Tentations et tentatives

Publié le 16 Février 2013

images-copie-1 (...) Le passé remonte par volutes de parfums, agréables la plupart du temps. Comme si la perception primordiale des odeurs précédait les autres sens et qu'elle s'effacerait la dernière, comme une preuve ultime de notre animalité. Cependant, comment rendre ce souvenir par des mots? Comment faire sentir les saules aux troncs tortueux, à l'aspect de momies  desséchées qui, miraculeusement, donnent naissance à des branches frêles, au vert tendre, dès l'explosion du printemps? Comment traduire cette indicible douceur subite de l'air, dans laquelle on a envie de se fondre, avançant, les narines frémissantes, pour se gorger des arômes païens de l'éveil de la nature...

   J'essaie d'imaginer la personne qui lirait ces lignes, pour éviter les ellipses trop hermétiques. Quant à ce qui pourrait l'intéresser ou non, c'est une autre question. Là, je crois qu'il ne faut écouter que son inspiration: si l'on commence à spéculer sur les attentes d'un hypothétique lecteur, on se tire une balle dans le pied.

Unknown-copie-1.jpeg J'aimerais partager les odeurs des saisons, celle de l'hiver, maigre et âcre, presque coupante. Celle de l'automne, des feuilles mortes et du maïs chevelu: on se cache dans les feuilles arrachées, à la senteur inimitable, mélange des têtes mûres dorées et du début de la déliquescence... Parfois, tiédeur tardive d'une nature qui se prépare à l'hibernation, qui rougit la flore mais qui souffle du froid humide sous la chaleur des feuilles en décomposition. (...) 

Rédigé par Flora bis

Publié dans #réflexions

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