Les lundis du cahier à l'envers...

Publié le 10 Novembre 2009

   Cela fait maintenant presque trois ans qu'une idée de la flamboyante Muriel a instauré la réunion conviviale et mensuelle des soirées de lecture, chez elle, chez Richarda ou chez moi-même. Le choix des thèmes se fait selon les coups de coeur de chacun : tous peuvent en proposer un dont ils assumeront la présentation par la suite. C'est ainsi que nous avons découvert et fait partager des poètes, des écrivains et des auteurs de théâtre à un public de plus en plus nombreux et de plus en plus fidèle. Il faut pousser les meubles, rassembler tous les sièges existants (certains viennent avec leurs pliants comme aux temps héroïques de la télévision débutante), bravant des dizaines de kilomètres dans la nuit pluvieuse et venteuse du Nord et j'en suis sincèrement touchée. Chacun apporte quelque chose à boire ou à manger et à la fin, nous partageons le tout autour de la table conviviale. Des rencontres se font, des amitiés se nouent, c'est une découverte permanente et chaleureuse comme les gens du Nord seuls en ont le secret. C'est la principale raison qui me maintient ici, dans cette terre rugueuse, pudique et chaleureuse que j'ai adoptée et qui m'a adoptée aussi.
  Les origines diverses se mélangent, s'enrichissent mutuellement, au lieu de dresser des barrières et des barbelés entre Flamands, Marocains, Hongrois, Camerounais, Polonais, Algériens... ou Franco-Français, tout simplement. Que veut dire ce dernier, dans cette terre d'accueil de tous les métissages qu'est le Nord en particulier ? Le lien entre nous tous est cette merveilleuse langue française que nous essayons de cultiver grâce aux grands textes que nous découvrons, en original ou en traduction.
   Lundi dernier, Gilbert est revenu parmi nous à travers les extraits de ses textes publiés dont j'ai concocté la lecture pour une durée d'une bonne heure. Le choix a été crucial : comment en éliminer ?...
  Les gens arrivaient, arrivaient... les chaises manquaient : nous étions une trentaine. Les 4 lecteurs ont été extraordinaires, l'ambiance frôlait le recueillement, allégé par des touches d'humour noir.
 En dernier, je me suis réservé le début de son dernier roman, La Trilogie Armstrong, resté inachevé, corrigé jusqu'au dernier jour sur le lit de l'hôpital et qui m'attend pour être terminé. Des craquements mystérieux nous parvenaient depuis la cuisine... Des moins cartésiens que moi affirmaient que c'était lui qui signalait sa présence
 et qui nous saluait de l'au-delà... Ce serait beau d'y croire... tout en le trahissant. 

Rédigé par Flora

Publié dans #réflexions

Repost 0
Commenter cet article

La Merlinette 12/11/2009 21:49


que dire de plus après tous ces messages?:ce
fut un plaisir et surtout un honneur de lire
les textes de Gilbert, en effet toujours
"présent"


Flora 12/11/2009 22:35


Vous avez été extraordinaires, tous les lecteurs! Si tu dis qu'il était là, c'était pour vous le faire savoir!


Levy Dominique 11/11/2009 18:55


Chère Flora,bien sur que cette soirée magnifique doit beaucoup à Muriel et à son dynamisme, mais Gilbert et toi en ont été les principaux moteurs. Nous n'arrêtons pas de découvrir de nouveaux
aspects de vos talents . Pour tout cela merci.Pour l'aspect cartésien, je reprendrai ce que nous a dit le Grand Bill: "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, que toute ta
philosophie ne peut concevoir" (citation de mémoire). Dominique


Flora 11/11/2009 19:27


Que ferions-nous sans votre chaleureuse présence, si réceptive, si stimulante?

Le Grand Bill a souvent raison, cependant Descartes (et quelques autres) me rassure...
Amitiés:flora 


Levy Agnès 11/11/2009 18:46


Le début du dernier roman de Gilbert nous a tous ébranlés. Sa maladie, on ne voulait pas y croire. Il suffisait d’éviter d’en parler pour qu’elle n’existe pas. Nous n’étions pas plongés, nous, dans
les difficultés du quotidien. Gilbert nous apparaissait souvent « en forme », il faisait face, le sourire aux lèvres, l’humour en bandoulière. Il nous bluffait certainement, signe de volonté et de
« grandeur d’âme ». Grandeur d’âme. Est-ce que ça existe, une âme, est-ce que ça se mesure ? En tout cas, ce soir-là, j’ai entendu comme une remise en route d’ordinateur, derrière mon dos. Cela a
duré quelques minutes…le temps de la lecture, je ne sais plus…Mes connaissances en informatique, très proches du zéro , m’ont fait douter de mes sensations. Je ne veux croire ni aux fantômes, ni
aux ectoplasmes, ni aux esprits frappeurs,. Je veux juste croire à une espèce de « communion », entre les vivants, quand « quelque chose » passe. Pourquoi refuser aux morts d’y participer ? Ils ont
fait partie de notre vie, ils nous apportent encore beaucoup, laissons-les faire…
Et puis, si Gilbert avait été aussi rationnel, pourquoi aurait-il passé tant de temps à travailler sur l’irrationnel, l’inexpliqué, le fantastique ? Alors… Agnès


Flora 11/11/2009 19:22


Ma p'tite Agnès, qu'attends-tu pour lancer ton blog? Je m'inscris dors et déjà dans tes fidèles lectrices! Ton commentaire me fait chaud au coeur : la communion dont tu parles, je l'ai ressentie
aussi. Grâce à votre chaleureuse et indéfectible amitié.


denise 11/11/2009 10:13


oui chere flora .... ce fut une belle soiree .... je m'inscrirai bien dans la lignée .... pour que Douai soit aussi un pôle de lecture ... mais cela semble bien éloigné de Valenciennes et de ceux
qui viennent deja de bien au-dela ... mais qui sait ....
bises a tous les "commentateurs josé muriel "
denise


Flora 11/11/2009 18:23


Merci, en tous cas, chère Denise, d'être venue! Cela demande du travail mais que de plaisirs à l'arrivée!
Amitiés: flora 


Mu 10/11/2009 18:17


Oui, c'est tout à fait ça, Flora : déjà trois ans,la culture à demeure avec des textes d'auteurs d'ici et d'ailleurs, le repas partagé avec des amis présents et en devenir, les talents qui se
révèlent et qui s'expriment. Oui, il était là, pas seulement dans la cuisine, dans les écrits, dans les voix et surtout dans cet endroit mystérieux, le coeur de chacun. Merci à toi pour ce moment
fort. Mu


Flora 10/11/2009 18:56


Tu y es pour beaucoup, ma chère Mu. Sans tes idées souvent ambitieuses que beaucoup envisageraient avec couardise, ces soirées n'auraient pas lieu. Sans compter tes talents d'authentique poète et
d'animatrice sans pareil.