Le blog de Flora

Des traces et d'autres illusions

28 Janvier 2015, 18:45pm

Publié par Flora bis

l'écrivain et sa muse
l'écrivain et sa muse

La phrase d'une amie suscite une petite réflexion: "il faudrait que chacun de nous écrive sa propre histoire, commençant à quelques générations en arrière, pour que rien ne se perde"...

Comment peut-on imaginer un instant la possibilité de laisser une trace? Je comprends la difficulté de se résigner à sa disparition avec armes et bagages, dans le trou noir de l'immensité de l'infini temporel et spatial. Après avoir existé pendant un laps infiniment petit...

Le peu de traces retrouvées ont quelques (dizaines ou centaines) de milliers d'années. C'est dérisoire par rapport aux milliards d'individus qui nous ont précédés.

Et pourtant, c'est cette envie-là qui sert de moteur pour la plupart des écrivains, des peintres, des créateurs dans tous les domaines. Laisser une trace, c'est presque accéder à l'immortalité. Ils n'auront aucun moyen de le vérifier: le rêve leur suffit.

Pour ma part, je cherche ailleurs le ressort de ce désir puissant: en créant, l'homme se mesure à dieu. Il maîtrise le destin de ses personnages engendrés: il leur donne la vie ou la mort. Ils existent par sa volonté. C'est une sensation enivrante.

Jouer avec les mots, leur donner un sens et pouvoir le transmettre, partager nos émotions transportées par les mots, les couleurs ou les sons, cela nous procure un tel sentiment de plénitude que même sans l'illusion de l'éternité, cela vaut largement la peine!

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