Début d'année
Je relis mon précédent article: je ressens cette ambiance de fin d'année, de fin d'époque qui s'étire avec son horizon bouché, son angoisse permanente: quelle mauvaise nouvelle va encore tomber avec la sonnerie du téléphone, le signal de la boîte e-mail?... Il faut dire que 2013 n'est pas seule à être incriminée: cela remonte à l'année d'avant, déjà. Mêmes causes, mêmes angoisses. En concentrées, accélérées.
Je disserte sur les étapes. Quelle différence, finalement, entre ces années, ces mois et ces jours, césures que nous installons délibérément dans l'écoulement très subjectif du temps?... Pourquoi les quelques instants pendant lesquels 2013 deviendrait 2014, changeraient la couleur de nos jours et enlèveraient enfin la chape des deuils successifs, nous aidant à apprivoiser les pertes des êtres irremplaçables?
Oui, je crois que nous pouvons y contribuer. En nous autorisant, peut-être à accepter l'inacceptable, à nous approprier la présence de ces disparus, les portant intimement en nous, afin que nous ne nous en éloignions jamais.
Sans que leur perte demeure un tourment insoutenable.