Le blog de Flora

Le blog de Rozsa T. (alias Flora): Bribes de mémoire 3. Antique pédagogie

1 Juin 2013, 19:09pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

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Andreï Roubliov

1 Juin 2013, 15:24pm

Publié par Rozsa Millet-Tatar

Andreï Roubliov

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Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits) 7.

1 Juin 2013, 14:52pm

Publié par Flora bis

Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits) 7.

Aider à donner la vie, c'est fabuleux. Surtout dans le cadre familial. Certaines fois, les enfants attendaient dans la pièce à côté, et lorsqu'ils entendaient le bébé crier, ils s'impatientaient pour le voir. Une fois la toilette terminée, le bébé emmailloté, je présentais ce petit bout de chou aux frères et soeurs, je trouvais ça formidable! Un jour, un jeune homme m'aborde:

- C'est bien vous, madame Millet? J'ai parlé de vous, il y a peu de temps. Je suis animateur. J'ai raconté aux enfants qu'une sage-femme était venue mettre au monde mon petit frère, qu'elle nous l'a ensuite présenté. On ne vit plus ce genre d'émotions dans les maternités. Moi, j'en ai gardé un émerveillement pour toujours.

Un accouchement est non seulement un acte médical mais aussi un événement familial.

Un métier qui donne autant de satisfactions, il n'y en a pas beaucoup. Certes, il faut être solide. D'abord physiquement, il faut tenir le coup. Puis au début, il y a une petite appréhension quand-même... Donner la vie, c'est la chose la plus extraordinaire. Pendant mes études, au bout d'une dizaine de jours, par groupe de deux, on allait en salle de travail pour assister à un accouchement. Je trouvais ça merveilleux. Plus tard, étant mariée, je me rendais encore plus compte de la beauté d'un sentiment amoureux qui aboutit à cela... C'est curieux, mais au bout de centaines et de centaines d'accouchements, cet émerveillement reste intact: tout d'un coup, ça crie, ça vit, et tu embrasserais tous les gens qui sont dans la pièce. Je pense que si je n'avais pas eu la foi, je l'aurais rencontrée à ce moment-là...

Fin du témoignage. En hommage et en souvenir de ma belle-mère, sage-femme au siècle dernier...

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note du 7 juillet 2008:

1 Juin 2013, 01:12am

Publié par Rozsa Millet-Tatar

note du 7 juillet 2008:

note du 7 juillet 2008:

Extrait d'un roman de Gilbert Millet: "Le déchant"

(...) De demi-ton en demi-ton, monte la perfection rugueuse des pierres hissées, du plus loin des carrières, par les boeufs massifs avides de se changer en gargouilles, de contempler l'horizon nuageux tout en crachant une pluie sale. Isabelle s'est allongée, dans sa posture de gisant. Cette pétrification est le contraire d'une paralysie. Ainsi couchée, elle sent le choeur se bâtir de sa chair durcie, de ses os, puis le transept, la nef et la façade, le jubé, les voussures, les travées et les voûtes, croisées d'ogives à l'acoustique parfaite que la musique borne et traverse. Sans efforts, son chef-d'oeuvre se hérisse de tours octogonales où culminent les flèches.
* Denn alles Fleich, es ist wie Gras
und alle Herrlichkeit des Menschens
wie des Grases Blumen.
L'herbe et les fleurs des champs chatouillent ses paupières, picotent ses narines et c'est la renaissance de la couleur, les vitraux qui se tissent de croches, des clefs de sol, se vitrifient de rondes et de soupirs, d'éclats de verre, résilles de plomb, de triolets où les ouvriers se mettent au travail, échelles, marteaux, sous l'oeil d'un diable jaune. Humble et contrit, Théophile pénètre dans l'église qu'il a fait construire, s'agenouille devant l'autel de la Vierge. (...)
* "Car toute chair est comme l'herbe / toute la gloire de l'homme / est comme la fleur de l'herbe" Première Epître de Pierre; deuxième partie du Deutsches Requiem de Brahms.
Gilbert Millet: Le Déchant, roman, éd. Nestiveqnen, 2005


Le 7 juillet 2006, vers sept heures du matin, il a cessé de respirer soudain, laissant béant l'immense espace qu'il occupait jusque là. Depuis, le mystère indéchiffrable de la mort se dresse devant moi à chaque instant: comment peut-on, dans une fraction insaisissable de l'instant, devenir RIEN, après avoir été TOUT? Devenir fantôme de plus en plus évanescent du souvenir...
Je ne possède aucun remède réconfortant d'une croyance en un au-delà, d'une âme qui veillerait sur moi avec mansuétude. C'est le souvenir puissant d'un combat héroïque de chaque instant qui me transmet son incroyable énergie, suppléant à la tristesse une volonté de faire de chaque jour fugace quelque chose de sensé qui ne le laisserait pas s'enfuir sans laisser de trace.

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