Sol invictus
Les livres savants nous apprennent que la lumière intense, le soleil déclenche dans notre cerveau la sécrétion d'une hormone, la sérotonine, un neurotransmetteur qui se met à booster tout d'un coup nos énergies somnolentes par des mois interminables passés à la lumière tamisée. La période obscure, plus nous allons vers le nord, plus elle nous rend apathiques, sous l'emprise de la mélatonine, sa soeur jumelle qui donne le signal au cerveau qu'il est temps de tout ralentir, voire passer sous la couette...
Ce matin, pour la première fois depuis des mois, c'est l'image de cette photo qui m'a reçue dans mon séjour. Je me sens revivre, j'ai envie de sortir, de rattraper mille choses remises à plus tard. Mes gènes, sans doute programmés pour le climat continental très contrasté de ma Hongrie natale, ont du mal à s'habituer à ce climat océanique du nord de la France où règne la demi-saison, où il ne fait jamais vraiment froid mais jamais très chaud non plus et surtout, où la lumière est à portion congrue. Ainsi, à la moindre renaissance du soleil, les rues, les terrasses des cafés se remplissent de monde pour fêter le dieu antique, Sol Invictus!