tente de
renouer péniblement. Le voyage devient passage et manque son but. Comme quand on se rend sur la tombe d'un être cher : pour réaliser la communion en pensée, il est détestable de se
faire accompagner et de se distraire d'un bavardage intrus.
Sans doute, me sentirais-je davantage "chez moi" à présent ici, dans ce Nord chaleureux et accueillant, discret et exubérant à la fois où je me suis créé désormais un nouvel
équilibre, solitaire et entourée comme je le souhaite. Un mimétisme subtil est en train de s'opérer...