Petit flyer, oiseau de mauvaise augure
Une année se termine, nos festivités l'accompagnent jusqu'à la sortie, et sur le seuil, dans la foulée, nous accueillons la nouvelle.
Les premiers jours, nous nous efforçons à nous habituer à l'idée de la nouveauté (qui ressemble pourtant furieusement à l'ancienne, y compris la vaisselle des festivités qui attend patiemment dans l'évier). Nous voudrions que tout soit renouvelé, jusqu'à l'air que nous respirons. Le sapin est fatigué, perd ses aiguilles... On le dépouille, range ses décorations dans les boîtes éculées, les mêmes depuis des décennies... Il ne faut pas les renouveler : elles sont gages de la continuité de notre vie selon des rituels immuables. Composantes mêmes de ces rituels.
Cependant, la relative quiétude de la transition ne dure pas longtemps. La nouveauté s'annonce par un flyer dans la boîte aux lettres et gâche mon horizon pour plusieurs mois... Je ne peux pas dire que ce soit une véritable nouveauté. Les travaux reprennent, plus intensément que jamais, dans notre rue, avec stationnement interdit des deux côtés et dans les rues adjacentes. Je ne sais même pas où je pourrai garer ma voiture, au moins jusqu'en avril. Les courses, les RDV médicaux, les déplacements indispensables pèseront encore plus lourd, compte tenu du mauvais temps et des distances. A coup sûr, je sentirai mon âge et mon état de santé deux fois plus pesants qu'avec ma voiture qui attendait fidèle et disponible sous ma fenêtre. Je me souhaite avant tout un peu de courage pour survivre au moins jusqu'au printemps...
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