DÉJÀ LE SOLEIL ROUGIT LES BAIES D'AUTOMNE
Elle est blonde et païenne, elle n'a foi qu'en moi
et se cabre et chuchote à la moindre soutane :
"rien n'existe que l'herbe et l'arbre et le soleil
et la lune et l'étoile, et les bêtes bien sûr
dans les champs aux mille couleurs." Puis elle file :
la poussière s'élève heureuse sur ses pas.
Pourtant là-haut vers les jardins le christ
aussi voit ses baisers et le bleuet
s'incline devant elle avec plaisir, car toujours
il y a l'admirant en vain
un saint homme barbu, énamouré.
Elle a dix-huit ans, et lorsqu'elle est sans
moi
elle va sans rien dire ainsi que la rivière
à midi, l'été, entre les arbres de ses rives,
et berce dans son coeur ce chatoyant souci
que jamais nous n'épuiserons tous nos baisers
et s'afflige. Déjà le soleil rougit les baies d'automne.
traduction : Jean-Luc Moreau
PIRUL A NAPTÓL MÁR AZ ŐSZI BOGYÓ
Szőke, pogány lány a szeretőm, engem
hisz egyedül és ha papot lát
rettenve suttog : csak fű van és fa ;
nap, hold, csillagok s állatok vannak
a tarka mezőkön. És elszalad. Por
boldogan porzik a lábanyomán.
Pedig fönn a kertek felé
feszület is látja a csókját és
örömmel hull elé a búzavirág,
mert mindig hiába megcsudálja őt
egy szerelmetes, szakállas férfiszentség.
Tizennyolc éves és ha nélkülem van,
hallgatva jár, mint erdős partok
közt délidőn jár a víz s
csillogó gondot ringat magában arról,
hogy sohasem telünk el a csókkal és
szomorú. Pirul a naptól már az őszi bogyó.
1 septembre 1930
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