Jogging et papotage...
Nous sommes inondés d'avis de spécialistes, de conseils avisés d'experts qui auscultent sans relâche notre bien-être physique et moral. Les sentences se contredisent parfois; je les soupçonne même de se modifier selon la conjoncture et les saisons. Les bienfaits du magnésium contenu dans le chocolat reviennent immanquablement aux alentours de Noël et de Pâques et le foie gras cesse de menacer le niveau de notre cholestérol à l'approche de Noël...
Malgré ma méfiance naturelle, un communiqué du département de psychiatrie de Stanford me plaît bien. En substance, "... l'une des meilleures choses que l'homme puisse faire pour sa santé est d'avoir une épouse, alors que pour la femme, la meilleure des choses à faire pour être en bonne santé est d'entretenir ses relations avec ses amies."
Cette phrase suggère plusieurs questions sur la différence des besoins masculins et féminins. Quel besoin pour sa santé remplit l'épouse pour l'homme, besoin que lui-même semble inutile de fournir pour le bien-être de sa femme? Il y a comme un petit décalage dans la symétrie conjugale!... Doit-elle être bonne "gouvernante", infirmière, cuisinière et amante avertie, résumant ainsi tous les domaines de compétence nécessaires?
Deuxième question: le papotage entre amies serait-il plus utile pour la production de la sérotonine, ce neurotransmetteur qui combat le stress et l'état dépressif, qu'une belle relation conjugale? Ou bien la "communion des chairs" seule satisferait-elle l'homme, tandis que son épouse chercherait-elle son supplément de sérotonine dans une bonne conversation entre copines où l'on peut échanger, se livrer, dissolvant le stress et allégeant le poids des problèmes?... Les femmes ont l'habitude de ces confidences que les hommes répugnent à lâcher même entre amis. Seulement, les savants spécialistes prétendent qu'une bonne petite bavette taillée entre copines préserve mieux notre santé que de consciencieuses suées régulières dans une salle de gymnastique...