Le spectacle est fini...
Hier soir, la quatrième représentation - sans doute la plus rodée, la plus réussie - s'est achevée, au terme d'une semaine intense. Tous les soirs, j'ai pris le chemin pour y assister. A chaque fois, le trac s'est renouvelé, tenace, car ni le public ni les comédiennes n'étaient les mêmes... Je ne peux que remercier Richarda Nohinck et Godelieve Tournois pour leur brillante prestation. Je suis touchée qu'elles aient consacré autant de leurs temps à mes mots...
"Pépites d'or et vieille lavande"... Le ton passablement léger du début se charge
progressivement de tension. Les parents sont morts (dans un accident de voiture) et enterrés ensemble, selon leur volonté, soudés qu'ils étaient par un amour infaillible durant leur longue
vie. Leurs deux filles trient les objets et les souvenirs... Petit à petit, tout finit par se remettre en questions: leurs rivalités lointaines et sournoises, les apparences qui
gouvernent leur vie et pour finir, l'image des parents parfaits... Des choses enfouies refont surface...
De longues minutes après les derniers mots, le public reste en place, en proie à une émotion palpable que je voulais retenue. Une discussion s'ensuit et qui dure deux à trois heures encore, se prolongeant autour du verre de l'amitié... Chacun reconnait une parcelle de sa propre enfance dans les souvenirs de Victoria et de Dominique. Cette résonance me plaît car pour moi, il n'existe pas de vie sans histoire, pour ne pas dire sans intérêt. Il suffit de prendre la peine d'y prêter attention, pour chercher derrière les apparences.