Le blog de Flora

Emotions - piège ou nécessité?

11 Juillet 2008, 19:39pm

Publié par Flora

Un sujet qui demande quelques réfléxions :

De nos jours, les émotions sont omniprésentes, à tel point que les média font passer la moindre information dans cet emballage, que les politiques préfèrent s'adresser à elles plutôt qu'à notre jugement libre et réfléchi, et nous sommes en droit de nous demander si elles ne servent pas à la manipulation massive.

Personnellement, je m'en suis souvent méfiée, par tempérament sans doute, par une vraie aversion pour le trop plein de larmes et la dissolution totale du jugement dans ce déluge.
 
Ceci dit, tenter de maîtriser ses émotions ne veut pas dire en être incapable. La maîtrise permet de les formuler, de les comprendre et par conséquent, les vivre en profondeur plutôt que de les dissoudre dans une hécatombe lacrimale.
J'avoue qu'il m'est arrivé de pleurer même au cinéma, à certains moments du Cercle des poètes disparus (les adieux du professeur à sa classe), Le choix de Sophie (la mère obligée de désigner un de ses enfants pour l'envoyer dans une famille allemande et l'autre dans le camp de la mort).

Pourquoi certaines choses les provoquent et pas d'autres?
Il paraîtrait qu'elles font appel à des souvenirs lointains, tellement enfouis que nous n'en avons plus aucune conscience. Un événement les fait remonter à la surface, telle une éruption volcanique... Les émotions conscientes et souvent inconscientes dirigeraient nos choix et nos comportements.

On dit parfois "être submergé d'émotion". Je me suis toujours méfiée de cette expression. Qui dit "submergé", n'est pas loin de "coulé"...

On peut porter un jugement de valeur sans émotion, mais la révélation de nos propres valeurs passe obligatoirement par l'émotion.

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L
Oui évidemment qu'il semble impossible de ne pas ressentir d'émotions (du moins pour un individu sain d'esprit...) , pourtant en voulant les maîtriser on peut tomber dans le piège du refoulement et<br /> après un certain temps, il se forme une distance et on a l'impression de devenir insensible... isolée de soi-même... Alors à tout prendre je préférais le temps ou, trop émotive, mes émotions et moi<br /> ne faisaient qu'un....LOL je pense que chacun a sa façon de ressentir des émotions plus ou moins fortes, on peut être très émotive sans pourtant donner dans la sensiblerie. Cela dépend de la nature<br /> du caractère : exubérant, expansif, retenu ou secret...<br /> Je pense que de tout temps on s'est servit d'elles pour manipuler les masse...Nos émotions sont mises bien souvent à l'épreuve, par tout les médias, internet compris... je pense qu'apprendre à<br /> gérer ses émotions est devenu plus que jamais vital , mais attention l'équilibre est vite rompu et c'est en ce sens que j'ai réagi...
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F
<br /> <br /> Ma chère Louve, je pense qu'au fond, ton avis n'est pas si éloigné du mien! "Maîtriser" ne veut pas dire "refouler"...<br /> <br /> <br /> <br />
L
je pense qu'en tout la voie du milieu est celle de la sagesse. L'émotion est multiple, elles accompagnent la vie... Peur, joie, douleur, terreur, parfois l'émotion nous guide et peut nous sauver la<br /> vie... Vouloir trop maîtriser ses émotions peut devenir dangereux... Si quelqu'un décide ne ne plus jamais ressentir la douleur, douleur de la perte ou autre, et bien cette personne fera des choix<br /> de vie, elle écartera toutes les situations qui risqueraient de la mettre en situation de ressentir cette émotion redoutée, et petit à petit elle s'enfermera... C'est ce qu'on appelle névrose... Un<br /> système qui se met en place inconsciemment pour se protéger et qui finalement devient prison...<br /> Et je peux te dire que, lorsqu'on s'est ainsi mise à l'abri retranchée des ses émotions (et donc de tout une partie de vie) depuis un moment, on en vient à regretter le temps où elles nous<br /> submergeaient, le temps où on se sentait vivre ... mais on ne fait pas machine arrière si facilement, il ne suffit pas de le vouloir...
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F
<br /> <br /> Si tu as bien lu ma petite bafouille, ma chère Louve, il ne s'agit pas de refuser d'éprouver des émotions (d'ailleurs, je ne sais pas si ce serait possible chez une personne normalement<br /> constituée...) mais de ne pas tomber dans leur piège, de les maîtriser de premier abord pour pouvoir les vivre en profondeur...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Bonjour Flora,<br /> vous n'avez peur de rien! Vous vous attaquez à l'Everest par la face nord et la face sud en même temps :o)<br /> Tout d'abord, pour me situer, je peux vous dire que je trouve les débordements émotionnels sujets à suspicion :o), ça doit être dans ma nature, je n'aime pas non plus les vendeurs trop gentils et attentionnés. Vous me comprenez?<br /> L'émotion c'est l'homme (et la femme bien évidemment), c'est l'humain. Vous avez entendu parler de la lobotomie; la déconnexion des émotions était l'effet recherché, les conséquences observées sont des modifications de la personnalité, des changements dans la sociabilité, l'apathie, modification de la libido. La personnalité se crée sur l'émotion; l'émotion structure l'expérience en ce qui est agréable et désagréable, rejeté ou recherché, avec toutes les combinaisons possibles: on peut chercher le plaisir comme la tristesse et la douleur. <br /> L'émotion est aussi un infra-langage, elle permet l'empathie qui fait que nous pouvons nous désarmer pour une personne qui pleure, ou solliciter un soutien.<br /> Tout cela est, en plus, changeant, mouvant, en fonction de la vie et des événements: personnellement j'ai connu une cassure après le décès de mon beau-père et depuis cette fêlure est toujours présente et l'émotion sort plus facilement; je peux avoir à contenir des larmes pour une scène en rue, pour un film, pour un récit.<br /> Je suis très intrigué pour les cultures qui font appels à des pleureuses mais je n'ai jamais creusé le sujet.<br /> Pour la face Sud, c'est clair que notre société se focalise fort sur l'émotionnel et, pour moi, c'est lié à une individualisation, et même un égoïsme, croissants. Lorsque j'ai fait mes études, le mot d'ordre était l'expression personnelle, faite votre place, faite d'abord ce qui vous fait plaisir, exprimez vos besoins et envies. Le résultat est là, des enfants et des jeunes adultes égoïstes, qui n'ont plus de limites, des individus qui ne supportent plus les frustrations, inévitables, de la vie en société, une intransigeance croissante.<br /> Aujourd'hui, psychologues et pédo-psychiatres sortent des bouquins sur les bienfaits de la fessée ou même avec des titres tels que 'Parents, apprenez à dire non à vos enfants!'. Tout cela est lié, vous parlez de l'émotion, vous parlez automatiquement de personnalité, de relations, de société.<br /> Emotion, piège ou nécessité? Le piège, c'est l'usage qu'on en fait. Peut-on parler de nécessité quand c'est la nature humaine?<br /> Très amicalement,<br /> Patrick
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F
<br /> Bonjour, Patrick. Je suis bien consciente que ce sujet est extrêmement vaste et complexe : ces quelques lignes ne font que l'effleurer, démarrer une réflexion "blogistique". Un billet d'humeur, en<br /> quelque sorte. Je l'avais un peu étudié l'an dernier pour un petit exposé. Au fond, vous n'êtes pas loin de mon opinion...<br /> <br /> <br />
F
Tu as raison. Ce qui est agaçant, c'est le recours systématique aux émotions pour approcher n'importe quel domaine (y compris la justice, ce qui est éminament grave!) Tout ce gaspillage n'aurait-il pour effet de les galvauder complètement?
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L
émotion venant de "mouvoir" c'est ce qui ferait<br /> bouger !,une vie sans émotions ne serait pas la vie qui bouge ,et nous serions "mous" ,sans réactions aux événements :sans émotions.!..<br /> le tout c'est que ces émotions ne soient pas <br /> trop puissantes ..justes pour se mouvoir!
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