Quelques jours de dépaysement
Je viens de rentrer à la maison, je n'ai été absente que 4 jours et le dépaysement a déjà opéré: je suis dans l'état agréable de percevoir ma maison, ses ambiances avec un oeil nouveau. Comme une redécouverte. Je constate avec un petit sourire m'être trompée de porte de placard en cherchant un verre... Je sais que cela ne durera pas et que rapidement, je m'enfoncerai dans les habitudes anciennes qui, pour un petit laps de temps, ont pu retrouver un semblant de virginité...
4 jours passés avec mes petits-enfants et leurs parents sont toujours très agréables, même si lundi-mardi, ils étaient réduits à la soirée. Grandes conversations autour du dîner, histoire lue avant de dormir, "comme avant" quand elles étaient plus petites... Histoires qui grandissent avec elles, d'ailleurs.
J'ai pu voir la grande (13 ans) jouer dans "Les fourberies de Scapin" avec la troupe de son collège. Je suis très fière d'elle: une grande présence sur scène, une aisance sans en rajouter des effets d'inutiles gesticulations et surtout, une belle diction qui rendait compréhensible la beauté classique de la langue de Molière. Il faut dire que la plupart des élèves donnaient l'impression de vouloir en finir au plus vite en accélérant! Je l'ai félicitée très sincèrement.

Dans la journée, j'ai surtout vécu un tête-à-tête intense avec Oméga (bientôt 1 an), leur Jack Russell remuant qui ne dort que d'un oeil. C'est un chien charmant et intelligent, débordant d'énergie et d'envie de jouer... C'est là que réside notre incompatibilité d'humeur. Il demande une attention permanente de planquer dans les hauteurs inaccessibles téléphones, chaussures, crayons et livres, télécommandes et écharpes etc. pour les mettre à l'abri de ses petites dents pointues. De temps à autres, il apparaissait avec un de ses jouets, se postait devant moi avec un regard suggestif et suppliant et si je lui expliquais calmement mon refus, il s'en allait, résigné...