Articles avec #peintures tag

Publié le 30 Juin 2017

   Bientôt, la blogosphère sera semblable au désert de Gobi: ceux qui la nourrissent ou la lisent seront dispersés sur des plages ou à l'ombre de leur jardin, voire dans des voyages exotiques et culturels aux quatre coins de la planète (qui manque pourtant de "coins") et ils auront bien mieux à faire que de lire les élucubrations solitaires de quelques graphomanes perdus...

   Partager... D'où vient cette envie irrépressible de partager ses états d'âme, ses lectures et ses films, ses modestes ou immodestes productions avec le public qui n'en demande pas tant? Par bonheur, il possède la précieuse liberté de passer son chemin, sans même s'arrêter un instant, sans laisser un caillou en signe de son passage... 

 

 A mon tour, je ne peux résister à l'envie de parler de cette journée du 28 juin, une seule journée entre deux averses, où l'autobus loué par l'association des Amis du Musée nous a conduits à Compiègne et à Chantilly, sur les traces des "Heures Italiennes" des musées de Picardie. Outre l'admiration pour l'art italien, j'ai profité de l'occasion de découvrir ce deux villes où je ne suis encore jamais allée.

   Compiègne, Musée Vivenel... Ce grand collectionneur du XIXe s., descendant d'une famille d'artisans maçons, assoiffé de savoir et de culture, devient un des plus grands bâtisseurs de Paris. L'exposition présente des dessins et estampes italiens à partir du 15e s. appartenant au fond de la collection Vivenel. 

   Cela fait un moment que je rêvais de visiter le château du duc d'Aumale à Chantilly. Sa célèbre collection de peinture ancienne (la deuxième en France après le Louvre) contient des tableaux de Raphaël, de Giotto, de Lippi, de Poussin, de Corot etc... Un enchantement dont mes photos bien imparfaites ne donnent qu'une pâle idée... 

(à cliquer sur les photos pour les agrandir!)

Avant la pause estivale
Avant la pause estivaleAvant la pause estivaleAvant la pause estivale

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #balade, #peintures, #récit

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Publié le 4 Décembre 2016

   

   Hier, j'ai visité l'exposition "Marginalia" consacrée à Pierre Alechinsky. Je le connaissais depuis au moins 20-25 ans mais je n'ai vu, je crois bien, que des reproductions de ses oeuvres. Cette vaste exposition, organisée au Musée Matisse au Cateau-Cambrésis, m'a enchantée... J'en ai encore plein les yeux, plein la tête... 

   Le peintre enchanteur, né le 19 octobre 1927, travaille toujours. Il est né à Bruxelles, d'un père juif russe émigré et d'une mère wallonne. Eclectique, il étudie la clarinette, l'architecture et peint d'abord des tableaux à l'huile mais rapidement, il abandonne le matériau lourd et laborieux pour la légèreté de l'acrylique et de l'encre de calligraphie, la gravure et la lithographie.

   Au lieu de recopier ici les appréciations des catalogues (on les trouvera facilement ailleurs), je voudrais plutôt essayer d'exprimer pourquoi il me fascine tant, pourquoi cette expo où je pouvais "toucher des yeux" ses oeuvres, m'a fait tant de bien. Que l'on veuille bien me pardonner mon immodestie, je le sentais si proche de mes propres aspirations!... En quoi donc? Avant tout, l'aspiration à la légèreté, à la spontanéité... Se débarrasser des carcans des règles pesantes, s'autoriser à suivre l'intuition  -  inspiration  -  du moment, laisser libre cours à son imagination, à sa curiosité éclectique... S'autoriser la LIBERTE du Geste. En écriture autant qu'en dessin.

   Sa phrase sur l'ivresse de la sensation d'avoir trouvé le trait juste m'a fait très plaisir: combien de fois ai-je déjà radoté sur la même jouissance, que ce soit au sujet des mots ou des traits!

   Les films (de P. Dumayet, excellent, discret) projetés dans la petite salle m'ont scotchée sur place comme à chaque fois où l'on montre un artiste en train de travailler, permettant de pénétrer son univers, sa façon de voir, d'exercer l'acte de création. Approcher le mystère. Le Geste! PRIMORDIAL! Je lui laisse la conclusion:

"A la pointe de mon pinceau, il m'arrive  -  je vis pour ces moments-là  -  d'inventer un trait. Douceur, partage: reconnaître un trait!"

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Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord
Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #peintures, #ressenti, #balade

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Publié le 26 Août 2016

J'aimerais revenir sur les deux grands chocs émotionnels, artistiques, visuels des vacances, subis avec un bonheur intense, au mois d'août. J'ai même ressenti un certain rapprochement entre les deux vécus cathartiques bien que de nature, d'époque et de genre très différents.

Le premier, la visite du Leopold Museum de Vienne, contenant la plus grande collection particulière des oeuvres d'Egon Schiele, un de mes peintres préférés. Au départ grand admirateur de son aîné Gustav Klimt (1862-1918), Schiele ne cesse de le défier, de l'interpréter à sa façon, révolutionnant la peinture du début du vingtième siècle. Plutôt qu'une palette foisonnante, Schiele exploite son génie de dessinateur. Ses paysages découpés, tranchés, ses figures crispées dans une angoisse profonde, dramatique suggèrent l'ambiance du début du siècle, celle des années de guerre qui entraîneront l'écroulement de la monarchie habsbourgeoise, l'effondrement d'un monde crépusculaire, ainsi que la mort des deux grands peintres.

Une nuit d'orage, le seul qu'on a eu en trois semaines, j'ai visionné avec mon fils le film hongrois, primé à de nombreuses fois dont à Cannes et aux Oscars, Le Fils de Saul. Il n'est pas resté assez longtemps sur les écrans des cinémas "grand public" pour que je puisse le voir à sa sortie. Je n'ai pas voulu lire les comptes-rendus élogieux afin de garder un regard vierge. J'étais plutôt méfiante à cause des choeurs des louanges: j'avais peur que le film ne soit pas à la hauteur des attentes suscitées.

Non seulement il l'a été, mais le choc s'apparentait à une véritable déflagration émotionnelle. Au-delà de la photo, du son, de la mise en scène qui ne vous lâchent pas pendant une heure et demie, vous êtes happés dans cet univers déshumanisé. J'ai noté à la hâte dans mon carnet de bord:

"...lumière blafarde, vie de cloportes qui courent dans tous les sens pour survivre. Prolonger une vie misérable. On ne "voit" pas les horreurs, on les "devine" ce qui est sans doute pire. La force de la suggestion. Bribes des voix, bruits incessants d'usine en marche, claquement des machines qui vous broient, celui des portes qui se referment sur vous. Silhouettes hagardes de cloportes en survie souterraine. La fuite obsessionnelle avec l'enfant mort sur l'épaule: en lui offrant un enterrement digne au lieu du four crématoire, il se rachèterait un lambeau d'humanité... La couleur apparaît avec la vision finale de l'enfant polonais, juste avant la rafale des mitrailleuses. Les arbres élancés, jeunes, verts se referment comme un rideau..."

Grande respiration, après 90 minutes en apnée.

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" , Schiele: Le cardinal et la nonne" , "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #peintures, #souvenir, #ressenti

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