attila József (1905-1937) : Surgis de tes profondeurs (Bukj föl az árból)
Voici deux traductions du même poème : les deux sont réussis, les deux ont leurs faiblesses...
SURGIS DE TES PROFONDEURS
Mon Dieu accorde-moi la peur. Mon dieu, inflige-moi la peur.
J'ai grand besoin de ta colère. - Ah! j'ai besoin de ta colère -
Surgis de tes profondeurs. Viens, surgis de tes profondeurs,
Sors-moi du cours du néant. Sors-moi du néant solitaire.
Dénué, qu'un cheval renverse Renversé par tous les chevaux
à peine sorti de la poussière A peine je sors des poussières,
je joue parmi les pointes des tourments Je joue mal avec les couteaux
trop fortes pour le coeur d'un homme. Des grands tourments qui me lacèrent.
Je prends feu, j'ai fait jaillir Je prends feu et j'ai fait jaillir
une flamme telle un soleil. Prends-la ! Pareille au soleil une flamme.
Hurle sur moi ton interdiction. Prends-la, hurle-moi d'obéir,
Fais éclater ta foudre. Frappe. Frappe ma main avec ta lame.
Vengeance ou grâce, ô imprime en moi Vengeance ou grâce, marque en moi
que ne pas pécher c'est mon crime. Que ne pas pécher est un crime.
C'est mon innocence qui me brûle Mon innocence brûle en soi
plus que les feux de l'enfer. Plus que l'enfer sur sa victime.
Couché, je me tourne et retourne Couché, je me retourne, las,
proie des sauvages mers et bavant. Proie des mers d'écume et sauvages.
Je suis seul, prêt à oser tout. Je suis seul, j'ose tout déjà,
Mais plus rien n'a de raison. Mais plus aucun sens ne surnage.
Pour mourir, je retiens mon souffle Ton bâton ne me frappant pas
si tu ne m'achèves pas au bâton Je retiens en moi mon haleine
et c'est ainsi que je défie Pour mourir, je la vois là
ton absence au visage humain. Ton absence à figure humaine.
traduction: André Frénaud traduction: László Gara
BUKJ FÖL AZ ÁRBÓL
Ijessz meg engem, istenem,
szükségem van a haragodra.
Bukj föl az árból hirtelen,
ne rántson el a semmi sodra.
Én, akit föltaszít a ló,
s a porból éppen hogy kilátszom,
nem ember szívébe való
nagy kínok késeivel játszom.
Gyulékony vagyok, s mint a nap,
oly lángot lobbantottam - vedd el !
Ordíts reám, hogy nem szabad !
Csapj a kezemre mennyköveddel.
És verje bosszúd vagy kegyed
belém : a bűntelenség vétek !
Hisz hogy ily ártatlan legyek,
az a pokolnál jobban éget.
Vad, habzó nyálú tengerek
falatjaként forgok, ha fekszem,
s egyedül. Már mindent merek,
de nincs értelme semminek sem.
Meghalni lélekzetemet
fojtom vissza, ha nem versz bottal,
és úgy nézek farkasszemet,
emberarcú, a hiányoddal !
1937