Articles avec #litterature tag

Publié le 20 Mars 2017

Dehors, temps froid et humide et pourtant, c'est le début du printemps... Du moins, dans mes souvenirs. 

Je me console en me persuadant que c'est une chance: je ne suis as attirée dehors pour capter quelques rayons de soleil, pour jardiner, pour flâner en ville, bien au contraire, je peux profiter de cette invitation au voyage intérieur pour continuer ma petite entreprise secret...

Oui, j'ai peaufiné la première page hier. Je ne sais pas si mon moteur diesel poussif arrivera au bout de ce projet ambitieux qui est en route depuis des mois. Pendant ce temps, j'ai beaucoup écrit, des centaines de textes courts que je considérais comme des exercices à la barre du danseur, des gammes du pianiste et surtout, comme des éclats d'inspiration jouissive. Ecrits à la première personne, pour la plupart du temps, comme mes propres souvenirs. Avec le désir de plus en plus pressant de créer quelque chose qui serait d'un souffle plus vaste, plus détaché de moi: de la fiction. J'ai éprouvé le besoin d'enfiler le costume de l'entomologiste pour observer les protagonistes d'une histoire qui est à la fois la mienne et qui est aussi à tout le monde. Une histoire qui parle à voix multiples, reliées légèrement entre elles comme une chorale qui chante à plusieurs en formant une voix unique...

Je n'en connais que le cadre léger, la ligne principale, la logique intime afin qu'elle tienne debout. Je l'étofferai au fur et à mesure, prenant soin d'estomper les frontières, les contours comme j'aime le faire en dessin. Garder un équilibre fragile et solide à la fois. Espérer qu'elle me réservera quelques surprises au passage...

 

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #littérature, #réflexion, #état des lieux

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Publié le 17 Novembre 2016

J'ai vu Leïla Slimani pour la première fois à la présentation de son premier roman par François Busnel, à la télévision. "Dans le jardin de l'ogre", l'histoire d'une addiction sexuelle féminine, détonnait déjà dans l'univers éditorial de l'époque. Une jeune femme belle comme on imagine la narratrice des "1001 nuits"  présentait cette histoire audacieuse sur un ton clair, serein et intelligent qui écartait d'emblée tout clin d'oeil en coin, soupçonneux d'inspiration autobiographique. 

Son deuxième roman "Chanson douce" m'a été offert par une amie. Une histoire peu banale, racontée sur un ton neutre, presque "journalistique", factuel, laissant le lecteur construire sa propre analyse psychologique. On avance prudemment, glacé encore sous l'effet du début du roman: le meurtre de deux petits par leur nounou modèle qui tente de se supprimer elle-même... Leïla Slimani, en bon entomologue, ne nous donne que des faits, elle n'explique rien, c'est à nous de découvrir les ressorts des réactions de ses personnages. Un couple de bobos, coincés entre l'envie de s'accomplir professionnellement et de réussir la vie de famille, en ne lâchant rien... Une nounou, perle rare, qui comble leurs lacunes et qui s'incruste, se greffe en échange dans tous les hiatus de leur vie... C'est aussi le roman d'une vie sombre dans la peur de la solitude. "La solitude lui sautait au visage au crépuscule, quand la nuit tombe et que les bruits montent des maisons où l'on vit à plusieurs." Un roman de notre époque.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #Les mots des autres, #littérature

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Publié le 15 Octobre 2016

sur l'Acropole

sur l'Acropole

   Tous les ans, je m'offre un cadeau "de la part de Gilbert" pour mon anniversaire, comme pour perpétuer les habitudes de 33 années... Ou alors, pour prêter un peu plus de solennité à la chose: se l'offrir tout simplement banaliserait le geste.

   Cette fois-ci, je devais attendre deux jours de plus: l'objet de ma convoitise n'est sorti en librairie que le 14 octobre. Il s'agit des deux volumes imposants des éditions Gallimard: "Lettres à Anne" (1962-1995), 1276 pages et "Journal pour Anne" (1964-1970), 493 pages... Un poids conséquent qui vous découragera de les lire dans votre lit, sous peine d'être assommé en cas d'assoupissement fortuit...

   François Mitterrand aurait cent ans. Il était le président le plus secret, le plus intrigant, controversé, séducteur, cultivé de la cinquième république: les adjectifs ne sont pas exhaustifs. Les livres qui tentaient de déchiffrer ses multiples facettes sont nombreux. Aucun de ceux qui l'ont approché ne connaissait sans doute l'homme en son intégrité. Celle qui en a l'image la plus intime est probablement Anne Pingeot, son amour secret durant 33 ans. Jusqu'à sa mort.

   J'ai eu l'occasion de lire quelques extraits avant la parution du recueil. La beauté de l'écriture, la profondeur des sentiments m'ont surprise. Cela dépasse les premières réticences devant l'aspect voyeur de jeter un regard sur l'intimité des gens. Si la discrète Anne Pingeot, secrète jusqu'à l'effacement, me suis-je dit, a pu donner son accord à ce dévoilement, le livre ne va pas me plonger dans le malaise... 

   1217 lettres au total. Un extrait:

"... Je t'ai rencontrée et j'ai tout de suite deviné que j'allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n'y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour."

   

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #Les mots des autres, #littérature

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Publié le 13 Mai 2016

Soirée littéraire: "La correspondance"

Mercredi soir, la pluie n'a pas découragé les participants de notre soirée littéraire. Ils sont arrivés passablement trempés, chargés de victuailles et des textes à partager! J'en suis toujours très touchée: il faut avoir envie d'affronter le temps orageux, la fatigue, le froid ou le verglas en hiver, de faire des kilomètres en pleine nuit, rien que pour écouter et lire des mots!

Le thème était "la correspondance" (j'y ai consacré une note sur ce blog en février dernier).

J'ai commencé avec une assez longue introduction, m'appuyant sur une conférence de Gilbert donnée en 2000 à Maubeuge. En hommage, redonnant vie à ses mots qui se sont éteints il y a bientôt 10 ans, le 7 juillet 2006.

Pendant plus de 2 heures, les lectures se succédaient... Lettres des poilus, Sartre et Beauvoir, Kathrin Kressmann Taylor, Georges Sand, Céline, Aragon... Vers 22h30, nous avons partagé la montagne de nourriture terrestre salée et sucrée, arrosée de bon vin et d'eau à bulles, dans un brouhaha joyeux, jusqu'à minuit passé!

Ai-je quitté vraiment ma peau d'enseignant de jadis quand je me lance dans ce genre de présentation?... Je crains que non. Dans le sens noble du terme. Il n'y a pas de leçon à donner ou à recevoir, pas de jugement, pas d'obligation de réciter quoi que ce soit. Dans mes propos, pas de déclaration "ex cathedra" d'une Vérité, unique et inébranlable, de ce qu'il faut penser. Que le plaisir du partage de ce que j'aime, de ce que j'estime être de la bonne nourriture qui ferait du bien à tous. A convaincre par l'exemple...

Partager le bonheur que les grands textes nous offrent.

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #littérature, #ressenti

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Publié le 11 Décembre 2015

Soirée littéraire entre nous

Avant-hier soir, nous nous sommes réunis chez moi: une dizaine d'enthousiasmes et d'amours de la littérature qui bravions fatigue et froid. Beaucoup d'habitués étaient pris ailleurs en ce mois de décembre si rempli d'événements pressants et intéressants!

J'avais proposé le thème "Mon Paris", "Ma France", poussée par l'ambiance lourde de cet automne, entre attentat et élections aux sinistres présages. J'avais envie d'affirmer que l'amour du pays n'appartient pas exclusivement aux extrêmes qui s'en sont appropriés car celui-ci était abandonné frileusement par les autres...

Moi-même - cela allait de soi - j'ai choisi les écrivains, poètes et artistes étrangers qui sont venus en France, attirés par une culture fantasmée. Confrontés à la réalité, certains ont été déçus, d'autres sont restés, devenus partie intégrante du patrimoine culturel de la France, l'enrichissant tellement bien que beaucoup de Français ne savent même pas qu'ils étaient nés ailleurs!...

Beaucoup d'écrivains étrangers ont choisi la langue française comme langue d'écriture. Ils sont des centaines! Beckett, Ionesco, Sarraute, Tzara, Levinas, Kundera, Alexakis, Cheng, Kristeva, Cioran, Gary, Troyat, Semprun, Carrère-d'Encausse et la liste est encore longue!

Le Russe Andreï Makine, nourri par l'héritage d'une grand-mère française atterrie en Russie, a fini par s'installer en France et obtenir le prix Goncourt (1995) pour son roman "Le testament français". L'Américain Jonathan Littell est primé en 2006 pour "Les bienveillantes", l'Afghan Atiq Rahimi lui emboîte le pas en 2008 pour son roman "Singué sabour", sans parler de Gao Xingjian qui a obtenu le 13ème prix Nobel de la littérature française, avec son roman monumental "La montagne de l'âme". Eduardo Manet, Nancy Huston, Zoé Valdès, Hector Bianciotti, Nina Berberova... et la comtesse de Ségur! Tous ont choisi la langue française pour créer. Certains avaient déjà une oeuvre importante derrière eux dans leur langue maternelle, pour d'autres, la source de l'inspiration a jailli grâce à la langue française. D'évidence, écrire dans une langue d'adoption permet la mise à distance entre l'écriture et les émotions qui la nourrissent.

Les Français sont parfois étonnés quand je leur dis que pour moi, le français est la langue de l'écriture par excellence. Probablement, beaucoup d'entre eux n'ont pas conscience du trésor qu'ils ont reçu à la naissance. Trésor que nous, nés à l'étranger, devons nous approprier de haute lutte, au prix des efforts qui ne prendront fin qu'avec notre dernier jour... Mais quel plaisir intense lorsqu'on a la sensation jouissive de trouver le mot juste à sa juste place!

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #état des lieux, #littérature

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Publié le 23 Février 2014

Le pouvoir des mots...

Extraordinaire pouvoir des mots! Nos réunions autour de la littérature ont lieu tous les mois, depuis sept ans maintenant. Qu'il neige, qu'il vente, qu'il fasse beau (plus rarement), les fidèles se réunissent chez Mu, Richarda ou moi, pour écouter les mots des poètes, des écrivains, des théâtreux...

J'écris "fidèles" comme s'il s'agissait de messes étranges où l'on se presse à la recherche d'une spiritualité qui offrirait une échappatoire à la grisaille du quotidien. A l'époque où les distractions sont commerce florissant - souvent moyen puissant pour abrutissement massif - un besoin d'authentique refait surface. En dépit des pronostics défaitistes qui prévoient régulièrement la disparition de la littérature, ces moments de recueillement autour des mots nous font du bien.

Nous choisissons un thème ou un auteur autour duquel s'organise la lecture. En ce qui me concerne, je suis sans doute la mieux placée dans l'assemblée pour parler de la littérature hongroise, si peu connue en France ou de la littérature russe que je ressuscite des brumes lointaines de mes études d'antan... Dans ces cas, je n'hésite pas à donner un échantillon de la sonorité de la langue d'origine, si importante pour la poésie en particulier.

Vendredi dernier, la soirée s'articulait autour des textes qu'on aurait aimé inspirer ou écrire... Choix difficile! Chacun arrivait avec sa petite liasse de feuilles et nous nous lancions la balle à tour de rôles. Parfois, l'émotion tremblait dans l'air...

"... Car l'automne est là. On gaule les noix et les murs de la chambre

filtrent le goutte-à-goutte du silence

libère la tourterelle rêveuse sur ton épaule

les feuilles tombent et dans le gel qui approche

le champ roide s'écroule

entends-tu le silence de la chute?

Ô ma douce, gardienne des saisons, je t'aime!

ô jamais n'aimerai d'autre que toi."

(Miklós Radnóti: "Poème d'amour" extrait trad. R.T. et M.V.)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #littérature

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Publié le 26 Janvier 2014

Petite histoire de poisson et de pêcheur débutant...

Je me suis offert un petit bouquin (comme si je n'étais pas encore assez envahie!...), une sorte de "calendrier éternel" autour "des plus belles premières phrases" de la littérature.

Alléchant! Certains prétendent qu'il faut particulièrement soigner le début d'un roman, surtout, dans le cas d'un premier manuscrit de l'écrivain débutant à la pêche d'un éditeur.

Aussitôt, l'image d'un magnifique hameçon surgit devant mes yeux intérieurs, flottant dans l'eau opaque des milliers de prétendants à la gloire éphémère et, un poisson indécis, déjà rassasié, tourne autour, avec une seule envie: qu'on lui donne faim!

Ce premier barrage passé, la cause est loin d'être gagnée: un futur lecteur est bombardé de titres, de couvertures et de résumés accrocheurs, d'articles de presse plus ou moins complaisants, de plateaux de télé promotionnels! En France, deux fois par an (en septembre et en janvier) plus de 500 romans paraissent, sans compter les publications intermédiaires. Vertigineux! Dans ce choix chaotique, émergeront quelques dizaines de vedettes ou de chanceux qui arriveront à attirer de la lumière. D'autres auront leur petit succès d'estime dans le cercle intime, familial ou amical, voire un peu plus s'ils connaissent quelques journalistes de la presse locale ou régionale.

Alors, notre pauvre pêcheur débutant? Il travaille surtout ses premières phrases car il sait que le poisson-éditeur croulant sous des manuscrits - tous chargés du message: "Attention, chef d'oeuvre!" - n'ira pas plus loin...

Voici la phrase du 21 janvier de mon calendrier. Elle donne furieusement envie de poursuivre la lecture:

"Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon."

En version originale:

"Все счастливые семьи похожи друг на друга, каждая несчастливая семья несчастлива по-своему."

(Lev Tolstoï: Anna Karénina)

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #littérature

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Publié le 20 Novembre 2013

Soirée Márai

Dans deux jours, nous aurons notre soirée littéraire mensuelle. Ce sera mon tour d'accueillir les 20-25 personnes chez moi, pour un moment convivial, chaleureux où je leur présenterai Sándor Márai, écrivain hongrois dont quarante années d'existence et une bonne partie des activités créatives se sont déroulées loin de son pays d'origine… Il a quitté la Hongrie en 1948, au moment de la prise du pouvoir par les communistes, dans le déchirement, ayant compris qu'il lui serait impossible d'écrire et de publier librement. De fait, ses livres ont été interdits jusqu'en 1990, et ce n'est qu'au changement de régime que les lecteurs hongrois ont pu les découvrir ou les lire de nouveau.

Il a dit qu'il ne pouvait être écrivain que dans sa langue maternelle. Il est mort en exil, aux Etats-Unis, en 1989.

Une bonne partie de ses oeuvres sont accessibles en français, aux éditions Albin Michel, ainsi qu'en livres de poche. L'adaptation, créée par Claude Rich, de son roman: "Les Braises" a été un énorme succès théâtral.

Vendredi prochain, c'est à travers ce roman que je le présenterai, ainsi qu'en évoquant le choix difficile de l'exil par le biais de son livre: "Mémoires de Hongrie"...

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Rédigé par Flora bis

Publié dans #littérature

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