Questionnement sur la solitude
Il ya quelques jours, je suis tombée sur une phrase de Blaise Pascal, tirée des Pensées : "... j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Bien sûr, une telle phrase a aussitôt déclenché une avalanche de réflexions en moi : j'ai une attitude évolutive envers la solitude.
Pendant très longtemps, j'ai pensé que la compagnie des autres était mon oxygène. Les rares moments de solitude, je les ai passés comme un intermède court et pénible, en attendant qu'il cesse, le plus tôt possible ! J'avoue même avoir eu tout simplement la trouille ! Je me souviens d'être restée quelques semaines seule en Algérie, à Constantine : j'enseignais, tandis que Gilbert est rentré en France pour passer le stage du CAPES. Eh bien, durant des semaines, nos amis belges, un jeune couple, venaient me tenir compagnie jusqu'à l'aube, en discutant ou jouant aux cartes, pour que je n'aie pas peur...
Bien plus tard, ici à Valenciennes, lorsque Gilbert devait rester hospitalisé plusieurs jours, voire des semaines, je dormais (très peu) la lumière allumée, le sang glacé au moindre craquement nocturne de la maison. Bizarrement, dès le moment où ma solitude est devenue inéluctable et irréversible, elle a cessé d'être menaçante; elle est devenue ordinaire - j'oserais même dire familière. J'ai compris soudain qu'il était inutile de fuir, qu'il valait mieux regarder les choses en face. Que de ce tête-à-tête forcé avec moi-même, il pourrait sortir quelque chose d'inconnu, d'intéressant même. Je n'avais jamais vraiment eu le temps de m'arrêter pour dialoguer avec moi-même...
Bien sûr, je ne parle pas de la solitude absolue, mortifère, mais de celle, choisie, fertile en pensées et qui se suspend de temps en temps pour faire place aux échanges. Celle qui permet de vivre à son rythme, de s'arrêter pour savourer l'instant...